Comment gérer d’étranges directives d’alignement en cours de yoga ?

Top view of virabhadrasana 1 yoga Pose

Par Cheyenne Ravarino

 

Cela vous est-il déjà arrivé d’aller dans un nouveau cours de yoga, avec un nouveau professeur, et l’entendre prononcer des consignes qui sont opposées à celles dont vous avez l’habitude, et/ou pire qui semblent désagréables voire dangereuses pour votre corps ?

Personnellement cela m’est arrivé. J’aime beaucoup découvrir de nouveaux cours, et j’encourage aussi mes élèves à aller essayer d’autres enseignants, ainsi que d’autres styles de yoga. Et j’ai noté que l’on s’habitue aux directives que nous donne notre professeur et parfois en changeant, on entend les conseils d’une façon qui résonne plus avec soi et on va avoir un déclic sur une posture, ou un enchainement que l’on essaye d’effectuer depuis un certain temps. Mais parfois les conseils d’alignement donnés sont contraires à ceux dont on a l’habitude et peuvent même être préjudiciables !

Une prof au demeurant fort sympathique, nous a indiqué de porter tout notre poids sur les talons en tadasana, et de bien creuser son dos dans Utkatasana. Je l’ai faite répéter pensant avoir mal compris. J’ai prétendu que la courbe naturelle de mes lombaires était mon maximum possible, et j’ai continué le cours, mais elle avait perdu ma confiance.

La meilleure façon de gérer une telle situation, est tout d’abord de ne pas rentrer en conflit. Et pourquoi pas, de garder un esprit ouvert, et d’essayer l’alignement proposé, et de ressentir les effets dans son corps. Exagérer la cambrure dans la posture de la chaise me tirait dans les lombaires et déstabilisait mon bassin. J’ai donc prétendu appliquer le conseil, et faire de mon mieux, en gardant la courbe naturelle de mon dos.

Si le professeur insiste, et cela peut arriver, ne pas hésiter à lui dire qu’aujourd’hui les sensations que vous avez dans votre corps vous font dire que ce qu’il propose n’est pas réalisable et que vous allez modifier légèrement, mais que vous réessaierez éventuellement à un autre moment.

En rentrant chez vous, n’hésitez pas à faire vos recherches, à interroger d’autres professeurs, pour avoir leur opinion sur le sujet. Nous sommes dans une société ou seulement 200 petites heures permettent à quelqu’un qui ne pratique parfois que depuis quelques mois d’enseigner. Nous sommes aussi dans une ère plus moderne, où l’accès à certaines médecines modernes avec leurs machines, ou le recul pris avec les années, permettent de faire évoluer le mode d’enseignement.  On s’aperçoit que certains alignements peuvent être néfastes à la longue (comme garder les hanches alignées en Virabhadrasana 2) et certains enseignants n’ont pas changé leurs directives, ou d’autres n’ont pas l’expérience nécessaire.

Essayez d’appliquer ce qu’on vous enseigne, mais si cela ne semble pas correct, ne forcez pas, écoutez votre corps, et peut-être allez en discuter avec le professeur à la fin du cours. Même le meilleur professeur peut faire des erreurs, il devient encore meilleur s’il s’en rend compte.

 

Cheyenne Ravarino

Professeur de yoga à Monaco et dans le sud est de la France, Cheyenne a commencé par des études de droit et de journalisme. Après avoir pas mal navigué dans le milieu de la nuit, elle participe au Burning man, un événement incroyable dans le désert du Nevada, et c’est une expérience qui va changer sa vie. En rentrant, elle se met assidûment au yoga et à la méditation, devient végétarienne puis « vegan à la maison ». Au fil des années elle décide de partager sa passion pour le yoga et commence des formations avec entre autres Shiva Rea. Aujourd’hui elle a trouvé sa voie dans le Smart flow de Annie Carpenter, et suit encore, auprès d’elle et d’autres professeurs de la même veine, des trainings chaque année, car pour être un bon professeur il faut avant tout être un bon élève.

 

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Très belle journée, Namaste

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