La réalité des bandhas

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Par Bernadette de Gasquet,

 

Tout pratiquant régulier de yoga a déjà entendu parler des bandha, ces « verrous » que l’on contracte pour conserver l’énergie en soi. Les écoles de yoga donnent souvent des approches différentes voire contradictoires pour les engager. Bernadette de Gasquet nous offre ici une description anatomique de ces fameuses clés énergétiques.

 

Les bandha sont des actions volontaires de remontée qui partent du périnée et s’acheminent jusqu’à la gorge. On pointe trois niveaux : Mûla bandha, au niveau du périnée, Uddiyâna bandha, dans le diaphragme, et Jâlandhara bandha, dans la zone de la gorge. Pour que ces actions fonctionnent à la fois sur le plan anatomique et énergétique, il faut que l’on soit dans un bon alignement. Au niveau énergétique ces contractions aident la kundalinî (l’énergie lovée en bas de la colonne vertébrale) à remonter à travers les chakras.

 

Les 3 bandha

Activer Mûla bandha consiste à remonter l’anus dans une contraction ascendante. Cela attire les fessiers dans la raie des fesses et tire le coccyx vers l’avant. In fine, cela referme la partie inférieure du bassin et évite ainsi la fuite énergétique vers le bas. Pour que cette action soit complète, il faut la faire suivre d’une expiration. Or, l’expiration se fait grâce au refoulement du diaphragme par la musculature abdominale.

Uddiyâna bandha consiste à remonter le diaphragme au-delà de ce que fait déjà l’expiration « naturelle ». Pour cela, il faut écarter les côtes et prendre consciemment le relais du périnée. Par ce travail, le diaphragme remonte plus que d’habitude. Et par effet rebond, sa descente aura plus d’amplitude que d’habitude. Tous les organes qui se trouvent sous le diaphragme (reins, viscères, vessie, etc.) sont emportés dans sa course vers le haut puis vers le bas. Il y a donc un puissant massage, un drainage, une circulation du sang mais aussi un travail d’élasticité du périnée. En effet, lui aussi est aspiré dans la course du diaphragme. Toutefois, pour que le diaphragme puisse pleinement remonter il faut que le sternum puisse remonter ; c’est là qu’intervient le troisième verrou.

Jâlandhara bandha consiste à étirer la nuque et à reculer les cervicales, autrement dit à reculer le cou. In fine, ce mouvement tire le sternum et la poitrine vers le haut grâce à la contraction des muscles scalènes et sterno-cléido-mastoïdiens qui vont de la base du crâne au sternum. Abaisser le menton jusqu’au sternum est une erreur car cela fait une pliure au niveau de la nuque, ce qui ne permet pas un bon alignement.

 

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Très belle journée, Namaste

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