Vous n’avez plus d’excuses …

Vous n'avez plus d'excuses

Des spécialistes démontent un à un les arguments que nous avançons pour ne pas méditer. Écoutez leurs conseils afin de surmonter ces obstacles !

Je n’ai pas le temps, je ne sais pas comment faire.

Voix de la sagesse : des séances de méditation même très courtes peuvent changer beaucoup de choses. Méditer cinq minutes par jour favorise une réduction du stress et une meilleure concentration, observe Sharon Salzberg, co-fondatrice de l’un des plus grands centres de méditation d’occident, le IMS ( Insight Meditation Society) basé depuis 1976 dans le Massachussetts. Voici le conseil qu’elle vous donne : commencez par trouver un peu de temps tous les jours. Asseyez-vous confortablement à un endroit calme, par terre, sur des coussins ou une chaise. Vous devez avoir le dos droit mais sans forcer l’étirement. Si vous êtes mal à l’aise, allongez-vous, vous n’êtes pas obligé d’être assis. Fermez les yeux et prenez quelques respirations profondes, ressentez l’air lorsqu’il entre dans vos narines, remplit votre poitrine et votre ventre, et lorsqu’il ressort. Ensuite laissez votre attention suivre le rythme naturel de votre souffle. Si votre esprit vagabonde, ne vous inquiétez pas. Remarquez ce qui retient votre attention, puis laissez ces pensées ou sentiments s’éloigner et redevenez conscient de votre respiration. Si chaque jour, vous consacrez un moment à cette méditation, vous finirez par être capable de mettre en pratique la pleine conscience dans n’importe quelle situation.

J’ai peur de me retrouver seul avec moi-même.

Voix de la sagesse : la méditation peut vous libérer des pensées que vous essayez d’éviter. Le moine bouddhiste Jack Kornfield, enseigne la méditation vipassana dans le monde entier depuis 1974. Dans son ouvrage Le cœur du sage : Un Guide pour l’enseignement universel de la psychologie bouddhiste, il écrit : « Les mauvaises pensées nous enchaînent au passé. Mais nous pouvons modifier les pensées destructrices dans le présent. La pleine conscience peut nous aider à les identifier comme de mauvaises habitudes acquises il y a bien longtemps. Nous pouvons ensuite passer à l’étape suivante, qui est cruciale, et découvrir comment ces pensées obsessionnelles masquent notre douleur, notre insécurité et notre solitude. En apprenant petit à petit à tolérer ces énergies sous-jacentes, nous parvenons à réduire leur influence. La peur peut laisser place à la présence et l’enthousiasme. La confusion peut être convertie en curiosité. L’incertitude peut ouvrir la voie à la surprise. Le manque de confiance en soi peut devenir un sentiment de dignité. »

Je ne le fais pas bien.

Voix de la sagesse : il n’y a pas de bonne manière de procéder. Dans son ouvrage Où tu vas tu es : apprendre à méditer pour se libérer du stress et des tensions profondes, Jon Kabat-Zinn, rappelle que : « Il n’existe pas de manière correcte de méditer. Le mieux est d’appréhender chaque instant avec la curiosité de la première fois. Vous observez, puis vous laissez passer, sans retenir. Il y a tant de choses à voir et à comprendre dans cette démarche, mais elle ne peut pas être forcée. Vous devez vous en tenir à votre propre expérience personnelle, sans chercher à savoir ce que vous êtes censé ressentir, voir ou penser. En quittant votre sentiment d’insécurité et votre besoin d’approbation d’autrui, vous cultivez la confiance, sentiment propice aux expériences les plus profondes. »

Je ne suis pas assez discipliné.

Voix de la sagesse : intégrez la méditation dans votre routine quotidienne, comme la douche ou le brossage des dents. Après avoir trouvé un moment pour méditer (voir l’encadré « Je n’ai pas le temps… » ci-dessus), il faudra encore résister  aux idées fausses, aux attentes irréalistes, à l’autocritique et à la volonté d’abandonner ! Pour son auto-discipline, Madhav Goyal, médecin et professeur à l’école de médecine Johns Hopkins de Baltimore, explique que la méditation est tout aussi prioritaire pour lui qu’une douche ou un repas : « Nous sommes tous pressés par le temps. En faisant de la méditation une priorité, on est sûr d’en faire tous les jours. ». Il arrive que des imprévus viennent perturber la routine. Après une interruption d’une semaine ou plus, faites l’effort de vous remettre à méditer régulièrement. Les premiers jours, cela pourra vous sembler difficile. On ne peut pas courir 10 km quand on ne s’est pas entraîné depuis longtemps. Pour la méditation, c’est pareil, n’ayez aucune attente.

Il n’y a rien à faire, mon esprit est trop agité…

Voix de la sagesse : laissez tomber les idées préconçues et n’attendez rien.
Le fait d’avoir des attentes entraîne des émotions qui ne feront que vous bloquer ou vous distraire. N’attendez pas de la méditation qu’elle vous apporte la félicité. Ne vous attendez même pas à aller mieux. Dites-vous simplement : « Je vais méditer pendant 5 à 20 minutes ». Au cours de la séance de méditation, si des sentiments surgissent (ennui, bonheur, etc.), ne les retenez pas, ils vous distraient de l’instant présent. On s’attache à ces sentiments émotionnels, qu’ils soient positifs ou négatifs. Le but est, au contraire, de rester neutre et objectif. Concentrez-vous simplement sur les différentes sensations de votre souffle et sachez que le fait d’avoir conscience de vos pensées incessantes fait partie du processus.

Retrouvez l’intégralité du dossier sur la méditation dans le N°2 du Yoga journal.