Comment bien débuter la méditation ?

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Par Jérôme Lemaître,

 

Avec le récent engouement pour la méditation, il y a fort à parier que vous aussi, vous avez déjà songé à vous y mettre. Que ce soit par une amie ou par votre médecin, il y a très certainement quelqu’un dans votre entourage qui vous a recommandé d’essayer la méditation. Dans cet article, je vous présente un exercice simple et efficace pour bien débuter la méditation. Mais avant, voyons brièvement pourquoi la méditation est si populaire de nos jours et explorons en quelques lignes quel est son objectif.

 

Pourquoi la méditation est si populaire ?

La méditation occupe de plus en plus de place dans l’espace public. Pour la seule année 2017, le moteur de recherche Google Scholar, qui recense les contenus scientifiques, ne compte pas moins de 17 000 références au sujet de la méditation. Et il n’y a pas juste les scientifiques qui s’y intéressent ! En 2012 aux États-Unis, on dénombrait 18 millions de pratiquants, ce qui est plus du quart de la population française.

Dans ce grand pays, le National Center for Complementary Integrative Health (NCCIH) a étudié le phénomène de la méditation. Pour le contexte, l’organisme est la principale agence gouvernementale responsable de la recherche scientifique sur les systèmes de santé et les médicaments non conventionnels. En d’autres mots, le NCCIH, c’est du sérieux !

Hé bien, figurez-vous que sur son site web, le NCCIH recense plusieurs preuves scientifiques concernant les bienfaits de la méditation. On y apprend notamment qu’elle contribue à contrer l’insomnie, à réduire les symptômes de l’anxiété et de la dépression, à diminuer la pression sanguine ou même à soulager le syndrome du côlon irritable. De plus, ces bienfaits pourraient n’être que la pointe de l’iceberg puisqu’à mesure que les études scientifiques s’accumulent, d’autres bénéfices de la méditation pourraient être découverts.

Pour aujourd’hui, j’arrête là l’énumération puisque l’objectif n’est pas de vous « convaincre » des bienfaits mais plutôt de vous fournir un outil simple et efficace visant à tester la méditation par vous-même !

 

Quel est le but de la méditation ?

Là encore, c’est un vaste sujet… Disons que pour le moment, l’exercice de méditation que je vous propose sert simplement à prendre conscience du flux incessant de nos pensées. Facile, me direz-vous ? Faites l’expérience ! Fermez les yeux pour une minute et comptez les pensées qui vous viennent à l’esprit. Attention, pas de triche : tout y passe. De « j’ai chaud » à « c’est ridicule cet exercice ». De « je ne dois pas oublier d’aller chercher le pain ce soir » à « j’ai encore trop mangé ce midi ». Allez-y pour voir…

Pas si évident que ça au final… Le but de la méditation n’est pas, comme le veut l’idée reçue « d’arrêter de penser ». Ce serait impossible puisque c’est dans la nature humaine de penser. Le but de la méditation est plutôt, dans un premier temps, de prendre conscience du flux de nos pensées. Ce faisant, la méditation nous aide à réduire notre attachement à ces pensées, à prendre du recul et à développer une attitude calme et centrée.

Autrement dit, la méditation contribue à favoriser la stabilité intérieure afin d’éviter de se sentir coincé dans le mélodrame de notre vie.

 

Comment méditer ?

Alors, comment fait-on pour méditer ? Je vous propose un exercice tout simple. Asseyez-vous de manière ferme mais confortable, avec prestance, ni trop raide ni trop relâché, et fermez les yeux. Réglez votre minuteur sur 3 minutes (ou même 5 minutes si vous le pouvez) et observez encore une fois, les pensées qui se présentent à votre esprit. Dès qu’une pensée vous vient, votre mission est de la placer dans l’une de ces trois boites mentales : « passé », « présent », « futur ». C’est tout. Aussi simple que ça. Attention, ne vous laissez pas emporter par la pensée. Classifiez et passez à la suivante !

 

 

Exemple numéro 1

Reprenons les phrases précédentes. Vous êtes bien assise, en position de méditation, les yeux fermés. Vous observez vos pensées. Pour 10, 20 ou 30 secondes, c’est le calme plat là-haut. Parfait. Observez. Et puis pouf : « Tiens, j’ai chaud ! » Ha, ha ! Voici une pensée qui se pointe. Reconnaissez-là pour ce qu’elle est : une pensée. Donc, n’enlevez pas la veste, même si vous avez chaud ! Tant que vous ne faites pas d’action, il s’agit juste d’une pensée, qui pourra éventuellement passer. Donc, la pensée « j’ai chaud », on la met où ? Dans la boite « présent ». Et on continue d’observer pour le reste de nos 3 minutes.

Vous allez me dire « oui, mais j’ai vraiment chaud ! ». C’est justement le but de l’exercice. Il nous apprend à distancier l’action (enlever la veste) de la pensée (j’ai chaud). Vous avez chaud ? Très bien. Attendez la fin de l’exercice et vous enlèverez votre pull. Vous allez voir qu’il est même possible qu’après ces 3 minutes, vous n’ayez plus chaud. Pourquoi ? Car l’esprit est constamment en train de penser. Il n’aime pas le vide. Et si vous lui laisser de la place, il va se mettre à vous inonder de pensées, rien que pour rester occupé. Résistez à l’envie de bouger.

C’est dans « l’inaction » que demeure toute la sagesse de l’exercice.

 

Exemple numéro 2

Continuons avec une des autres phrases énoncées : « je ne dois pas oublier d’aller chercher le pain ce soir ! ». On la met dans quelle boite cette phrase-là ? Passé, présent ou futur ? Futur, évidemment ! Et que fait-on après ? On laisse aller la pensée et on revient à l’observation pour le reste de nos 3 ou 5 minutes.

Hou là ! Pas facile… « Attend, je vais juste me mettre un rappel d’aller chercher le pain sur mon téléphone et je reprends l’exercice ! ». Non, non, ce n’est pas l’exercice. On classe dans la boite « futur », on laisse aller la pensée comme un nuage qui passe, et on revient à l’observation intérieure. « Oui, mais sinon je vais oublier le pain et c’est important pour moi car… bla, bla, bla… ».

Encore une fois, la sagesse de l’exercice est de réaliser le processus de la pensée, de l’observer pour ce qu’il est et de dissocier l’action de la pensée. Il sera toujours temps de se rappeler d’aller chercher le pain plus tard. En fait, si c’est vraiment important pour vous, il y a fort à parier que vous vous en souviendrez. Pour le moment, ce qui compte, c’est votre 3 (ou 5) minutes à classer vos pensées : passé, présent, futur.

Finalement, l’exercice est simple en apparence mais cela prend un peu de pratique pour le maîtriser. Vous verrez, avec l’habitude, ça deviendra de plus en plus simple et alors, les bienfaits de la méditation commenceront à pointer le bout de leur nez.

C’est ce que je vous souhaite de tout cœur ! Namasté.

 

Cet article vous a plu ? Vous avez aimé l’exercice ? Partagez-nous votre expérience dans la section « commentaire » ci-dessous !

 

Jérôme Lemaître est un expatrié français vivant au Québec. Professeur de yoga certifié par la Yoga Alliance et diplômé d’un doctorat en biologie de l’université Laval, il enseigne le yoga et la méditation dans la région de Québec et en ligne. Retrouvez Jérôme sur son blog : www.jeromelemaitreyoga.com et sur Facebook : www.facebook.com/jeromelemaitreyoga, où il propose un regard scientifique, honnête et humoristique sur le yoga et la méditation.

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