S’étirer ne suffit pas

Pince bien placée

Par Bernadette de Gasquet,

 

Dans les postures de flexion avant, certains débutants peu souples préfèrent fléchir les genoux, d’autres pratiquent avec le dos relâché. Quid des effets et des contre-indications ? Le point avec notre experte en biomécanique.

 

Une nouvelle machine contre le mal de dos est apparue récemment sur le marché. Après l’incontournable tapis de fleur, voici l’exosquelette. Créé par une jeune société française, cet appareil permet d’éloigner les épaules du bassin d’environ deux centimètres grâce à des moteurs reliés à deux ceintures, l’une fixée sous le sternum, l’autre en appui sur les crêtes iliaques (au niveau du bassin). Sur le principe, tout va bien : l’allongement de la colonne est une règle d’or pour la santé du dos. Le problème, c’est d’utiliser un appareil pour faire le travail à votre place !

 

Utiliser son endosquelette

Le travail personnel de la musculature sur la colonne ne coûte rien de plus qu’un apprentissage. Le placement de base dans toute position demande l’allongement de la colonne vertébrale et le maintien par un gainage intégral, du périnée au sommet de la tête. Comment exécuter ce gainage ? Il ne s’agit pas du gainage habituel, comme celui de la planche sur les avant-bras. Dans cette posture de gainage, on raccourcit l’avant du corps en contractant les abdos : cela bloque le souffle et inverse les courbures lombaires et cervicales. De manière générale, je déconseille fortement d’allonger un côté en raccourcissant l’autre : c’est souvent le cas lorsqu’on réalise mal les inclinaisons latérales où l’on pince un côté du dos, ou encore dans les flexions avant où l’on arrondit le bas du dos.

Le seul moyen d’assurer un allongement sans machine, un gainage dynamique à partir du périnée, c’est l’auto-grandissement actif : on éloigne les ceintures scapulaires (zone des épaules) et pelviennes (zone du bassin) à tout moment de la journée pour décomprimer les disques dans toutes les directions et garantir un renforcement de la musculature tonique. Ce grandissement actif diminue fortement les courbures, par l’allongement de la sinusoïde vertébrale, renforce la musculature profonde abdominale et dorsale, soulage le périnée, assure une respiration abdominale spontanée avec des effets sur le transit, la circulation sanguine et la détente.

Si cet auto-grandissement est important dans les situations du quotidien (assis, debout, etc.), il l’est tout autant lorsqu’on pratique le yoga. Paschimottânâsana (la Pince) est l’exemple type d’une posture que l’on peut pratiquer en se courbant si l’on est mal guidé ou si l’on manque de proprioception (capacité à ressentir l’équilibre des tensions et la détente dans le corps). Beaucoup de gens s’imaginent qu’en touchant leurs pieds ils s’assurent un puissant étirement du dos. Si l’on n’est pas doté d’une grande souplesse, on risque au contraire de se plier dans  les zones déjà fort sollicitées comme les lombaires et les cervicales. Je vous propose de pratiquer la pince en auto-grandissant votre colonne et, si vous souhaitez aller vers l’avant, de plier les genoux plutôt que le dos !

 

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Très belle journée, Namaste

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