Yoga et écologie : Interconnectés

Yoga et écologie : Interconnectés

L’écologie, pour un yogi, c’est conjuguer une attitude juste envers la nature avec la capacité de s’y « connecter ».

Par Anaïs Joseph

© Photo Eric Nocher pour Yoga journal

Imaginez que vous accumuliez tous vos détritus hebdomadaires dans un coin du salon, sur un sac plastique non refermé, de façon à pouvoir les observer. Et maintenant, pourquoi ne pas essayer ? Il n’y a pas beaucoup de risques, hormis celui de ne plus jamais considérer la poubelle comme un sac à jeter hors de l’appartement aussi vite que possible. On prendra conscience de ce qu’était ce légume à moitié entamé, cet emballage papier et le stylo cassé avant d’être des détritus. Tout le chemin parcouru de la terre à l’assiette, de l’arbre au contenant, des mines de pétrole au tube de plastique.

Peut-être que cet exercice vous sera prochainement proposé dans des cours de yoga ? À moins que l’on vous invite au ramassage collectif des ordures dans la rue ou, encore, à une après-midi plantation d’arbres. Enfin, c’est ce dont certains professeurs de yoga rêvent sans encore oser le faire.

Côté action

Le lien avec le yoga ? « Tout », répondait simplement Georg Feuerstein dans Deeper dimension of Yoga, l’un de ses trente ouvrages sur la philosophie du yoga. « Trop souvent, écrivait-il, les pratiquants de yoga se sentent concernés uniquement par leur propre libération, oubliant égoïstement qu’ils vivent dans un contexte plus large. Cela est non seulement contraire à l’esprit du yoga mais aussi contre-productif : comment développer une maîtrise du souffle dans une atmosphère polluée ? Comment maintenir notre corps en bonne santé si notre nourriture est empoisonnée par des produits chimiques ? »

L’attitude écologique est une donnée de base pour un yogi. Elle répond aux codes éthiques du yoga appelés « yama» et « niyama» dans lesquels se trouve par exemple « asteya», l’absence de vol. Pour Georg Feuerstein, ce principe implique qu’il ne faut pas prendre plus que nécessaire sans quoi on spolie d’autres personnes ou la planète. Mais où placer le curseur de ce qui est « nécessaire »… Sans devenir totalement spartiates, il y a des moyens d’adapter nos gestes pour mieux répondre à ce principe. Scanner le contenu de sa poubelle peut insuffler des idées pour y parvenir. Une bonne partie des détritus est en fait du surplus pouvant être (ré)utilisé ou non généré.

Nourri par les textes sanskrits et la philosophie du yoga, Georg Feuerstein n’en était pas moins pragmatique. Il invite à vivre plus simplement en se posant chaque jour des questions sur le curseur des nécessités. Ai-je besoin d’allumer cette lumière ? D’acheter cet objet ? De mettre l’air conditionné ? De prendre l’avion pour seulement deux jours de voyage ? Il enjoint à se rapprocher de mouvements et associations écologistes. Il incite à se reconnecter plus souvent à la nature de manière concrète, en goûtant l’eau d’une source, en touchant la terre, en appréciant l’exubérance de la vie sauvage…

Très belle journée, Namasté

Dossier complet à retrouver dans votre Yoga Journal N°7