Mandalas

Mandalas

Vous avez décidé d’emmener un mandala comme un de vos compagnons de l’été, ce choix est-il anodin ?

 

Tout d’abord, pourquoi la rondeur nous fascine ?

Regardons autour de nous, les exemples sont nombreux… Observez plus précisément une fleur ou plus prosaïquement un chou romanesco ! Que voyons-nous ? Un centre où tout autour la vie circule… Le fondement même de l’organisation de cette vie.

Notre cerveau, nos cellules, le ventre rond de la mère qui porte la vie,  les anneaux de croissance de l’arbre, le nid de l’oiseau, l’œuf d’où surgit la vie ou plus largement notre système solaire… Tous ces exemples sont l’image parlante d’une nature qui nous a ouvert son premier livre de mandalas.

L’humain, inconsciemment, s’en inspire très largement et de manière éphémère comme dans ses rondes de danses traditionnelles autour d’un foyer ou dans ses dessins aborigènes, mais aussi dans son habitat (tipi, igloo, yourte…), un hémicycle, un amphithéâtre, une place de village, le village en lui-même… Bref, à vous de découvrir cette rotondité qui nous ramène à nos origines… La cellule !

L’art sacré du mandala :

Dans le bouddhisme, il sert à la méditation.

En sanskrit, il signifie cercle magique et par extension sphère ou communauté ou univers…

Dans l’hindouisme, il est utilisé pour l’invocation des divinités.

Dans le jaïnisme, on l’emploie dans les rituels, mais il est plus simple dans sa structure.

Chez les chrétiens, on retrouve des rosaces (ressemblant à des mandalas) dans  les églises. Ce sont certains vitraux et ceux-ci ont pour objectif de capter la lumière pour se hisser vers le divin.

Le mandala inspire :

En littérature, le labyrinthe dans  » La légende du Minotaure », n’est-il pas une sorte de mandala ?

En psychanalyse, le mandala représente « le soi » d’après Carl Gustav Jung. Il aide certains patients à se recentrer, mais aussi à réduire leurs angoisses, leurs éparpillements et leurs stress. Ainsi, le mandala a son langage décrypté par les psychothérapeutes.

En art thérapie, le fait de se concentrer sur la fabrication d’un objet occupe l’esprit et peut aider à la créativité, mais en ce qui concerne le mandala, la forme est toujours la même (rond ou plus rarement carré) et son coloriage favorise l’émergence des réponses en soi. Le coloriage se fait comme on le souhaite, mais si le but est de se recentrer et de s’apaiser, il se fera de l’extérieur vers l’intérieur. Par contre, si l’on désire s’ouvrir sur le monde, ce sera de l’intérieur vers l’extérieur.  Les couleurs choisies montrent aux thérapeutes notre état d’esprit du moment. Sans s’en douter le mandala est le miroir de notre état d’âme.

Dans l’éducation de l’enfant :

Un exemple concret : lorsque je m’adresse aux enfants en sport adapté (handicap intellectuel et/ou physique) ou en ULIS (unité localisée pour l’inclusion scolaire), nous terminons souvent la séance par « le mandala de l’escargot ».  Ainsi, chacun façonne « sa maison escargot » avec l’aide d’une cordelette ou d’un ruban posé sur une surface plane que l’enfant tourne jusqu’à obtenir cette « coquille refuge » avec laquelle il refait à chaque fois l’histoire, celle qui lui est propre et qui évolue avec le temps, mais qui le ramène à son propre centre, celui de son intériorité qu’il extériorise à travers sa création.

Pour ce public, la symétrie des mandalas éphémères (qui peuvent se pratiquer seul ou à plusieurs, suivant le but recherché) aide l’enfant à trouver son équilibre dans la perplexité de sa vie intérieure qu’il ne peut exprimer par des mots.

Aujourd’hui…?

Le stress envahit notre quotidien, ainsi, on retrouve les albums de mandalas sur tous les étals des magasins. Cette mode est-elle donc une conséquence de notre vie trépidante qui nous invite à lâcher prise dans ce monde régi de contraintes ou est-ce peut-être une volonté de retour aux sources pour aller chercher l’essentiel au plus profond de nous-même ?

Dans tous les cas, ce cercle magique universel a le pouvoir de nous regrouper tous, adultes et enfants, quels que soient nos problèmes, notre religion… Ou juste pour le plaisir … Voilà sa force !

« SOYEZ VOTRE LAMPE, VOTRE ÎLE, VOTRE REFUGE. NE VOYEZ PAS DE REFUGE HORS DE VOUS MEME. « 
BOUDHA.

 

Catherine Bouru lessen-ciel.com

  • Cindy Chatelais

    J’ai toujours adoré le mélange de couleurs et les dessins. C’est super de pouvoir continuer en étant adulte. Les mandalas, le yoga, … tout ça fait tellement de bien :-). Merci pour cet article. Cindy http://cindy-chatelais.fr