La méditation et le Yoga : une technique de revitalisation de l’énergie cérébrale

Outdoor meditation

Par Émile Lozevis

 

Après 35 années d’expérimentation et de recherche sur le yoga et la méditation, j’ai découvert une technique qui m’est venue spontanément par l’habitude de méditer régulièrement.

Tout d’abord, le yoga est un moyen d’apporter un support important à la méditation. Il est conseillé pour certaines personnes chargées émotionnellement d’utiliser les postures de yoga, comme la posture de la barque (ventre sur le sol, mains en extension devant soi, jambes décollées), la posture de l’arc (ventre sur le sol, prendre les orteils ou les chevilles avec les mains, décoller les genoux et la poitrine du sol). Respirer abondamment par les narines, rester un certain temps dans ces postures sans forcer. Cela a pour conséquence de vider les stress, l’angoisse etc… résidant dans le plexus solaire. J’ai souvent vérifié l’efficacité de cette technique sur moi-même.

Assis en tailleur confortablement ou sur une chaise selon la convenance de chacun, les jambes peuvent être allongées, le dos bien droit, les yeux fermés.

 

Commencer à prendre conscience de la respiration dans les narines puis, petit à petit sentir le passage de l’air au contact des parois du nez. Prendre conscience de cinq points sur le sommet du crâne, le bord avant gauche du crâne, le bord arrière gauche du crâne, le bord arrière droit du crâne, le bord avant droit du crâne et le milieu du crâne. Dessin 1

 

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Visualiser des arcs de cercle au-dessus de la tête qui partent du bord avant gauche du crâne et vont rejoindre chaque bord désignés ci-dessus.

 

  • Visualiser consciemment votre expiration et inspiration vers le bord avant gauche du crâne.
  • Expirer dans l’arc de cercle qui joint le bord arrière gauche.
  • Inspirez dans le bord arrière gauche, puis vers le bord arrière droit, vers le bord avant droit, le milieu du crâne, le bord avant gauche et ainsi de suite.

 

Continuer autant que possible ces circuits jusqu’à ce que le mental se stabilise et se concentre.

Imaginer ensuite que ces bords sont reliés par des fils de tissage blanc ou comme une toile d’araignée, continuer jusqu’à ce que  vous sentiez une fluidité entre chaque bord au-dessus du crâne. La visualisation et la respiration permettent d’être attentif  le plus possible dans ce travail.

Imaginer aussi, dans les cercles qui relient chaque bord de la tête des protubérances solaires rougeoyantes jaillissant au-dessus de votre tête.

 

Si vous restez un certain temps sur cette visualisation, s’installera une sensation de fluidité et de force. À ce moment-là surgira un calme profond, les pensées s’évanouiront de plus en plus. La respiration deviendra plus lente et  plus légère, ce qui augmentera l’intensité de conscience dans les différentes zones de la tête. Pourra naître une sensation de force qui pénètre  le cerveau. Cela amènera un certain rafraîchissement avec, parfois, des sensations de piqûres ou de fourmillements à la surface du crâne qui rentrent en profondeur dans le cerveau, un peu comme sous l’action des aiguilles d’acupuncture. Les sensations  peuvent aussi être comparées au poids d’un turban posé sur la tête.

Ces sensations pourront demeurer présentes un certain temps après la pratique. Il est possible qu’elles réapparaissent spontanément dans la vie quotidienne : il m’est arrivé plusieurs fois en conduisant que se produise une grande conscience de tous les détails de la route dans le silence du mental.

Je constate dans ma vie de tous les jours que ce travail produit une stimulation du cerveau. Il vivifie l’énergie cérébrale, je pourrais dire que c’est une énergie vitale renouvelable qui doit probablement stimuler le champ électrique des neurones dans le cerveau.  Le Pr Jon Kabat-zinn à mentionné à plusieurs reprises dans son dernier livre(2), les effets préventifs et thérapeutiques sur la maladie par l’utilisation de la méditation et du yoga, surtout sur les malades dépressifs dans les cliniques du stress au U.S.A.

Ce type de méditation me donne une grande force face aux événements difficiles qui ne perturbent  plus la partie émotionnelle de moi-même. Cela pourrait correspondre aussi à la stimulation du chakra coronal appelé sahasrara* selon la tradition hindoue.

Les émotions (stress, angoisses, peurs, chocs émotionnels… prennent source dans le plexus solaire. Ce plexus est également en lien avec le chakra manipura**.  La glande (amygdale) située dans le lobe temporal du cerveau (Dessin 2), permet de mémoriser le souvenir de l’émotion venant du plexus.  Elle joue un rôle clé dans les émotions et surtout dans la peur***. La méditation agit sur l’amygdale et  permet de rester dans une attitude stable et non perturbée. Selon une étude (3) menée par des chercheurs de l’hôpital du Massachussets à Boston (U.S.A) elle modifie de façon durable le fonctionnement du cerveau.

 

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Amygdale (en rouge) située dans le lobe temporal du cerveau.

Publication : Journal de la Science (Novembre 2011)

 

Il est évident qu’il faut travailler cette technique régulièrement, surtout au début, pour accroître progressivement les perceptions et les sensations. Au début on peut ne rien percevoir, il ne faut pas se décourager, petit à petit la sensation apparaît, de plus en plus forte et, avec l’entraînement, elle devient pratiquement spontanée, s’intensifiant avec la durée de la méditation.

 

Très belle journée, Namaste

© Photo : iStock

 

*  Sahasrara chakra : situé  au dessus de la tête, il active la sphère coronale.

** Manipura chakra : situé dans la colonne vertébrale au niveau du ventre, a une action de stimulation du plexus solaire.

***ref : »neuroscience »à la découverte du cerveau du Pr André Niellon p. 594

(2)  livre au cœur de la tourmente, la pleine conscience édition : j’ai lu

(3)  ref : revue « frontiers in Humain Neuroscience 1 nov 2012