Yogathérapie, soulager sa sciatique

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Par Dr Jocelyne Borel-Kuhner

 

Les vertus d’une pratique quotidienne et bienveillante sont incontestables. Mais parfois, il arrive que le corps soit blessé ou limité par une douleur chronique. Le yoga se fait alors thérapeutique en proposant soins et séquence sur-mesure pour répondre aux besoins spécifiques du moment, qu’ils soient physiologiques ou psychologiques.

 

Une approche globale du patient

C’est une femme dynamique de 56 ans, d’allure sportive, qui sur conseils de son médecin traitant pour des douleurs de dos pratique le yoga depuis huit ans. Néanmoins, récemment, son rhumatologue lui propose de me consulter pour la prise en charge d’une lombalgie rebelle s’intensifiant. Il s’agit d’une lombalgie primaire[1], évoluant par accès depuis environ quinze ans.

Elle travaille en horaires décalés, à vingt-cinq kilomètres de chez elle, dans une grande surface. En dehors des trajets en voiture en périphérie d’une grande ville, elle est plutôt debout, manipule souvent des charges lourdes. Son dernier fils, âgé de 20 ans, étudiant, vit avec elle. Elle apprécie de jardiner et courir pendant ses repos.

Lors de mon premier examen, je remarque qu’il existe une discrète raideur cervicale et surtout un flessum modéré des hanches et des genoux. L’objectif que nous fixons après avoir relevé ses habitudes de vie et de yoga est de diminuer ses tensions lombaires en pratiquant systématiquement, matin et soir, quelques étirements, avec un travail plus spécifique sur les ischio-jambiers. Surtout sans notion de sportivité, le tout rythmé par la respiration.

 

Soulager rapidement les maux du dos

Ce vendredi matin, pour la troisième fois en deux mois, je vois Jeanine qui poursuit ses cours collectifs de yoga et a introduit quotidiennement les quelques exercices de yogathérapie proposés. Cependant, elle arrive en boitant, manifestement algique. Depuis cinq jours, elle se sent stressée au travail, son sommeil est agité. En effet, elle présente un accès aigu de douleur du bas du dos, irradiant dans la fesse droite et la cuisse. La station debout est pénible et assise, c’est pire. Elle évalue sa douleur à 7 sur l’échelle numérique (0 pas de douleur, 10 maximum de douleur). La douleur a débuté progressivement il y a deux jours après avoir fait un footing rapide le matin, espérant se sentir plus dynamique pour aller au travail.

L’examen confirme qu’il s’agit d’une sciatalgie aiguë, sans signe de gravité (c’est-à-dire, pas de diminution de force musculaire ou de sensibilité, pas de paralysie), il n’y a pas de douleur à la palpation des vertèbres, il n’y a pas eu de chute, et les derniers examens pratiqués par le rhumatologue ont éliminé toute pathologie de hernie discale ou d’ostéoporose. Ceci me conforte dans la possibilité de soulager rapidement Jeanine. Je vais pouvoir prescrire des antalgiques quelques jours pour calmer la douleur et ne pas induire de cercle vicieux algique, mais surtout proposer quelques exercices et postures spécifiques de yoga pour diminuer les pressions exercées sur cette zone. L’idéal serait aussi du repos pour se relâcher, mais Jeanine ne souhaite pas s’arrêter, le week-end est proche et elle aura trois jours de congés.

Tout d’abord, je la rassure et lui explique les différents mécanismes mis en jeux dans cet épisode. Dans ce contexte, l’association d’une fatigue, d’un stress, d’une contrainte mécanique à son corps pour courir, a induit des contractures supplémentaires en particulier au niveau des muscles fessiers et du muscle piriforme (muscle profond de la hanche faisant partie des pelvi-trochantériens), ce qui entraîne « une fausse sciatique », par compression musculaire du nerf sciatique dans cette zone.

 

Une séquence intelligente, dans l’observation et la douceur

Avec un sourire, j’explique à Jeanine ma réflexion. Si elle est d’accord, nous pouvons débuter. La mise en garde – importante, du fait de cet épisode aigu – est de ne pas se faire encore plus mal et d’être attentive à toutes les sensations, y compris les non douloureuses. Je l’invite à se coucher sur le tapis en passant d’abord à 4 pattes, en étant bienveillante avec son corps, tel qu’il est ce jour, sans porter si possible de jugement ou d’agacement, mais plutôt une observation sympathique. Laisser être, tout simplement.

 

Retrouvez le dossier complet pour vous aider à soulager votre sciatique dans votre Yoga Journal n°16 disponible en version papier ou digitale.

 

Très belle journée, Namaste

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