Gratitude : La magie du merci

Gratitude La magie du merci par Tiphaine Palmo Shanti

Par Tiphaine Texier, Palmo Shanti

 

On a tous eu, avons et aurons des tuiles dans la vie, c’est un fait inhérent à l’existence : recevoir une crotte de pigeon sur la tête, se cogner dans un poteau, trouver un ver dans sa pomme ou bien plus grave, et pourtant… Pourtant, nous faisons partie des personnes les plus chanceuses de la planète.

« Si tu as de la nourriture dans ton frigo, des vêtements sur ton dos, un toit au-dessus de ta tête et un endroit où dormir, tu es plus riche que 75% de la population mondiale. »

Sommes-nous nés bien lotis ?

Le fait d’être né(e) dans un pays paisible, d’avoir un endroit où s’abriter, de quoi se nourrir et se laver, le fait d’être allé à l’école… Le fait d’être libre, au moins un petit peu, de vivre la vie que nous voulons ! Ça nous paraît évident, acquis, et pourtant il suffit de sortir du territoire pour se rendre compte de la richesse qui est la nôtre.

Je me rappelle de cette rencontre au Népal, dans un village très reculé du Téraï, d’une famille qui vivait dans le dénuement le plus total (comme toutes les autres familles autour). Une petite maison en terre battue, de 15 mètres carré tout au plus, avec un toit de paille. A l’intérieur, deux planches surélevées : l’une faisant office de couchage pour les parents, l’autre pour les trois enfants. Dans un coin de la pièce, un petit monticule de terre, qui sert à poser la bouilloire ou une vieille casserole. Et pourtant, quelle richesse dans ce village ! Des sourires jusqu’aux oreilles, du temps passé ensemble à chanter au coin du feu et à se raconter des histoires qui font peur et rire, des rituels sacrés qui ouvrent le cœur… Des choses toutes simples, que nous semblons avoir oublié ici-bas.
En Occident, la plupart d’entre nous a tout et plus encore. On a surtout le choix : le choix de notre métier, de notre compagnon de vie, de notre ville de résidence, des vêtements que l’on porte, de la marque de notre lave-vaisselle… Fait étrange, il semblerait que cette abondance de choix nous plonge dans des questionnements sans fin, ai-je bien fait, suis-je bien sûre de, qu’est-ce qu’ils vont penser si ? Pris dans nos tergiversations existentielles, on en oublie de chanter au coin du feu le soir venu…
L’idée ici n’est pas de s’auto-flageller, bien au contraire ! La pratique de la gratitude, c’est simplement de reconnaître toutes ces petites choses qui font notre confort quotidien, de ne pas les considérer comme « normales » ou « acquises » : réussir à voir que toutes les conditions du bonheur sont déjà en nous et autour de nous, comme le dit si justement Thich Nath Hanh. Si nous sommes nés dans ces conditions, libérés en partie des contraintes de base (se loger, manger, boire), notre esprit et notre énergie peuvent donc être orientés vers des questionnements plus profonds : que vais-je faire de ma vie ? Comment apporter ma pierre au monde ?

Alors concrètement, on fait comment ?

La gratitude peut commencer dès qu’on ouvre un œil le matin… Chouette alors, je suis vivant(e)! J’ai 24 heures toutes neuves devant moi, telles une page blanche que je peux remplir de douceur, de pleine conscience et de joie :-)
On peut remercier le soleil de revenir sans faillir chaque matin (même s’il est parfois caché derrière les nuages). On peut remercier la vie d’avoir placé autour de nous des personnes de

confiance, qui nous aiment et nous soutiennent, on peut remercier notre corps de se mettre en mouvements avec grâce vers cette nouvelle journée pleine de promesses…

Et ce mantra du « merci » peut se prononcer tout au long de la journée… Avant de manger (du même style que la prière de grâce), où l’on remercie la nature de nous régaler, ainsi que toutes les personnes ayant eu un rôle entre le champs et notre assiette ; remercier lorsqu’on partage un moment avec des personnes qui nous sont chères, parce que le moment est doux, insouciant et convivial ; remercier parce que nos proches sont en bonne santé ; remercier lorsque l’on regarde un coucher de soleil, œuvre d’art naturelle et éphémère dont nous sommes témoins !

On peut aussi remercier au moment de la fin d’une belle chose… « Bien souvent, tu pleures parce que tu as été heureux ». La fin d’une aventure, le départ de quelqu’un… La tristesse nait de ce qu’on a été heureux : ne vaut-il mieux pas être triste ainsi, que de ne rien vivre du tout ?

Enfin, on peut prendre quelques instants avant de s’endormir le soir pour remercier la vie de la journée passée : même si elle a été particulièrement difficile, on trouve toujours un petit moment de lumière à célébrer… Attention, l’exercice amène à tirer vers l’optimisme et le contentement ! Préparons psychologiquement nos concitoyens râleurs ;-)

Bref, prenez le temps de remercier, sans modération ! Petit à petit, on se rend compte que tout, absolument tout, a quelque chose à nous apporter. Les bons moments comme les moins bons. Chaque tuile de la vie révèle un potentiel d’apprentissage et de transformation, certes parfois bien caché. Mais tout porte à croire que s’il y a un côté obscur de la force, l’autre côté se doit d’être lumineux :-)

Et pour conclure, sachez que « Si vous pouvez lire ce message, vous êtes plus chanceux que les 3 milliards de personnes qui ne savent pas lire… ».

 

Retrouvez Tiphaine sur son site : www.palmoshanti.com

 

Très belle journée, Namaste

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Photo : emiliegrc photography