La vision du « moi » dans la tradition indienne

La vision du Moi

Qui suis-je ?

En Occident on réduit souvent le « moi » au corps physique et au mental. L’approche orientale est beaucoup plus large. Je partagerai avec vous l’approche Indienne et Tibétaine qui nous donnent à réfléchir sur la richesse de notre être.

TRADITION INDIENNE

Dans la tradition indienne, d’après le Taittiriya Upanisad, le « moi » est représenté comme différents corps qui s’empilent les uns à l’intérieur des autres un peu comme des poupées russes, ils sont appelés les Koshas. D’ailleurs, en sanskrit le mot « Kosha » signifie « étui », « fourreau » ou encore « enveloppe ».

La première couche, celle la plus profonde, est « Annamaya kosha », ce qui correspond au corps physique. Elle est la forme la plus grossière de notre être. L’enveloppe suivante est appelée « Pranamaya kosha », c’est le corps énergétique. Elle est essentielle à notre santé car toute maladie qui se manifestera dans le corps, au niveau d’ « Annamaya kosha », aura des prémisses au niveau de cette couche. Au-delà se trouve « Manomaya kosha » qui désigne la partie de notre être en lien avec le « Mana », c’est-à-dire le mental en sanskrit. Il s’agit du mental inférieur c’est la partie de notre esprit qui organise, qui ressent avec les cinq sens. Dans la sagesse indienne il y a un autre niveau du mental, celui dit « supérieur », qui correspond à notre intellect et notre capacité à discerner. Il se situe au niveau de la couche suivante, « Vijnanamaya kosha ». Enfin la dernière enveloppe est « Anandamaya kosha », ou corps de félicité, elle correspond à notre aspect divin, notre corps de lumière.

TRADITION TIBETAINE

On retrouve des présentations en couches dans les textes bouddhiques même si elles sont légèrement différentes. Dans cette dernière approche le « moi » est représenté comme un oignon à plusieurs peaux interconnectées. Celle la plus extérieure est « le corps physique » que nous connaissons assez bien. En effet il est facile pour nous de ressentir notre corps, on peut expérimenter la douleur d’une blessure ou la sensation de bien-être d’une caresse. En-dessous se trouve une couche plus subtile « le souffle », si vous pratiquez le Yoga vous avez peut-être l’habitude de ressentir cet aspect du « moi », et vous avez pu expérimenter que si vous respirez bien votre corps se sent mieux. Inversement on a tous pu remarquer que quand nous sommes malades avec des douleurs physiques notre souffle est raccourcit. Encore un peu plus profond se trouve ce que les tibétains appellent « les vents », ce qu’on peut assimiler à l’énergie. De même les pratiquants de Yoga peuvent constater qu’après une séance où on respire profondément et en conscience, l’énergie circule mieux dans le corps. Par contre si notre énergie est faible, notre respiration en est affectée. Un degré en-dessous se trouve la couche des « pensées » si notre énergie est bonne, on a tendance à ressentir des pensées positives (avez-vous remarquez qu’après une séance de yoga on a envie de sourire et de faire du bien aux autres ?). De même si on développe des pensées positives notre niveau énergétique s’élève. D’ailleurs Matthieu Ricard, moine bouddhiste français, à accorder beaucoup de son temps à mesurer scientifiquement l’effet positif de la méditation de compassion sur notre bien-être, et ce schéma du « moi » en oignon nous permet de comprendre comment cela est possible. Enfin la couche la plus profonde est le « Karma », qui sont des empreintes que nous créons dans notre mental par nos pensées, paroles et action et qui reviendront à nous plus tard par une expérience similaire. Ainsi dans la sagesse tibétaine ancienne le karma influence notre façon d’expérimenter le monde.

LES OUTILS DU YOGA

Le Yoga, d’origine Indienne ou Tibétaine, recherche à équilibrer tous ces corps. J’aime penser au Yoga comme une boîte à outils pour le bien être. Nous pouvons choisir dans celle-ci pour nous aider à nous rééquilibrer. Donner un accent sur le mental en choisissant de méditer, ou développer notre respiration avec le Pranayama, ou encore s’occuper du corps avec les postures (asanas) ou notre alimentation. C’est par la richesse de ces différentes approches, qui vient de la compréhension de qui nous sommes, que l’on peut dire que le Yoga est un véritable art de vivre !
Retrouvez Cécile Roubaud dans le dossier racine du yoga sur le Yin Yoga dans votre magazine N°9

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