Les 10 leçons reçues de mes professeurs de yoga qui ont changé ma vie

Yoga on the Beach

Par Gina Tomaine

 

Quand notre professeur de yoga tape dans le mille !

 

Je vais être tout à fait honnête avec vous : quelquefois, lors d’un cours de yoga, ce que raconte le professeur n’est ni plus ni moins que du charabia pour moi, malgré tous ses efforts pour faire passer le message (je ne sais toujours pas ce qu’est le centre de mon troisième œil, par exemple). D’autres fois, le professeur m’expose une idée très intelligente, mais je ne suis pas dans le bon état d’esprit à ce moment-là, alors je déconnecte et me concentre sur quelque chose qui me paraît infiniment plus important : ma liste de choses à faire, ou les mille façons dont j’aurais pu améliorer tel ou tel projet.

Puis il y a ces fois où je suis non seulement en phase avec ma pratique, mais aussi avec ce que le professeur cherche à partager avec nous. Et il arrive qu’il ou elle dise exactement ce que j’ai besoin d’entendre, pile au moment où j’ai besoin de l’entendre. Les étoiles sont alignées, et je ressens ce qu’on est censé ressentir lorsqu’on cherche à intégrer la méditation à sa pratique : paix, compréhension et acceptation. Dans ces moments-là, je me rends compte que le yoga invite à cette transcendance à laquelle j’aspire à chaque fois que je déroule mon tapis.

Besoin d’inspiration ? Voici les 10 leçons les plus enrichissantes que j’ai reçues de mes professeurs de yoga, celles qui ont changé ma vie.

 

1 – Va chercher plus haut, ça te stabilisera

Un jour, nous étions plusieurs au cours à éprouver des difficultés dans Vrkasana (la posture de l’arbre), à perdre sans cesse l’équilibre. Le professeur nous a alors dit d’aller chercher plus haut. Elle nous conseillait simplement d’aller un peu au-delà de ce qui nous était accessible à ce moment-là, afin de réussir la posture dans son ensemble. Et elle avait raison. Depuis, dès que je me sens bloquée au travail ou que je passe une semaine particulièrement difficile, je me rappelle qu’il faut aller chercher plus haut, plus loin que ce qui est là sous mes yeux. Et à tous les coups, les petites choses s’alignent et tout fonctionne.
2 – Si tu veux une réponse de l’univers, tourne les paumes vers le ciel. Si tu veux une réponse de l’intérieur de toi-même, tourne-les vers le bas

Cette phrase, un professeur l’a prononcée alors que nous étions assis en Sukhasana (posture simple) à la fin d’une séance. Le simple fait de pouvoir choisir m’a semblé d’une immense profondeur ; et faire la distinction entre ces deux options a changé la manière dont j’aborde les problèmes. Ce principe m’a permis de comprendre que je n’ai pas toujours réponse à tout, et que je peux laisser l’univers me guider, laisser la vie suivre son cours.
Prenez conscience de vos moments d’égoïsme. Transformez-les en moments de gratitude

Il m’arrive parfois d’avoir une matinée stressante (j’oublie mon ordinateur portable à la maison et dois faire demi-tour, ou bien un article que j’écris ne prend pas la tournure que je voulais lui donner), et j’ai l’impression que c’est la pire chose qui puisse arriver à qui que ce soit. Ce professeur m’a rappelé qu’il est non seulement idiot de faire toute une histoire de petits désagréments, mais que c’est également égoïste et que ça rend malheureux. Mieux vaut – et c’est bien plus sain – être moins égocentrique et faire preuve de gratitude à la place : mon ordinateur fonctionne ; j’ai la chance de vivre de ma plume.
Soyez bienveillant envers vous-mêmes

Je suis la reine de l’auto-dénigrement. Pas besoin d’être un génie pour comprendre que cette tendance est néfaste, mais j’ai parfois besoin de ce petit rappel : me dire que je suis bête parce que je n’ai pas fait ce que j’avais l’intention de faire ne rend service à personne. La simple habitude de transformer toute remarque désobligeante envers moi-même en pensée bienveillante a un prodigieux effet rédempteur.

J’ai passé une mauvaise journée. Mais il n’y a rien de mal à cela

Au début d’un cours qui commençait à 6h du matin, le professeur nous a annoncé d’emblée qu’elle passait une mauvaise journée. Elle avait mal à la jambe, était en retard au studio, et il pleuvait par-dessus le marché. Mais elle était là. Et, nous a-t-elle dit, se concentrer sur le cours et nous aider l’a, en fin de compte, aidée elle aussi. Elle ne se reprochait pas de passer une mauvaise journée – elle l’acceptait et avançait malgré tout. Depuis, j’essaie de garder ça à l’esprit les jours où tout va de travers. Quelquefois, se dire qu’il n’y a aucun mal à cela est une petite révélation en soi.

Décidez de ce dont votre corps est capable, sans vous soucier de ce que fait votre voisin de tapis

J’ai tendance à avoir l’esprit de compétition – même au yoga, alors que je devrais concentrer mon mental sur moi-même et sur ma pratique, sans me demander si ma Créature sauvage a l’air assez digne. J’ai souvent grand besoin qu’on me rappelle de me focaliser sur mon propre tapis, mon propre esprit, mon propre corps. Et ça ne vaut pas que pour le yoga, mais aussi pour le travail, dans mes interactions avec mes amis, sur Instagram. Si je ne prête attention qu’à mes propres aptitudes et donne le meilleur de moi-même, je suis bien plus heureuse et plus productive que si je ne cesse de me comparer aux autres.

Si quelque chose dans votre vie vous fait du tort, remerciez-la pour la leçon – et laissez tomber cette me*de.

Il y a des jours où on a juste besoin que quelqu’un nous dise les choses comme elles sont, sans chichis, et avec humour. Je souffre souvent à cause de ma tendance à rester attachée trop longtemps, que ce soit à une relation, à une dispute, ou à un projet dont j’essaie de forcer la concrétisation ou l’accomplissement. Ce professeur m’a rappelé qu’il n’y a pas de mal à laisser tomber « cette me*de » (et qu’il n’y a pas non plus de mal à rire d’un professeur qui lâche un gros mot à point nommé en plein cours de yoga).

Parfois, on a juste besoin d’étendre les jambes contre le mur. Pourquoi ? Parce que parfois, moins, c’est plus.

Je cherche toujours à dépasser mes limites – dans la vie, au travail, et même au yoga. J’ai donc beaucoup de mal à saisir ce concept. Alors quand un professeur nous a dit ça juste avant de nous demander de nous placer dans la posture réparatrice de Viparita Karani (la posture des jambes contre le mur) plutôt qu’en Salamba Sarvangasana (la Chandelle soutenue) ou en Sirsasana (posture sur la tête), j’ai trouvé ça très fort. Je pense que cette injonction à choisir une posture plus réparatrice, moins compliquée, peut en réalité nous donner un plus grand sentiment de puissance. Cette leçon ne m’a plus quittée depuis.

Faites comme l’arbre. Restez connecté à la Terre. Tout ce qui nous empêche d’être en paix se dissout dès que l’on s’ancre dans le sol

Cette leçon pourrait bien atterrir dans le royaume confus des citations zen, mais sur le moment, j’ai perçu son sens profond. Lorsque mes racines  se rappellent à moi – ma famille, ceux de mes amis qui me connaissent depuis des années, ces choses que j’aime faire au plus profond de moi et pas juste sur papier –, un sentiment de paix s’impose. Désormais, lorsque je traverse une période de doute ou que je perds confiance, j’essaie de me reconnecter à la Terre, à mes racines, à la personne que je suis.

10   « L’une des règles de base de l’univers, c’est que rien n’est parfait. La perfection n’existe pas, c’est aussi simple que ça. Sans l’imperfection, ni vous ni moi n’existeriez. »

Un professeur m’a lu cette citation de Stephen Hawking à une période où j’avais des doutes concernant un changement de carrière et remettais certains choix en questions. Je me sentais perdue, à la dérive. Même si c’était une citation et non une affirmation spontanée, elle a touché une corde sensible. Si rien n’est parfait (et c’est prouvé scientifiquement !), alors il est normal que mon parcours ne le soit pas non plus. Si rien n’est parfait, je ne saurai sans doute jamais exactement ce que je fais. Et si rien n’est parfait, eh bien c’est la nature-même de l’univers.

 

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