Changer de l’intérieur

Peaceful woman meditating

Par Anaïs Joseph

 

Les mouvements conscients ne sont pas le pré carré du yoga, on les retrouve en tai-chi, en qi gong, etc. Mais le yoga établit un pont avec l’alimentation que les autres disciplines ne font pas : « Dans le texte fondateur du yoga moderne, le Hatha Yoga Pradipika (…) on donne des conseils nutritionnels dès le premier chapitre. Il s’agit en l’occurrence de toujours garder un quart de l’estomac vide après le repas. On ne vante ni l’abus ni l’abstinence, la nourriture doit rester « onctueuse et savoureuse », » souligne Ananda Ceballos qui est également professeur de yoga.  « De même, d’après le poème épique de la Bhagavad-Gita (verset 8-17), le yogi à besoin de mets juteux, riches et réjouissant le cœur. Dans cette métaphore, on comprend qu’il ne s’agit pas seulement de nourrir le corps avec des aliments mais aussi de trouver de quoi abreuver le cœur et l’esprit », ajoute-t-elle.

 

Ainsi, l’équilibre pourrait surgir grâce à un changement d’attitude face à tout ce qui est susceptible de nous nourrir dans la vie : les aliments, l’amour, les pensées, les mouvements, la respiration… Se concentrer uniquement sur son alimentation – même en pleine conscience – pourrait relancer le cycle de l’obsession d’après Ananda. Tout comme se focaliser sur la pratique du yoga pourrait aussi être une autre forme d’addiction, comme en témoigne Charlotte Saint Jean, professeur de yoga. « Après avoir été boulimique puis anorexique pendant des années, j’ai transformé mon trouble du comportement alimentaire en trouble de la pratique du yoga. Je faisais quotidiennement de l’Ashtanga dans l’espoir de compenser quelque chose et de contrôler mon corps et ma vie comme j’avais tenté de contrôler mon alimentation. »

 

Aujourd’hui maman épanouie et femme-yogi accomplie, Charlotte Saint Jean considère que seul un changement intérieur lui a permis de se délester des troubles du comportement. « Rétrospectivement, j’ai l’impression que le travail extérieur – les asanas et les postures – a permis de toucher quelque chose de plus profond en moi. En effectuant des mouvements en conscience, j’ai mieux senti mon corps, il devenait alors impossible de ne plus le respecter. En me mettant à son écoute, j’ai réalisé qu’il réclamait naturellement des choses saines et en quantité modérée. » Charlotte, comme la plupart des yogis, a un poids moyen et une silhouette équilibrée sans jamais se contraindre dans l’effort physique ou l’abstinence alimentaire.

 

Travailler sur l’alignement afin que l’énergie circule et ne stagne pas au niveau, par exemple, des poignées d’amour ; changer son rapport à la nourriture en reliant le bien-être de l’âme à celui du corps ; distinguer la satiété de la satisfaction (lire encadré sur la parabole, ndlr)… Pour faire fondre les kilos, le point fort du yoga est de combiner tous les outils à notre disposition : le mouvement, la respiration et la conscience. Grâce à cela on agit sur tous les plans, physiques comme psychiques. Résultat : dans cette quête de l’équilibre sur la balance, on finit par se sentir bien dans sa peau.

 

Découvrez l’intégralité de ce dossier dans votre magazine Yoga Journal n°15 disponible en version papier et digitale.

 

© Toutes copies et reproductions interdites, contenu édité et publié par YJ France Media.