Le Yoga du Rire, un sérieux outil de travail pour les sophrologues

Rire de rire

Par Marcella, Sophrologue

 

 

Le rire d’accord… Le yoga d’accord…

Mais le Yoga du Rire vraiment ?

 

Exactement.

Comme son nom l’indique, les exercices de rires, combinés avec des exercices de respiration issus du yoga, ont donné naissance au Yoga du Rire.  Le principe fondateur de ce « yoga » pas comme les autres, étant que le cerveau ne fait pas la distinction entre un rire simulé et un rire spontané.

 

Cette apparente simplicité d’action (et de réponse immédiate à l’action), participe probablement à cette vague du rire dit thérapeutique. La « méthode du rire » est si simple d’accès, si universelle et si « rassemblante », qu’elle suscite depuis quelques années, l’engouement des entreprises, établissements scolaires, maisons de retraite et autres collectivités, pour cette discipline.
Je ne vais pas faire ici un cours théorique sur le Yoga du Rire, son origine, son originalité, son protocole très spécifique. Il existe d’excellents articles  et vidéos très complètes en ce domaine, mais simplement relater mon expérience et mon ressenti de sophrologue dans la peau d’une animatrice du Yoga du Rire.

 

En tant que sophrologue, je me forme et me spécialise régulièrement dans le domaine de la sophrologie.

J’ai effectué la formation pour devenir animatrice de Yoga du Rire* à Paris il y a un an. J’étais légèrement dubitative sur l’intérêt du sujet, pour moi très éloigné de la sophrologie… Mais les circonstances ont fait que je me suis lancée. Il se trouve que pendant ce week-end de formation, je n’avais plus du tout de voix et me sentais fiévreuse, à côté de la plaque. Pourtant j’ai beaucoup ri et mon rire a beaucoup fait rire les autres participants puisque c’était un rire aphone ! le comble du rire : rire sans voix, une expérience à vivre…

J’y ai rencontré de belles personnes, pour la plupart sophrologues, qui était déjà prêtes à signer des contrats d’animations dans des structures, il ne leur manquait plus que la validation de la formation. J’étais admirative…et plutôt loin de leurs objectifs. Puis la semaine a démarré et si je n’avais pas tout à fait conscience d’avoir appris quelque chose d’important, je savais que j’avais vécu un moment très spécial.

Au 4e jour de la semaine qui suivait, j’ai traversé une matinée particulièrement épuisante où absolument rien n’allait. Enfin rien n’allait comme je le voulais. Mes options du moment étaient aux choix : m’arracher les cheveux, me les teindre en vert pomme, casser mes stylos, renverser mon bureau, désosser mon siège, hurler, gémir sur mon triste sort en rampant au sol ou tout cela à la fois, bref j’étais énervée, quand l’idée m’est venue de faire « ce truc de rire à n’importe quel moment pour absolument n’importe quoi et de préférence pour quelque chose de pas drôle du tout ». Et me voilà assise sur ce siège de bureau que je souhaitais quelques secondes avant démolir, bien résolue à vivre le rire graduel qui consiste à sourire d’abord puis rire tout doucement puis augmenter le volume du rire jusqu’à hululer sans retenue. Toute seule. Parfaitement. Et j’ai pleuré de rire de m’entendre rire. Au bout de 5 mn qui m’ont semblé être 1h j’étais vidée groggy, soulagée, étonnée…. Et totalement VDR (Vivante De Rire). J’avais bel et bien vécu une matinée formidablement chaotique, cela n’avait pas changé, mais je n’en étais plus tellement contrariée, et même, je trouvais ça plutôt drôle.

 

Cet exercice solitaire n’a pas été renouvelé (bien que cela soit conseillé par les formateurs), il n’en reste pas moins qu’à chaque fois que je me sens en galère, l’adage « mieux vaut en rire » prend corps en moi. Je laisse le rire se glisser dans mes veines plutôt que le mauvais sang… J’inspire l’idée du rire et lorsque je souffle, déjà, je sens se propager dans mon corps une onde de légèreté joyeuse qui m’éloigne pacifiquement du stress.

 

Cette toute première expérience réussie de rire en solitaire m’a incitée à rédiger un dossier pour communiquer autour du Yoga du Rire (un mélange d’informations relevées dans le manuel d’animateur et de notes plus personnelles) et puis cela est resté en l’état jusqu’à ce que j’aie l’opportunité de coanimer des séances de Yoga du Rire au sein d’un Club de rire d’abord (Club de Rire Paris 13e Laurence Eton) puis en entreprise.

 

A priori, le Yoga du Rire semble assez éloigné de la sophrologie.

Et pourtant il existe entre ces deux méthodes une belle complémentarité de savoir-faire et la posture de sophrologue est intéressante à plus d’un titre. Je m’explique en me servant de ma propre expérience.

 

Pour commencer, on arrive dans une salle inconnue, qu’il va falloir adapter à notre séance, ce qui n’est pas d’une folle évidence. Il faut s’organiser rapidement et dans le calme, exercer sa capacité à gérer une « prise d’espace optimale ». Puis lorsque l’animation est annoncée, faire face à certains regards méfiants, quelques paires d’yeux levés aux ciels (non mais Oh quoi Yoga du Rire ? qu’est-ce que j’ai fait pour mériter cette punition ?), réaction parfaitement légitime lorsque l’on n’est pas habitué à vivre ce type de séance. Dans cette phase, nous sommes en plein cœur du principe d’adaptabilité… Qui rapidement, se mue en principe d’alliance avec les participants puisqu’il est nécessaire d’accueillir et intégrer le scepticisme perçu chez les participants. Accueil inconditionnel, compréhension et zéro jugement sont de mise et la relation privilégiée peut s’installer confortablement en peu de temps.

Le schéma corporel comme réalité vécue, quant à lui a toute sa place lorsque l’on sait que le schéma corporel est lié à l’expérience motrice et aux ressentis musculaires et cinesthésiques qui permettent l’intégration à l’espèce humaine. Au cours des exercices souvent également mimés, le participant réinvestit son corps de la façon la plus précise, la plus réaliste possible dans le vécu de l’instant présent. Il prend conscience de ses ressentis, ici et maintenant.

Quant au principe d’action positive, il coule de source, puisque l’action de rire, sensation corporelle positive, agit de façon ultra positive sur le mental.

 

Pour finir en lumière sur les principes fondateurs de la sophrologie en connexité avec le Yoga du Rire je dirais que la posture verticale du sophrologue, les deux pieds ancrés au sol, la tête légèrement relevée vers le ciel, permet un déroulé apaisé et efficace de la séance.
Quand je suis un être vertical capable d’apprécier ma propre présence, cela se ressent, et face à cette verticalité, se dresse l’éblouissante verticalité de celles et ceux qui dans cette pièce, expérimentent les jeux de rires avec moi.

 

Retrouvez Marcella sur ses sites :

www.sophropower.com | www.bureaudemarcella.com

 

Formation Yoga du rire Nathalie Gueth-Vallet

http://www.sophrologie-evolution.fr/formation-animateur-yoga-rire-paris/

 

Très belle journée, Namaste

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Illustrations  : Collection « Joies » by m&p

 

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