Les bruits d’air vaginaux

Yoga Grace

Par Bernadette de Gasquet

Enfin la réponse à la question que vous vous posiez toutes. Parfois, un bruit « inconvenant » s’invite au milieu d’une séance de yoga. Contrairement au pet anal -qu’il est possible de retenir, celui du vagin est incontrôlable. Bernadette de Gasquet nous explique pourquoi.

 

La chandelle, la montagne, le demi-pont, la posture sur la tête, le poirier, etc. toutes ces postures de yoga dites « inversées » sont susceptibles de nous faire « péter du vagin ». Elles ont en commun de placer le bassin au-dessus du thorax, position dans laquelle les viscères sont entraînés vers la tête par la gravité. L’anus ainsi que l’espace entre l’anus et le sexe suivent le mouvement et se trouvent aspirés passivement. Cette zone, qu’on appelle périnée, se détend tout en remontant vers la tête. Rien à voir avec la contraction volontaire du périnée (Mula bandha) où il s’agit d’engager les muscles. Contrairement à l’anus, le vagin n’est pas un sphincter : l’air peut donc entrer à l’intérieur lorsque le périnée est détendu, en posture inversée. C’est précisément au retour de la posture que l’air ressort avec souvent beaucoup de bruit. Imaginez une bouteille non bouchée et remplie à moitié de liquide : l’air entre automatiquement. Si l’on renverse la bouteille, ça fait « glouglou ». Il n’y a rien de pathologique à cela ! Gênées, les femmes essaient vainement de contracter le périnée en revenant de la posture, ce qui freine la sortie de l’air sans pouvoir l’empêcher, d’où encore plus de bruit, comme un ballon de baudruche qu’on dégonfle en pinçant le col.

Dire à ces femmes que leur périnée n’est pas assez musclé est aberrant ! Ce n’est pas au moment où l’on redescend qu’il faut serrer, mais avant de créer l’aspiration… si on peut.

 

Des différences morphologiques essentielles

Certaines femmes ont de petites lèvres vaginales très développées et très recouvrantes. Elles n’ont jamais de prise d’air alors que leur périnée peut être très faible et qu’elles ne l’ont jamais travaillé. D’autres ont des fentes vulvaires très peu recouvertes, comme une vulve de petite fille, et dans ce cas, l’air rentre facilement.

Autre différence : après un accouchement, il n’y a plus d’hymen. L’orifice externe du vagin est plus ouvert et l’utérus plus mobile… Il y a donc plus d’air qui pénètre et les mouvements de l’utérus font beaucoup plus l’effet de pompe aspirante et refoulante. La forme du sacrum peut aussi être un facteur amplificateur : une concavité sacrée très creuse rajoute un effet « caisse de résonance ». Si, de plus, la femme est très laxe, ce qui est souvent le cas des yoginî, les ligaments qui soutiennent l’utérus sont aussi très lâches et le problème est majoré.

Difficiles à gérer dans le yoga, ces bruits peuvent vraiment être très gênants dans la vie quotidienne. Par exemple, lors des rapports sexuels où la position inversée de la femme induit cette prise d’air alors que la dilatation vaginale physiologique accentue la résonance. Je le répète, le bruit se produira quelle que soit la qualité du périnée : c’est la position qui est déterminante.

Il n’y a donc pas de solution périnéale pure.

 

 

Bernadette de Gasquet, professeure de yoga et médecin spécialiste du périnée et de la femme enceinte.

 

Retrouvez l’intégralité de cet article dans votre magazine Yoga Journal n°12

 

Très belle journée, Namaste

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