Vous avez dit « dosha » ?

Vous avez dit dosha ? Yoga Journal France

Ces temps-ci, on entend l’expression « mon dosha » à tout bout de champ. Nous savons tous plus ou moins que dosha désigne le profil ayurvédique d’une personne. Mais comprenons-nous véritablement sa signification ?

Les trois doshasvata, pitta et kapha – sont des principes. Ils sont invisibles à l’œil nu mais leurs effets sur le corps ne passent pas inaperçus. Composés des différentes combinaisons des cinq éléments  constitutifs de l’univers – la terre, l’eau, le feu, l’air et l’éther – les doshas représentent les énergies vitales inhérentes à toutes nos fonctions physiologiques, et chaque dosha est associé à des qualités sensorielles spécifiques.

Dosha est un terme sanscrit signifiant « défaut », « imperfection » ou « ce qui obscurcit. » Le mot est dérivé de la racine dush, signifiant « être corrompu ou mauvais ; pécher. » L’un des textes sacrés de l’Ayurveda, la Charaka Samhita, utilise principalement le terme dosha pour indiquer un excès susceptible de provoquer une maladie.

Pourquoi toute cette négativité, vous demandez-vous ? Les doshas sont essentiels à notre existence et si l’un d’eux est en excès par rapport à ce que requiert notre propre constitution, nous voilà en déséquilibre.

Mais si dosha n’est pas le terme précis qu’il faudrait employer pour désigner notre constitution ayurvédique, quel terme doit-on utiliser ? Prakriti signifie « nature » et fait référence non seulement à la nature de l’univers mais également à la nature d’un individu – à l’ensemble de ses qualités spécifiques.  Selon la théorie de l’Ayurveda, chacun de nous possède dès le moment de sa conception un pourcentage unique de vata, pitta et kapha. Notre prakriti est notre empreinte biologique, tel un instantané de la combinaison de nos doshas lors des tout premiers moments de notre existence. Notre prakriti est la matrice de notre état d’équilibre originel et par conséquent de notre état d’équilibre idéal.

Quelques rares âmes naissent avec les proportions parfaites (un tiers de chaque dosha), mais la majorité d’entre nous possède un ou deux doshas dominants. On dit que quelqu’un est de constitution vata si vata prédomine. Pour quelqu’un dont la prakriti est composée de pitta à 50%, vata à 40% et kapha à 10%, on dira que cette personne est pitta-vata. (Un médecin ayurvédique peut vous aider à déterminer votre prakriti.)

Quelle que soit notre prakriti, l’influence des doshas fluctue en fonction de la manière dont nos sens sont stimulés. Comme le dit la Charaka Samhita, « Les attributs des doshas ressemblent aux attributs des facteurs qui les corrompent ». Quand les caractères de nos expériences sensorielles font augmenter la proportion d’un dosha en nous, on parle de vikriti. La vikriti désigne notre état de déséquilibre actuel. Un déséquilibre des doshas peut donner lieu à un grand nombre de maladies dont la gravité dépend de plusieurs facteurs : quels doshas sont en excès, quels tissus du corps sont touchés et depuis combien de temps.

Alors gardez un œil sur votre vikriti ! Et n’hésitez pas à consulter un praticien qualifié pour des conseils en matière de nutrition, de phytothérapie et d’hygiène de vie.