Prânâyâma Anuloma Ujjayin

anuloma

Dans la pratique du Hatha-Yoga, une place fondamentale est accordée au contrôle respiratoire. Il prend le nom de Prânâyâma (maîtrise de l’Énergie vitale) que lorsque le souffle, devenu pleinement conscient, peut être allongé, amplifié et temporairement suspendu : les textes classiques du yoga disent alors qu’il a acquis une autre qualité car il est devenu « long et subtil » (Yoga Sutra de Patanjali chapitre 2 – verset 50).

Différentes techniques sont proposées dans cette pratique, et parmi elles, nous allons décrire une modalité de respiration par narines alternées appelée : Anuloma Ujjayin (la victoire sur les souffles expirés).

Avant de donner plus de précisions sur ce que signifie cette pratique, il est nécessaire de voir comment réaliser cette alternance du souffle. Le terme  « Ujjayi » la victoire, indique dans la pratique l’introduction d’un contrôle exercé au fond de la gorge au niveau des cordes vocales que l’on resserre, ce faisant, il y a ralentissement du flux d’air qui produit un son spécifique. Dans la technique qui nous intéresse, ce contrôle ne se fera que pendant l’inspiration par les deux narines. Pour l’expiration, qui se fera par une seule narine et silencieusement, par exemple avec la narine gauche, on replie l’index et le majeur de la main droite dans la paume de la main, le pouce servant à boucher cette narine droite, laissant la narine gauche libre.

 

Technique

On inspire par les deux narines en ujjayi, puis on bouche la narine droite avec le pouce de la main droite et on expire le plus longuement possible, toujours à son aise, par la narine gauche seulement. Puis, ayant relâché la narine droite, on inspire à nouveau par les deux narines avec le son ujjayi, on bouche la narine gauche avec le pouce de la main gauche et on expire par la narine droite. Ainsi on aura effectué un cycle de deux respirations. Il sera souhaitable de recommencer en effectuant au minimum 8 à 10 cycles.

Pour se familiariser avec cette technique, dans un premier temps il faudra être attentif à l’aisance et à la fluidité d’une longue expiration aisée, puis, ultérieurement il sera intéressant d’essayer d’allonger de plus en plus la phase expiratoire en instituant un ratio dans lequel par exemple l’expiration sera une fois et demi ou deux fois plus longue que l’inspiration, en introduisant, si on est toujours à l’aise, d’éventuelles suspensions de souffle après l’inspiration et après l’expiration. Ceci pourrait se faire en comptant mentalement et régulièrement le rythme suivant : inspiration 4 temps, suspension respiratoire 4 temps, expiration huit temps et suspension deux temps, donc ratio 4.4.8.2.

 

Effets

Cette façon de respirer permet d’allonger progressivement la phase expiratoire, ce qui va développer un état de calme et aboutit physiologiquement à une amélioration de la capacité respiratoire. En effet une expiration plus complète entraîne une meilleure évacuation des toxines et la venue d’une inspiration qui sera elle aussi  plus profonde. On pourra également constater, après cette pratique, une propension plus grande à l’intériorisation et à un sentiment d’équilibre intérieur.

 

Place dans une séance

Ces techniques calmantes et intériorisantes pourront être proposées:

  • Soit pour compenser une séance d’âsana très tonique
  • Soit pour calmer une situation de tension perturbante pour un sujet gêné par trop de stress ou d’excitation incontrôlée
  • Soit pour améliorer l’équilibre des polarités énergétiques d’une personne.

 

 

Boris Tatzky