Ce silence qui est d’or

Jacques_VF

Par Jacques Vigne

 

Il n’y a aucune raison de penser qu’il s’agit d’une pratique réservée aux pénitents ou aux ascètes. S’il y a bien un patrimoine commun à l’humanité, c’est le son du silence. Et apprendre à l’entendre peut dissoudre tous les mots… et tous les maux.

LES SOURCES DE BRUIT SONT MULTIPLES. Les bruits physiques, mais aussi et surtout, les bruits mentaux avec un envahissement d’informations, d’images et de messages superflus, voire manipulateurs, pervers ou franchement négatifs. Les addictions à l’écran et aux portables se répandent comme une épidémie et provoquent systématiquement un étrangle- ment de ce canal d’oxygène que représente un vrai temps de vrai silence. Quand quelqu’un meurt, on fait deux minutes de silence en sa mémoire. Mais combien durera le temps de silence qu’on devra faire pour la mort du silence lui-même ?

L’ANTIDOTE DE FOND à ce problème est le retour à l’arrêt du mental. On l’appelle Nirodha dans le yoga, mais aussi dans le bouddhisme où il est synonyme de Nirvâna. Techniquement, la méditation silencieuse gagne à être centrée sur le phénomène précis du son du silence, le nâda. Il s’agit d’une tradition déjà célébrée dans l’une des premières Upanishad (Ve siècle avant l’e.c), la Chandogya. Elle évoque dès le début de son texte l’Udgîthâ, le chant d’en haut, le chant du ciel : « Le chant d’en haut est le soleil au-delà et il est Om car il résonne sans cesse comme Om. (Chandogya Oup.1.5 1). Quelle que soit la culture ou la religion considérée, le silence est au-delà des différences, il réunifie par le haut, comme le ciel bleu unique est au-delà des multiples arbres de la forêt.

IL EXISTE UN SON DANS LE SILENCE. Il provient du bruissement des artérioles, petits vaisseaux sanguins proches de la cochlée. Dans cette zone de l’oreille interne, le signal mécanique causé par la vibration du tympan est transmis en signal électrique. Les cellules, à cet endroit, ont des cils animés d’un mouvement permanent qui est traduit en signaux sonores par le nerf auditif jusqu’au cortex. On peut rajouter à ce bruissement, la fibrillation des muscles de l’oreille. Il s’agit notamment des muscles proches des os qui émettent un grésillement constant. On peut définir ce son du silence comme un acouphène physiologique. Nul besoin d’avoir toutes ces con- naissances pour expérimenter le son du silence : les enfants l’écoutent quand ils posent un coquillage sur leur oreille et entendent le “bruit de la mer”. Il s’agit en fait du son produit par l’oreille elle-même qui est réverbéré.

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Très belle journée, Namaste

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Photos : Eric Nocher