Être là pour mes enfants

EtreLaPourmesEnfants

Par Charlotte Saint-Jean

On voudrait leur apprendre à apprécier les différences, à briser les normes, à toucher avec respect, à être patient et, surtout, à aimer. Mais eux nous réclament des portables de dernière génération pour se connecter à Snapchat !

Lors de la ma première grossesse je lisais Élever les enfants spirituels dans un monde matérialiste, de Phil Catalfo. Je me voyais en yogic mama parfaite n’utilisant jamais la télévision pour baby-sitter mes enfants. Je voulais créer la famille idéale : un foyer impeccable, des biscuits cuisinés maison, être disponible pour mes enfants et, bien sûr, rester radieuse et patiente ! La réalité est un jonglage constant entre travail, courses, trajets vers les activités périscolaires… et suivi des devoirs qui s’intercale au beau milieu de la préparation du dîner. Sans parler des fois où j’ai triché en achetant les muffins chez Lidl pour la vente de gâteaux à l’école (mais chut !).

La vie est ainsi faite. Mais il faut trouver des routines positives qui encadrent et rassurent les enfants, comme le conseille Phil Catalfo. Pour moi, ce sont des petits mots doux qui terminent nos conversations. Tout simples, avant que mes filles se couchent ou à la fin de chaque coup de fil : « I love you… I love you more… I love you most… I love you most in the whole wide world… I love you to the moon and back ». Ces rituels sont super importants pour moi aussi.

À la fin de la journée, on se réunit, avec mes deux filles, pour chanter dans une brosse à cheveux les paroles de Heather Small, tirées de l’album Proud : « What have you done today to make you feel proud? » (Qu’as-tu fait aujourd’hui pour être fière de toi ?). On répond avec des choses très simples comme : « J’ai eu 18 sur 20 en maths », ou « J’ai donné un super cours de yoga »… Cela suffit à nous rendre fières.

En tant que mère, ma première envie est de contrôler l’identité que mes filles se forgent via les réseaux sociaux, leur manière de parler dans les textos, e-mails et Snapchat. Puis je prends du recul et je me dis que nos enfants sont plus street-wise que l’on veut bien le croire. Ils s’informent, s’interrogent, sûrement plus que nous d’ailleurs, et ils utilisent les accessoires de leur génération pour construire leur identité tout comme nous l’avons fait avant eux.

Je crois aussi qu’il faut faire confiance. Au moment du divorce, je voulais rendre leur vie plus joyeuse pour les protéger. Un soir, ma grande m’a dit : « Tu n’as pas besoin d’essayer d’être une bonne maman. Tu l’es déjà, tu es juste géniale ! ». J’ai essuyé une larme et j’ai enfin compris qu’il me suffisait d’être là, de les aimer, de rigoler avec elles, de les guider et de les entourer de sincérité et d’amour. Pas de faire du « helicopter parenting », comme l’appelle ma copine au Canada, manière de désigner les parents qui circulent autour de leurs enfants pour les protéger de tout. Il faut les laisser faire leurs erreurs, tomber, se relever et avoir en réserve un gros pansement d’amour et un câlin à donner.

Retrouvez Charlotte Saint Jean et Julien pour el stage « Solunar yoga » du 5 au 8 juillet 2017

Très belle journée,

Namaste