Vis ma vie de … Yoginî débutante épisode 2

Vis ma vie de yogini

Par Mathilde Piton

« Je suis nulle au hot yoga »

Quelle idée j’ai eu, moi, débutante en yoga, d’essayer le « hot yoga » ?

Je suis actuellement coincée dans la posture de l’enfant, depuis 5 minutes, et je tente d’inspirer et d’expirer comme je peux. J’ai l’impression que dans cette posture, je suis cachée, à l’abri, et que le prof ne peut pas me voir.

Tout est allé très vite. Hier, j’ai entendu à la machine à café une collègue du troisième étage, Fanny, parler d’une nouvelle salle de yoga, et d’un cours génialissime de hot yoga : « Le prof fait des miracles » Fanny, elle est canon, musclée, en forme. Jamais dans la cour des fumeurs, toujours dans tous les cours de sport organisés par la boîte. Moi quand j’y vais, je suis au dernier rang, tandis qu’elle, elle pourrait remplacer la prof.

En avalant mon pain au chocolat et mon cappuccino (double dose de sucre), j’ai senti l’appel pré-estival de ma bouée de ventre. L’équation dans ma tête est simple : gras + transpiration = adieu le gras.

J’en ai parlé à ma mère, elle m’a dit d’un air inquiet : « Tu vas finir aux urgences ! »

J’en ai parlé à mon mec, il m’a dit d’un air ravi : « Hot yoga, c’est un truc tout nu ? »

J’en ai parlé à ma meilleure amie, elle m’a juste dit : « On y va ! »

Grave. Erreur.

A mon arrivée au studio, je reçois un texto de Julie, ma BFF, qui annule à la dernière minute. Je pourrais encore m’éclipser à ce moment-là, partir dignement, mais je suis mue par cette force invisible du « c’est trop tard, tu y es déjà, vas-y, lance toi. »

Au moment où j’entre dans la salle, un nuage de buée m’empêche de distinguer quoi que ce soit à plus de 1m50 de distance. Par terre, c’est tout doux, comme si j’étais vraiment pieds nus dans une forêt équatoriale (en fait, c’est de la moquette). Je me trouve une place à côté d’un homme torse nu, ma voisine d’en face est en maillot de bain fluo. Il fait au moins 40°C. Non, plutôt 45°C. Sans même avoir commencé à bouger, je transpire. Je transpire de partout. Le hammam à côté, c’est rien.

Donc voilà pourquoi je suis dans un cours de hot yoga, ou plutôt je suis dans la posture de l’enfant, dans un cours de hot yoga. Maintenant, j’en suis sûre, c’est une version diabolique du yoga.

Le prof vient me voir, me demande si tout va bien, je lui souris, difficilement. Je me remets à bouger, lentement.

A la fin des 90 minutes (je tiens à le souligner), le cours se termine, enfin. Je me rends compte que la fille en bikini fluo, c’est Fanny de la compta. Elle me sourit.

« C’est dur les premières fois, mais tu verras, ça fait un effet fou. »

Je suis contente qu’elle m’ait reconnue – même si ça veut aussi dire que je ne pourrais pas embellir cette histoire au boulot en me vantant de prouesses imaginaires. En tout cas, j’ai l’impression qu’on appartient à la même clique…

Vis ma vie de Yogini à retrouver dans votre Yoga Journal N°2 et tous les Yoga Journal… Belle journée, Namasté