Interview de Bernard Werber

Interview Bernard Werber

Par Lionel Piovesan

 

« Quand on rentre dans la spiritualité, ça agace les imbéciles »


L’auteur des livres à succès Les Fourmis, Les Thanatonautes ou L’Empire des Anges, a été initié au yoga à l’âge de 13 ans. Lors d’une colonie de vacances, il rencontre Jacques qui lui ouvre les portes de la spiritualité orientale. Cet éveil précoce continue à l’influencer dans sa vie et dans son écriture.

 

Et que s’est-il passé ensuite ?

De retour à Toulouse, j’ai cherché un studio de yoga pour poursuivre mon initiation. J’ai trouvé des groupes qui pratiquaient les asanas, mais malheureusement pas du tout ce que m’avait enseigné Jacques. J’ai fait plusieurs ateliers et écoles différents. ça ressemblait à de la gymnastique, mais pas à de la spiritualité ou à de l’éveil. Et là, j’ai compris que l’enseignement du yoga de mon ami était un trésor. Du coup, je suis allé chercher dans la méditation transcendantale, dans le zen, dans d’autres formes de spiritualité orientale telles que le taoïsme, le bouddhisme… En vain car je ne retrouvais ni la qualité ni la force de l’enseignement de Jacques. J’ai pu vérifier à quel point je pouvais aller loin avec un capteur, que j’arrivais à ralentir les battements de mon cœur. J’avais donc la possibilité, si je souffrais trop, de décider quand il devait s’arrêter de battre et ainsi de pouvoir même mettre fin à mes jours. Il faut dire que j’avais très mal vécu, peu de temps avant, l’acharnement thérapeutique qu’a subi mon grand-père qui était alors en fin de vie.
Est-ce de là que vient la genèse de votre livre Les Thanatonautes sur l’expérience de mort imminente (EMI) ?
Justement, j’y arrive. Quand j’étais en colonie, Jacques m’a appris à faire sortir mon esprit de mon corps, à faire ce qu’on appelle un voyage astral. Y suis-je vraiment arrivé ? Je ne sais pas. En tout cas, il me disait de ralentir ma respiration, les battements de mon cœur, et de visualiser mon esprit qui quittait mon crâne et qui commençait à voyager au-dessus de nous. étonnamment, avec cette expérience, c’est comme si on m’avait montré le point d’arrivée alors que la route ne fait que démarrer… et que normalement tout ce travail est long et progressif. Quoi qu’il en soit, quand j’étais là-haut, durant cette colonie de vacances, j’ai réussi à sortir de mon corps.

 

Cette expérience vous a beaucoup influencé dans votre écriture ? 
Oui, ça m’a inspiré Les Thanatonautes et toute la partie spirituelle de mes romans. Ce garçon était un éveilleur pour moi. Ce qui est amusant, c’est que quelques années après la sortie du livre [il a été publié en 1994 aux éditions Albin Michel, ndlr], j’étais à une conférence sur la spiritualité à Versailles. Au moment de la séance de dédicaces, une personne se présente devant moi : « Je suis André Van Lysebeth, j’ai adoré Les Thanatonautes. C’est un livre important pour moi. » Je lui réponds que je lui dois indirectement l’écriture de ce livre : « C’est grâce à vous car c’est un de vos élèves qui m’a éveillé à la spiritualité : Jacques Padovani. » Et je le regarde l’air de dire : « Vous connaissez Jacques Padovani ? » Et il me répond : « Vous savez, j’ai tellement d’élèves que je ne me les rappelle pas tous. » Il ne cessait de me dire à quel point il avait adoré mon livre et moi de lui répéter que c’était grâce à lui que je l’avais écrit.

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Très belle journée, Namaste

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