Quand on n’a que l’amour…

Mikarama_amour

“Là où il y a amour, il y a compassion avec laquelle l’intelligence va de pair.”
Jiddu Krishnamurti

La nature de la pensée Par Mika de Brito

Le chemin de l’amour semble connaître mille et un sentiers différents. Il y a tant de formules, de rituels, de récitations de charmes, de mantras, de prières… tant de mots, d’écoles de yoga, de postures de yoga et de concepts philosophiques pour apprendre à ouvrir son cœur. On vous demandera de faire la posture du Chat, celle du Poisson, du Chameau ou bien celle du Pont. Ces postures de flexions arrière sont intimement liées au chakra du cœur, Anâhata. Cela semble si simple et pourtant comment se fait-il que l’amour soit si compliqué, que les techniques visant l’amour spirituel soient réservées à des initiés ? Pourquoi ces tourments alors que d’un point de vue biochimique, il suffirait de deux ou trois tablettes de chocolat pour arriver au même résultat ? Parfois je me demande pourquoi tant d’efforts alors qu’il nous suffit de tendre les bras, d’écouter et d’avoir le sens de l’autre. Le cœur est comme l’animal sauvage, inoffensif il devient dangereux lorsqu’il est blessé. Il nous faut parfois être forts pour rester du « bon côté de la Force ». En effet, chacun semble le vouloir, mais est-ce si naturel d’aimer ? D’avoir de la compassion ? Le cœur peut-il s’éduquer ? L’attachement est-il de l’amour ? Et l’envie d’aider et d’ouvrir son cœur est-elle forcément gage de justesse… Ne dit on pas que « l’Enfer est pavé de bonnes intentions » ? Face à ces questionnements, j’ai souvent remarqué que deux grandes forces nous traversent : l’amour et la peur. Bien souvent, ce que nous appelons l’amour et la manière dont nous le manifestons ne sont animés que par la peur. Mais l’unique peur est celle de véritablement se laisser aller à l’amour… Il n’est pas impossible de la combattre. Ayez confiance, lâchez prise, cultivez des valeurs telles que la compassion, la bienveillance. Certaines préconisations de Bouddha nous invitait à entretenir les quatre vertus incommensurables que sont justement la bienveillance, la compassion, la joie et l’équanimité. Il le faisait grâce à des entraînements de l’esprit, appelés « lojong »par les Tibétains, qui permettent de développer la bodhicitta, l’aspiration à vouloir libérer les êtres… c’est ce qu’exprime aussi le mantra « Lokah samastah sukhino bhavantu », « Que tous les êtres vivent libres et en harmonie ». L’amour spirituel est altruiste ou il n’est pas. Cette vertu miraculeuse nous pousse à franchir la frontière entre l’aspiration et l’engagement. Aiguisez seulement votre vigilance quant à la vraie nature de vos sentiments. Lorsqu’ils sont liés à la passion, guidés par la peur, animés par le désir ou les pulsions, le feu tourne alors quelquefois à la frustration, à la colère, à la jalousie. Pour être libres, il nous faudrait vivre « en amour », ou du moins en harmonie, et freiner ces pulsions négatives et ces peurs. C’est une équation facile à comprendre : nous n’aurions d’autre choix que de nous libérer les uns les autres. Mais en attendant, ne pourrions-nous pas commencer par nous tourner l’un vers l’autre et partager nos joies, nos peines ? Dans le dernier numéro de Yoga journal, j’écrivais que la douleur partagée est moins lourde à porter tandis que le bonheur, lui, s’en trouve décuplé. J’avais besoin de partager un espace vierge avec vous pour le remplir de bonnes intentions, de partager le yoga et tous les bons moments de la vie. Alors, si vous pensez ne pas être doué pour vous aimer vous-même ou pour aimer autrui, et si vous aspirez à l’amour inconditionnel, rappelez-vous ces vertus qui, déjà présentes, ne cherchent qu’à éclore. Si cela vous semble difficile, restez un peu plus longtemps dans la posture du Pont, récitez le sûtra du cœur… et tendez les bras !

Il y a seulement de la malchance à n’être pas aimé : il y a du malheur à ne point aimer. Albert Camus

Retrouvez Mika, notre yogi OVNI qui défraie la chronique en stage au Domaine du Taillé

Très belle journée,

Namaste