Cuit ou cru : le grand dilemme

Cuit ou cru

Par Cécile Doherty-Bigara

 

En amour, on dit que les preuves valent plus que les mots. Pour la santé, c’est la même chose ! Quand l’ayurvéda m’a sortie de plusieurs années de syndrome du côlon irritable, j’ai su que j’avais trouvé ma médecine pour la vie.

 

Tout a commencé à l’âge de 8 ans. Recroquevillée sur le canapé de notre appartement à Madrid, je comate en alternant boisson gazeuse et toasts grillés. À chaque lendemain de boum, je suis malade. Une tranche de gâteau, quelques bonbons, un verre de Coca-Cola et le tour est joué. Mon ventre est offusqué. C’est décidé, le jour de mon anniversaire, on fera un buffet de légumes !

Quinze ans plus tard, je suis affalée sur un autre canapé, dans une auberge de jeunesse mexicaine près de Tulum. Tulum, un site maya unique au monde où les pyramides surplombent la mer des Caraïbes. J’en rêve depuis que je suis petite. Le paradis… qui m’échappe du bout des doigts ! Le problème qui me hante depuis l’enfance me rattrape et je suis obligée de rentrer en urgence chez moi. Sacrifier quelques gâteaux d’anniversaire à la crème, ça passe, mais Tulum ! Il est temps que je vienne à bout de ce mystère.

J’aime le cru. J’aime manger des fruits sucrés, des légumes qui croquent sous la dent et des plats frais. Et depuis toujours, le cru est pour moi synonyme de vitamines, alors j’en mange toute l’année. Un concentré vitaminé, ça ne peut faire que du bien, non ? Mais ça, c’était avant que je découvre l’ayurvéda.

 

Trois raisons de cuire

La cuisson des aliments remonte à plus de 1,9 million d’années mais le crudivorisme – et son lot de vitamines – est de plus en plus populaire. Et si on regardait les choses autrement ? Le débat cru vs cuit est peut-être plus profond qu’une histoire de nutriments…

Premièrement, parlons saisons. Les vidéos de crudivores célèbres sur YouTube laissent à penser qu’ils vivent souvent dans des villes chaudes et que leur constitution physique a beaucoup de feu en elle. Plus on a de feu en soi, plus on va manger d’aliments crus pour rafraîchir le corps. Mais moi, je n’ai presque pas de feu ! Je suis frileuse, avec en bonus l’émotivité et le mental agité de l’élément Air. En plus, j’habite Toulouse, bien loin des Caraïbes !

Deuxièmement, parlons douceur. Un aliment cru est très « détox » et dépuratif, intense pour les parois du tube digestif, alors qu’un aliment cuit divise par deux le travail de digestion et caresse la « peau » des parois avec douceur. En cas de gênes digestives ou de maladies inflammatoires de l’intestin, la première étape de guérison en ayurvéda consiste donc, souvent, à arrêter de manger des crudités.

Enfin, parlons énergie. Un aliment cru a les qualités légères et stimulantes de l’air. C’est idéal pour stimuler quelqu’un de flegmatique. Mais pour une personne agitée, hyperactive et qui a comme moi quinze onglets ouverts sur son ordinateur, c’est l’inverse qui apaise : de l’ancrage et de la stabilité grâce aux aliments cuits et onctueux.

Alors j’ai mis de côté le cru et j’ai cuit tous mes légumes. Au bout de quelques semaines, je revivais ! Maintenant, je mange des légumes cuits toute l’année, excepté en été où je revis une histoire d’amour passionnée mais brève avec le cru. Je suis plus ancrée, ma digestion n’est plus une gêne quotidienne et, surtout, on ne me retrouve plus recroquevillée sur des canapés !

 

Très belle journée, Namaste

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Photo : Cécile Doherty-Bigara pour Yoga Journal France.