Interview Margaux Motin, : une belle nature

ITW Margaux Motin

Margaux Motin, illustratrice de talent et auteure de BD à succès, nous reçoit à Biarritz. Cette ancienne parisienne qui s’est fait connaître par sa description juste et acérée des jeunes femmes de la capitale, s’épanouit pleinement dans sa nouvelle vie de provinciale. Elle est bien ancrée dans ses baskets et diffuse une aura de bienveillance. Rencontre avec une personnalité attachante, qui s’est transformée au contact du yoga.

Yoga journal : En sanskrit le mot «yoga» vient de la racine «yug»qui signifie «unir», union qui par extension permet de se relier à soi-même. Comment définirais-tu cette relation à toi -même ?

Margaux Motin : En voie d’unification justement. J’ai passé des années à me sentir multiple et paradoxale, sans arriver à faire cohabiter harmonieusement toutes ces énergies à l’intérieur de moi. J’étais le genre de fille qui réveille son mec à 3 heures du matin parce qu’elle fait une crise d’angoisse, qu’elle a des picotements et que si ça se trouve, elle n’arrivera plus jamais à se calmer et qu’il faudra l’enfermer dans une institution spécialisée. La première fois qu’ il m’a conseillé de faire un peu de méditation, alors que je pensais être en train de mourir d’une crise de spasmophilie, j’ai eu envie de le tuer. Aujourd’hui, j’ai changé de mode de vie. J’ai (enfin !) compris que ma relation à moi-même déterminait ma relation aux autres, au monde, à la vie. Du coup j’essaie de prendre soin de moi même. J’apprends à écouter mon intuition, à chercher ma vérité sous les idées reçues que l’éducation, la société, les autres, m’ont transmis. Je veille à être plus confiante et bienveillante envers moi même, et à préserver l’harmonie. Mais bon, j’ai la chance d’avoir un amoureux fantastique qui m’aide à m’apaiser et à m’aimer comme je suis. Ça facilite beaucoup les choses.

Y.J. : Ta relation aux autres ?
M.M. : Quand tu commences à t’apaiser, tu changes beaucoup ta relation aux autres. Je pense être responsable du type de relation que j’ai avec mon entourage. Chacune de mes actions, de mes paroles, de mes intentions, détermine le type d’échange que je vais avoir avec l’autre. Je crois beaucoup à l’énergie qu’on envoie et qu’on reçoit en retour. Alors j’essaie d’envoyer des pâquerettes, des petits cœurs et des bébés chats. Et quand je reçois du caca, je cherche à quel moment j’ai bien pu envoyer, consciemment ou non, une bonne grosse bouse dans la direction de mon entourage. J’apprend à assumer mes choix, mes valeurs, mes envies, et du coup j’apprends à laisser les autres libres de faire la même chose sans en faire une affaire personnelle. Le fait de prendre pleinement ma place dans ma vie me permet de sortir de la place que j’avais besoin de prendre dans la vie de mes proches. C’est libérateur pour tout le monde et ça me permet d’avoir des relations beaucoup plus douces et harmonieuses avec les autres.

Y.J. : Et quelle est ta relation au monde qui t’entoure?
M.M. :Tranquille. Nous avons supprimé cette source d’angoisse constante que sont les informations. Nous nous tenons éloignés du vacarme, de la peur, des drames, des interprétations négatives. Du coup je peux me concentrer sur les belles choses et entretenir avec le monde qui m’entoure une relation sereine. Je suis lucide, je sais qu’il y a de tout en ce monde. Tout existe. Je fais juste un choix. Je choisis ce sur quoi mon regard va s’installer. Selon moi, c’est ce qui va dessiner le monde dans lequel je vais évoluer.

Tu dessines depuis l’enfance, qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer dans l’édition ?
Mon amoureux. Il m’a botté les fesses pour que je sorte de la zone de confort du blog et que j’ose passer au livre. Je me réfugiais derrière des excuses pour ne pas avancer. Il m’a pris par la main et m’a montré que mes images et mes textes pouvaient exister pleinement sur papier. J’ai tellement aimé cette aventure que je continue depuis. On peut prendre son temps pour faire un livre : tourner autour de son sujet, de ses idées… C’est assez organique et naturel, j’aime cette façon de créer.

Ce qui frappe dans tes dessins et dans tes textes, c’est leur justesse qui permet immédiatement l’identification (même chez les hommes), ta vie étant une de tes sources d’inspiration. Qu’est-ce que ça te fait de te revoir dans tes BD ?
Ça me fait sourire. Je vois d’abord l’évolution du dessin, et je suis toujours heureuse de voir que je progresse sans cesse, ça me donne l’appétit de continuer à évoluer graphiquement. Et sur le plan personnel, je vois le chemin parcouru, les changements de cap, de goûts, d’envies, de vie : c’est attendrissant ! Mais je ne suis pas très passéiste. Alors je reviens peu sur mes anciens livres et mes anciens dessins en général. Je suis plus passionnée parce que je fais chaque jour et le livre que je construis en ce moment. Il m’en apprend beaucoup sur celle que je suis et que je projette pour l’avenir. C’est vachement plus intéressant !

Interview complète à retrouver dans Yoga Journal N°6 avec en couverture, une belle illustration de Margaux.

Margaux Motin reprendra à partir de Yoga Journal N°8 qui sortira en juin la rubrique Vis ma vie de Yogini.

Très belle journée,
Namasté