Bali Spirit Festival 2018 – le retour à Soi

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Par Tom Lemann

 

Conçu par les fondateurs du mythique Yoga Barn à Ubud, cette 11ème édition du Bali Spirit Festival invitait plusieurs centaines d’intervenants sur plus de 10 scènes et shalas en plein air. On y aurait passé le printemps entier, mais nous n’avions qu’une semaine pour naviguer au cœur de ce magnifique programme.

Cette année avait pour thème « Back to Source » – retrouver ses origines et revenir à la Terre. Au cœur de la nature et de la magie balinaise nous n’aurions pu rêver plus bel espace pour cette semaine d’explorations.

 

Ouverture à Soi et lâcher prise

« L’intention » est un mot que l’on entend de plus en plus, et ce 11ème Bali Spirit Festival n’a pas fait exception ! La majorité de ces pratiques appellent à la présence du participant, ainsi qu’à l’attention accordée au respect de Soi, de l’espace et du rituel.

Le festival proposait bien sûr des centaines de cours de yoga, mais également des ateliers de chant spontané, des ecstatic dance, des bains de son, breathworks ou encore des cacao ceremony, que la France se voit de plus en plus accueillir à l’instar du collectif « Time is Art ».

Nombre d’ateliers étaient ainsi orientés autour du son, de la méditation, de la danse et du lâcher prise, ou autant de façons de se recentrer pour accueillir les sensations induites par ces pratiques.

Le festival comme pratique intégrale

Avec autant d’ateliers, ce Bali Spirit Festival était l’occasion de s’exercer au non-attachement et au principe d’acceptation. Il nous fallait apprendre à apprécier le choix de notre atelier, plutôt que de regretter l’atelier énergétique de Cat Cabira ou le « core workshop » de Nino Mendes !

Relâcher le tumulte des pensées pour apprécier le présent. N’est ce pas l’un des fondements de la méditation ? Rester aussi présent que possible avec ce qui nous a guidé vers cet atelier… ou prendre la décision consciente de se diriger vers une autre activité !

 

Le Yoga – ou l’art d’apprendre à s’écouter

Au même titre qu’un buffet à volonté demande parfois une conscience de ses limites, il était fondamental de sentir quand notre corps demandait un temps de repos. D’autant plus que la majorité des ateliers étaient denses et sources de remous. S’abstenir d’activités était une activité à part entière.

Un des grands dilemmes concernait le programme du soir ! Avec des nocturnes proposant des concerts de Tina Malia ou de Dub FX, suivis de DJ jusqu’au petit matin, se décider à rentrer pour être matinal le lendemain relevait bien souvent de l’exploit…

Poser des choix pour gérer son énergie. Un pont certain entre notre réalité quotidienne et ce festival débordant de magie !

 

« S’enraciner pour mieux s’élever »

Il est commun de chercher l’ouverture et l’expansion. Une tendance naturelle à vouloir élargir le territoire de notre conscience et de nos connaissances. Et j’ai observé une maturité d’autant plus grande chez les enseignants, rappelant à chacun sa responsabilité face à sa pratique et à l’éveil des énergies subtiles.

Du travail de la Kundalini à l’usage de « plantes médecines », nombre d’entre eux ont en effet insisté sur la présence à son corps et à ses sensations. Melvin Hart par exemple, « néo-chaman » new-yorkais, soulignait dans sa conférence avec Kamau Abayomi (dont je vous recommande le Ted Talk), la nécessité d’apprendre à intégrer les sensations après une cérémonie traditionnelle :

« Il est primordial d’apprendre à faire corps avec les informations auxquelles les rituels ancestraux nous donnent accès. Les ressentir et progressivement les intégrer à notre vie. Car celle-ci ne se joue pas là haut mais bien ici ! »  

Trouver l’équilibre entre quotidien et génie cosmique est la quête d’une vie. Et l’ancrage à la Terre, la boussole principale du Shaman et du Yogi.

 

« You are enough »

Vouloir se challenger avec des postures avancées n’est pas rare en Occident. Chercher à relever un défi physique et à en faire le moteur de notre sentiment de progression.

« Ma voisine à les pieds sur la tête et les handstand de cet autre là bas me donnent des sueurs froides ! Grand bien leur fasse… ? »

Les asanas ouvrent et renforcent le corps, remettent en circulation les énergies et offrent une souplesse qui tend à se glisser jusque dans l’esprit. Absolument. Mais n’oublions pas que le Yoga est question d’acceptation de Soi et à terme, de plaisir trouvé dans l’immobilité de la méditation.

Si j’accepte d’appréhender le Yoga comme une pratique continue, progressive et sans fin, j’ai déjà intégré une part du cœur de sa philosophie. Plus besoin de me comparer ou de courir après une posture – mon degré de bonheur et de paix ne se mesure plus seulement à mes prouesses physiques.

 

« I love you and I let you go »

Je ne peux m’empêcher de conclure en citant Anthony Abbagnano, fondateur de l’école de respiration « Alchemy of Breath ». Nous étions plus de 200, respirant chaque fois en binôme pour plusieurs intenses minutes d’hyperventilation, les yeux dans les yeux avec un inconnu venu lui aussi jusqu’en Indonésie pour se découvrir un peu plus. A chaque changement de partenaire – un au revoir le plus souvent – Anthony nous invitait à répéter en cœur :

« I see you,

I love you,

And I let you go »

« Je te vois,

Je t’aime,

Et je te laisse repartir »

Ce « mandala humain » guidé par Anthony a marqué pour moi l’expérience d’empathie et de vulnérabilité la plus puissante de ce festival. Je vous invite d’ailleurs à jeter un œil à son site – il guide chaque dimanche une séance de respiration gratuite, internationale et en direct. Un beau moyen de rester connecté aux magnifiques personnes que ce festival m’a offert de rencontrer…

Si vous n’avez pas encore pleinement accepté l’idée que c’est la rentrée, du 14 au 16 septembre 2018 l’équipe organise le Portugal Spirit Festival.

 

Retrouvez Tom Lemann sur Instagram.

Très belle journée, Namaste

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