Le chat du Sri Lanka

Le chat du Sri Lanka

Par Cécile Soherty-Bigara

 

Sri Lanka, été 2016. Plages dorées, douceur de vivre… et turista. Oui, tu vas lire ce genre de récit de voyage. Accroche-toi, c’est la guerre contre les mauvaises bactéries intestinales !

 

Allongée sur le lit d’une guest house, bercée par le « fan-fan-fan » du ventilateur, j’ai une turista première classe. Elle m’a détruite pendant sept jours et m’a recrachée par terre comme une malpropre. À la fin de ce voyage intestinal, je ne me reconnais pas.

Ce n’était pas un démon sri lankais qui avait pris possession de moi ni un coup au moral porté par une mauvaise expérience. Je vous le dis comme je l’ai vécu : je n’étais plus vraiment moi-même. Ça me rappelle une découverte passionnante que j’ai apprise grâce à Giulia Enders dans son ouvrage Le charme discret de l’intestin. La scientifique y explique de quelle manière de mauvaises bactéries intestinales prennent le dessus dans le ventre d’un chat et finissent par prendre le contrôle de son cerveau ! Le chat se met à manger des aliments et à faire des choses qui mettent en péril sa vie mais qui nourrissent ces bactéries prolifératrices. Je suis ce chat ! Les pensées qui tournent dans ma tête sont horribles – je connais mon degré « d’horrible » habituel, mais là ça va beaucoup plus loin ! Mes sens s’excitent à l’odeur d’un plat de fruits alors que la moindre crudité pourrait me terrasser. J’essaye de négocier avec mon copain pour qu’il me laisse (juste) lécher un morceau d’ananas. Et globalement je n’ai plus envie de rien.

De retour en France, j’ai envie de faire voyager le curseur de mes bactéries intestinales jusqu’à l’autre bout de l’échelle. Pour voir ce qui se passe quand les bonnes bactéries refont la fiesta ! Et voici ce que j’ai fait. Premièrement, même si j’adorerais que la réalité soit différente, il me faut accepter que le petit déjeuner café-tartines-beurre est la pire chose par laquelle commencer la journée. Pas étonnant que la France soit tristoune : ce petit déjeuner n’offre que quelques miettes de bonne énergie à nos cellules, à notre cerveau et à notre intestin. Je reprends donc mes bonnes habitudes : deux matins à base de jus vert et de tartines d’avocat, le reste de la semaine un bon porridge aux flocons d’avoine, épices, amandes et chocolat. Cure de probiotiques pendant 21 jours car mon système immunitaire était au plus bas ; c’est aussi valable lorsqu’on est constipé. J’ai aussi fait le plein d’aliments riches en fer. Les femmes qui ont leur cycle menstruel sont vraiment susceptibles de se sentir découragées au quotidien à cause d’une carence en fer. Donc place au tahin, aux abricots secs, aux haricots rouges, aux lentilles, aux feuilles vertes et au quinoa. Et à beaucoup d’organisation !

Bien manger, c’est surtout une question de confiance dans la cuisine. Courses le week-end pour éviter les virées à Biocoop à 19 heures alors que j’ai la tête remplie comme une pastèque, cuisine le dimanche pour congeler deux portions de repas complet à utiliser comme coup de pouce pendant la semaine et la règle d’or du chat qui ne se fera plus avoir : toujours réserver une portion de mon dîner du soir pour le lendemain midi. Ah, la vie redevient facile !

Hier soir j’ai vu passer un texte sur Instagram. Regardez sur la page de droite… Un peu d’humour et beaucoup d’épinards nous mèneront loin !

 

Très belle journée, Namaste

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Photo : Cécile Doherty-Bigara pour Yoga Journal France.