Le yoga leur a redonné le goût de vivre

Balanced mind and body

Par Saly Wadyka

 

Certaines expériences de la vie vous permettent de découvrir une force dont vous ne soupçonniez pas l’existence. Enterrer un être cher, vivre rongé par la douleur, perdre sa mobilité et son indépendance… autant d’épreuves qui peuvent faire surgir un potentiel caché pour lutter contre la souffrance. Pour de nombreuses personnes, la pratique du yoga est justement la clé pour accéder à cette puissance intérieure.

 

« Quand on pratique le yoga, on fait le vide pour reprendre contact avec sa véritable nature, au-delà de l’histoire et de la tragédie. Cela permet de retrouver l’espoir », explique Amy Weintraub, directrice fondatrice du Lifeforce Yoga Healing Institute (à Tuscon, en Arizona, aux Etats-Unis), et auteure de « Le yoga pour traiter la dépression ».

La philosophie du yoga enseigne que tous les niveaux du corps et de l’esprit sont reliés : le système musculo-squelettique, la respiration, les émotions, le mental et le spirituel. Lorsqu’on traverse une crise ou une tragédie, les muscles se raidissent et la respiration peut se restreindre, car « Le corps se souvient des endroits où nous avons accumulé des traumatismes et des pertes, même si nous pensons en avoir fait le deuil », détaille Amy Weintraub. Le fait de pratiquer le yoga en se concentrant sur la respiration et les sensations libère des blocages dans votre corps physique, en vous laissant exploiter et traiter votre état émotionnel, tout en vous ouvrant sur votre véritable nature.

« Peu importe que la pratique soit douce ou dynamique, son impact peut être profond », assure la fondatrice du Lifeforce Yoga Institute. « Le yoga permet de calmer un état anxieux, d’améliorer un état dépressif et, d’une manière générale, de mieux gérer toutes les situations. Dans l’acte de prendre soin de soi, il donne de la force. »

De plus en plus de recherches attestent des bienfaits du yoga sur la vie de personnes souffrant de stress post-traumatique. Ces bénéfices sur l’amélioration de la variabilité de la fréquence cardiaque (mesure du stress chronique et du stress post-traumatique), le contrôle des émotions et de la douleur ont été prouvés.

Mais si la recherche apporte des preuves tangibles, les histoires vécues sont souvent bien plus convaincantes. Les personnes dont les témoignages sont recueillis dans ces pages ont vécu des expériences extrêmement pénibles. Leur ténacité, leur courage et leur guérison vous inspireront pour affronter les obstacles de la vie, qu’ils soient grands ou petits. Ils vous aideront à garder espoir, même dans les moments les plus difficiles.

 

Témoignage : Claire Copersino

Après avoir perdu sa moitié décédée d’un cancer, elle retrouve pleinement le goût de vivre.

 

La première fois que Claire Copersino a rendez-vous avec son mari, Rocco, c’est à un cours de yoga, en 1997. « Le yoga a vite fait partie intégrante de notre relation », se souvient-t-elle. Quand ils se rencontrent, Rocco est en rémission d’un lymphome non hodgkinien, au stade III. Après la première phase de traitement, Rocco va bien et se sent prêt à croquer la vie à pleines dents. Ils se marient trois ans plus tard. Claire a alors 31 ans. Ils ouvrent un magasin de produits naturels à North Fork (Long Island), au début l’année 2000.

En mars de cette même année, Claire doit suivre une formation d’un mois pour enseigner au Kripalu Center, dans le Massachusetts. Juste avant son départ, le cancer de Rocco ressurgit et Rocco entame un nouveau traitement de chimiothérapie agressive. « C’était dur de partir, mais il a insisté pour que je continue à vivre ma vie », raconte Claire. Elle fait sa formation et dès son retour, Rocco l’aide à créer un studio de yoga dans un local à côté de leur magasin. Ils vivent encore deux belles années ensemble avant que Rocco ne s’éteigne, en août 2002.

La vie de Claire bascule. « Il était tout pour moi », confie-t-elle. Cet hiver-là, la jeune professeure de yoga lutte pour affronter la vie sans sa moitié. Un nouveau studio d’ashtanga vient d’ouvrir près de chez elle. Claire se lance dans une pratique rigoureuse. Elle se lève tous les jours à 5 heures pour transpirer en faisant des salutations au soleil, souvent après des nuits sans sommeil à penser à son mari qui lui manque tellement. « Le yoga m’a donné un but, une raison de me lever le matin. C’était un rituel, comme d’aller à l’église. Quoi qu’il arrive, je me disais que chaque jour était un nouveau départ. »

Claire évacue physiquement son chagrin et résiste au désespoir en pratiquant l’ashtanga de manière intensive. Elle pleure tous les jours sur le tapis, libérant ainsi ses émotions. « La pratique avait quelque chose de purifiant », se rappelle-t-elle. « Elle m’a permis de faire circuler ma peine à travers mon corps, en évitant qu’elle reste bloquée à un endroit. »

Petit à petit, Claire reconstruit sa vie et se remet à donner des cours avec le soutien de sa communauté de yoga. Des personnes qu’elle connaît à peine lui apportent à manger, des cadeaux, ou lui offrent simplement leur compagnie. « Ce cercle autour de moi m’a tirée vers le haut », commente-t-elle. En 2006, elle débute un nouveau chapitre de sa vie en donnant naissance à un fils, qu’elle aime aussi profondément que Rocco. Récemment, elle a réouvert son studio de yoga et a déjà constitué un bon groupe d’élèves. « Le yoga est la première chose que Rocco et moi avons fait ensemble », témoigne-t-elle. « Je savais que, pour lui, je devais tout faire pour être heureuse. Je l’ai toujours su au fond de moi, même dans mes plus mauvais jours. »

 

Découvrez les témoignages de Joe et Brettan la semaine prochaine.

 

Très belle journée, Namaste

 

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