Apprendre à écouter ses émotions

Harmony. Young woman meditating outdoors

Par Richard Miller, docteur

 

Nous sommes parfois retenus prisonniers par nos émotions, notamment lorsqu’elles s’emparent de nous avec intensité et dissonance. Sous le coup de la colère, il arrive par exemple que notre estomac se noue, que notre cœur batte la chamade et que l’agitation nous gagne pendant quelques minutes, quelques heures, voire quelques jours. Qu’il s’agisse d’exaspération, de sérénité, d’anxiété ou de joie, les émotions activent notre système nerveux pour relâcher dans notre système sanguin des substances chimiques capables d’attirer notre attention et notre énergie sur un problème donné, un phénomène particulier. Lorsqu’elles sont poignantes, nous sommes parfois tentés de les considérer comme nos « ennemies », mais les rejeter ne fait que repousser l’inévitable : une émotion refoulée refera tôt ou tard surface. En effet, elle est porteuse d’un message important, qu’elle cherchera à tout prix à nous transmettre.

Des études sur la résilience émotionnelle montrent que pour vivre notre vie de façon entière et épanouie, il nous faut à la fois mettre un nom sur les émotions que nous expérimentons, mais aussi décrire les sensations que nous éprouvons à ce moment précis. En nous apprenant à observer, à identifier et à répondre au lieu de simplement réagir, la méditation peut nous être fort utile sur ce point. À titre d’exemple, la colère peut s’emparer de nous pour nous faire comprendre que l’un des espoirs que nous nourrissons n’est plus réaliste. Lorsqu’elle est bien comprise, cette information nous aide à répondre et à faire face à la situation qui est la nôtre tout en restant en harmonie avec nous-mêmes et avec le monde qui nous entoure.

Je vais vous donner un autre exemple, plus parlant, tiré de ma propre expérience. Il y a de cela quelques temps, j’étais en retard pour prendre l’avion. Lorsque j’ai vu l’accès à ma porte d’embarquement se fermer au moment même où j’arrivais, j’ai évidemment éprouvé de la colère. J’ai alors fait un pas en arrière pour prendre du recul et observer cette émotion : j’ai vite compris que je m’attendais en réalité à ce que l’hôtesse ne me ferme pas la porte au nez. Cette prise de conscience m’a permis de réfréner mon agacement et de lui demander s’il restait de la place sur un autre vol. Elle m’a répondu : « Oui. Deux portes plus loin. » J’ai finalement pu prendre l’avion, tandis qu’un autre passager, arrivé juste derrière moi, continuait à s’égosiller de colère, complètement sourd aux propos de l’hôtesse qui l’invitait à embarquer sur un autre vol. Ce deuxième avion décolla sans lui, avec des sièges vides qui ne demandaient qu’à être occupés. S’il s’était arrêté un instant pour écouter le message que sa colère voulait lui communiquer, il aurait pu être assis à côté de moi !

 

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Très belle journée, Namaste

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