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Amma, la sainte qui étreint

Gourou pour les uns, figure spirituelle pour les autres, Amma est avant tout une guérisseuse des âmes en peine.

Des millions de têtes se sont penchées sur son buste pour sentir le contact de son cœur généreux et débordant d’amour… 36 millions, dit-on. Elle enlace, embrasse, console d’un mot, caresse d’une main des files d’hommes et de femmes qui attendent, hagards, du matin au soir, que la sainte femme les accueille dans son giron. La scène peut durer 22 heures d’affilée et prendre des allures vampiriques. Les processions de fans attendent leur étreinte dans l’espoir d’une délivrance, d’un allégement de leurs souffrances ou simplement pour goûter aux rayonnements bienfaisants d’Amma.

« À ses côtés pendant une journée de darshan (étreinte maternelle), j’ai tout de suite été saisi par l’ambiance euphorique qui l’entoure. Je me suis dit que mon sentiment d’allégresse était lié aux fortes émotions qui circulaient autour de nous, explique Shekhar Kapur, producteur qui a réalisé un documentaire sur Amma. Au bout de six heures, ma jovialité demeurant intacte, j’ai compris que ce n’était pas la gaieté de cette cohue pétrie de dévotion qui me portait mais la simple présence d’Amma ».

En Inde, mais aussi en Occident, circulent parmi ses dévots les plus fervents des rumeurs : elle aurait transformé de l’eau en lait, aurait repoussé un cobra d’une chiquenaude, serait née le sourire aux lèvres et aurait composé des odes à Krishna dès 5 ans. Elle, ne dit qu’une chose : c’est la compassion qui a fait d’elle ce que l’on sait.

À l’âge de 9 ans, elle est retirée de l’école pour aider aux tâches ménagères car sa mère est tombée malade. Son père, pêcheur, subvient à peine aux besoins de la famille composée de huit enfants. Balayant, cuisinant, travaillant sans relâche pour sa famille, Amma se plie à la tâche sans rancœur grâce à la répétition de mantras. Le service désintéressé et l’abnégation transcendent son labeur. Sa condition de « Mère universelle » s’éveille.

En glanant chez les voisins des restes pour nourrir son propre troupeau d’animaux, Amma découvre leur précarité. Sa qualité d’écoute et sa capacité d’empathie forgent sa renommée au-delà du voisinage. À 14 ans, toucher ou étreindre des gens, a fortiori des hommes, devient indécent aux yeux de sa famille qui rejette son comportement. « Le rôle du docteur est de soigner, moi je console », se justifie-t-elle.

Aujourd’hui, la petite villageoise du Kerala est devenue un gourou international. Elle a fondé l’ONG Embracing the world, implantée dans 40 pays à travers un vaste réseau d’œuvres caritatives : orphelinats dispensaires, hôpitaux, services sociaux, écoles, programmes de microcrédit, projets écologiques… Après le tsunami, en 2004, elle donne 15 millions de dollars pour construire des sanitaires le long du Gange afin de l’assainir. Un an plus tard, même montant et même combat pour protéger la rivière Pampa au Kerala.

La nature, au même titre que les humains, est pour Amma « une extension » d’elle-même. Pour se dissoudre dans ses bras et atteindre du bout de l’épiderme ce sentiment d’universalité, rendez-vous début novembre à Toulon.

Article issu du Yoga Journal N°9

Très belle journée, Namaste

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