Le yoga est-il un sport ?

Group of young sporty people in Warrior one pose, studio

Par Raphaël Voix,

 

Depuis 2014, profitant du succès planétaire du yoga, le gouvernement indien a fait de ce dernier le fer de lance de son « soft power » sur la scène internationale : création d’un ministère spécifique, résolution établissant la journée internationale du yoga à l’Onu et reconnaissance du yoga comme patrimoine national de l’humanité par l’Unesco. Il vient néanmoins de renoncer à classer le yoga comme « sport ».

Compétition de postures

En septembre 2015, le ministère indien des Sports décrète que le yoga est un « sport » et l’inclut dans la liste de ceux considérés « prioritaires », ouvrant ainsi la voie à son financement étatique. Organisatrice de championnat de postures, la Fédération indienne de yoga se réjouit de ce décret et y voit un premier pas vers la reconnaissance du yoga comme « sport olympique ». Quatorze mois plus tard, le 21 décembre 2016, le ministère se rétracte : il déclare que « le yoga a diverses dimensions dans lesquelles les compétitions ne sont pas possibles » et conclut que « le yoga ne peut pas être qualifié comme un sport.» Ce revirement est symptomatique tant de la spécificité du label « sport » que de la complexité à légiférer sur la nature du yoga.

L’invention du sport

Dans l’histoire de l’humanité, la catégorie de « sport », au sens strict, est relativement récente. Elle naît au XIXe siècle, d’une volonté de réforme morale et pédagogique qui s’incarna dans la compétition institutionnalisée encore en vigueur aujourd’hui. Pour les spécialistes, trois éléments sont indispensables à la reconnaissance d’une activité physique comme « sport » : une standardisation du cadre social et temporel de la pratique qui permet sa reproductibilité à l’échelle nationale ou internationale ; l’établissement d’un ensemble de règles et/ou de critères d’évaluations ; des institutions bureaucratiques hiérarchiquement liées entre elles (fédérations régionales, nationales et internationales), garantissant le respect de ces derniers. Or, si différents groupes de yoga organisent des championnats de postures, ils ne s’entendent ni sur le type d’épreuves ni sur les critères d’évaluations, tandis que de nombreuses écoles s’opposent à de telles compétitions qu’elles jugent contraires à l’esprit même du yoga.

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