Qu’est-ce que le yoga ? Quels sont ses origines et ses évolutions ?

Sadhu is meditating in boat on Holy Ganges River, Varanasi

Par Caroline Von Burg,

 

Plusieurs périodes se distinguent et les datations sont assez difficiles à définir car la civilisation indienne d’autrefois considère le temps comme cyclique et ne s’est donc jamais intéressée à l’histoire. Néanmoins, on peut situer les périodes les unes par rapport aux autres: période védique, période pré-classique, période classique, période post-classique, période tantrique, période moderne.

Du temps des anciennes civilisations de Mohenjo-Daro et de Harappa, il y a environ 3000 ans, les archéologues ont retrouvé une statuette dans une posture d’assise. Suite aux arrivées massives des peuples indo-européens venues de l’est et du nord de l’Europe, vers – 1300 à – 600 av. J-C. ont été formulés les quatre Veda, qui retracent une vision du monde (Dieu est à l’extérieur de nous). De l’âge védique se profilent les nouvelles idées véhiculées par les Upanishad, vers -600 av. J-C. Cette période est le védanta (= la fin des Veda, Dieu est en nous). Les Upanishad sont considérées comme textes révélés de la shruti.

Ensuite sont apparues les grandes épopées: le Mahabharata qui contient la Bhagavad Gita (BG) et le Ramayna vers -100 av. J-C. La BG récapitule la pensée yogique où sont décrits les quatre courants principaux du yoga – Karma – Jana – Bhakti – Raja. L’histoire avançant, le yoga se peaufine également, avec la mise en place des darshana (points de vue), dont deux darsana importants et complémentaires – l’un pratique et l’autre théorique: le yoga et le samkhya, vers 600 av. J-C. à 200 ap. J-C. Le samkhya plus que le yoga affirme qu’il est possible de raisonner sans s’appuyer sur les textes révélés des Veda. Vers 500 av. J-C, Bouddha fait vibrer un nouvau souffle qui s’écarte également de la suprématie des Veda. Jusque là, il n’y a pas encore de constance des postures de yoga, hors une posture assise. La période classique entre -200 av.J-C. et 200 ap. J-C, est caractérisée par l’oeuvre de Patanjali les « Yoga-Sûtra ». Patanjali pense que pour purifier l’esprit de l’homme, le corps et l’esprit doivent être séparés. Cette vision sera la chrysalide d’où les asanas (postures) et le pranayama (respiration) éclorerons.

Suit l’ère de l’émergence confiante et lente du tantrisme dès 600 ap J.C, ainsi que de l’advaïta védanta (école du non-dualisme) de Shankara qui marque la fin de l’époque védique. Vient ensuite vers l’an 1000 ap. J.C, le mouvement très connu du shivaïsme du Cashmire (non-duel et tantrique), dont la figure de proue est Abhinavagupta. Les origines du hatha yoga se développent à partir du tantra yoga, yoga très physique qui place le travail du corps en priorité. Un des premiers guides écrits (il en existe d’autres plus anciens mais qui sont perdus) de Hatha yoga date de 1400 ap. J-C. Son auteur, Svatmarama met en évidence la notion d’effort et de force (hatha signifie effort violent), pour caractériser cette approche qui purifie le corps par les exercices physiques et respiratoires. Les hatha yogin pensent que le seul moyen d’atteindre la libération est d’avoir un corps purifié et préparé adéquatement.

Le yoga (Il s’agit ici du hatha yoga, souvent résumé au terme yoga) aujourd’hui, qu’est-ce donc? Le hatha yoga est une science qui s’adresse à l’être dans sa globalité. Grâce à un subtil équilibre de différentes techniques (posture, respiration, concentration, relaxation, méditation-chant-…) il permet de pacifier le mental, d’accueillir ce qui est là, de dénouer et renforcer le corps, d’améliorer la mobilité articulaire, d’éliminer les tensions physiques et psychiques. Le hatha yoga passe par le corps pour aller vers notre univers intime, grâce au développement de la respiration et grâce à l’écoute de ce qui émerge. Le hatha yoga nous ouvre à notre être le plus intime, notre soi le plus profond. La pratique posturale permet une meilleure circulation des énergies dans le corps autant que sur les plans subtils de l’être et par là, il tend vers un équilibre corps-esprit, il amène le pratiquant vers un degré de mieux-être général.

Le mot yoga vient du sanskrit et comporte la racine yuj qui signifie « unir, atteler, relier ». La tradition populaire nous a légué quelques définitions du yoga, à savoir, viveka (discernement), upâya (moyens), dhyâna (méditation), samnahana (bouclier). La Bhagavad Gita parle du yoga comme état équanime (savatman) et de l’intelligence dans les actes (karmasu kaushalam). D’autres sources disent du yoga, qu’il est le chemin, la quête ou encore que faire du yoga c’est aller de l’incapacité vers la capacité, que le yoga permet de progresser. La Bhagavad-Gita définit le yoga comme un état de détachement, égal dans la réussite comme dans l’échec. Les Yoga-Sûtra définissent le yoga comme l’arrêt de l’agitation du mental. Le yoga c’est l’union de l’âme individuelle avec l’âme universelle, ou encore l’union de l’humain avec le divin, Atman et Brahman. On en vient au but que sert le yoga ! Il s’agit de se rapprocher le plus possible et selon notre contexte de vie, d’une félicité intérieure qui nous rende chaque jour heureux et qui donne un sens à notre vie. Pour y parvenir, plusieurs voies sont possibles. Le yoga n’exige pas que tous les individus suivent un même et unique chemin. Il existe de nombreuses voies et styles de yoga liés aux différentes aspirations individuelles et aux divers aspects de notre nature.

Caroline von Burg, enseignante diplômée Yoga Suisse / Centre Yoginimage Yoga – Genève.

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