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Apprivoiser la jalousie

Transformez la jalousie en une force positive pour trouver votre potentiel – et le réaliser.

Par Pamela Bond

S’il y a bien une personne qui devrait être à l’abri de la jalousie, c’est Sally Kempton. Après avoir été pendant vingt ans moine selon la tradition indienne, elle dirige aujourd’hui des ateliers de méditation et de spiritualité aux quatre coins du monde. Elle est également réputée pour son talent à déceler derrière les expériences douloureuses des trésors spirituels. Malgré tout, elle aussi a connu cette émotion indéniablement humaine qu’est l’envie.

Elle avait une collègue qui, raconte-t-elle, « parlait d’une telle manière que les gens s’illuminaient ». Une collègue admirable que Sally Kempton critiquait pourtant. Comme toujours encline à l’auto-observation, elle a pris conscience que ses critiques dissimulaient sa jalousie envers ce don de sa collègue qui galvanisait les gens avec ses paroles. « C’était un don que j’aurais aimé avoir », reconnaît-elle aujourd’hui. « Je me suis aussi aperçue – et c’était cela la grande prise de conscience – que mes sentiments la blessaient autant qu’ils me blessaient moi-même. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à me pencher de plus près sur l’envie. »

Parmi toutes les caractéristiques de l’être humain – par exemple la capacité à aimer, à être empathique, à raisonner –, l’envie n’a guère la cote. Et pourtant, elle est pratiquement universelle. Au lieu de nous réjouir des qualités d’autrui et de nous en inspirer, nous sommes dans le jugement, le ressentiment voire la colère. Heureusement, des solutions existent, rappelle Sally Kempton. Elle pense au sûtra 33 du premier chapitre des Yoga Sûtras. Dans ce texte sacré, Patanjali recommande : « L’amitié, la compassion, la gaieté clarifient et apaisent le mental ; ce comportement doit s’exercer indifféremment dans le bonheur et le malheur, vis-à-vis de ce qui nous fait du bien comme de ce qui nous fait du mal.i » Non seulement cette attitude relève du bon sens, mais elle semble être la réaction naturelle aux comportements et aux émotions des autres. Et pourtant, quand nous sommes enfermés dans une logique négative, l’idéal de Patanjali paraît impossible à atteindre. Alors, comment retrouver la bienveillance sous le masque de la jalousie ? Sally Kempton propose une méthode en six étapes pour transformer notre envie en une expérience positive qui nous aidera à réaliser notre potentiel.

Étape 1 : Prendre conscience de la jalousie

Imaginez que, dans votre cours de yoga, un ami réussisse à faire l’équilibre sur les mains et que le professeur le complimente. De votre côté, vous avez déjà le plus grand mal à redresser les jambes et personne ne vous remarque. Observez vos pensées : « Je n’y arriverai jamais. Je n’ai pas ses biceps. ». Ou « S’il ne se mettait pas toujours au milieu de la salle, le prof s’occuperait un peu plus de moi. » De telles pensées sont révélatrices de l’envie et, quand elles surgissent, on a tendance à avoir une des quatre réactions suivantes : fuir la situation ; critiquer la personne que l’on envie ; essayer de se rapprocher d’elle dans l’espoir que ce contact nous confère un peu de son pouvoir ; ou bien entrer en compétition avec elle dans des domaines où on se sent doué. Pour Sally Kempton, reconnaître ces signes constitue la première étape pour faire de l’envie une force positive.

Étape 2 : Localiser la jalousie dans son corps

Quand on est sous l’emprise de l’envie, Sally Kempton recommande de se connecter à ce que cette émotion déclenche dans le corps. Ressentez-vous comme une brûlure ou un nœud au niveau du cœur ? Une tension dans les mâchoires ? Une fois que vous avez identifié et localisé l’envie dans votre corps physique, essayez de l’observer calmement, sans rien faire, sans la repousser ni tenter de l’analyser. Ensuite, imaginez un grand espace qui entoure cette émotion dans votre corps. Maintenez l’envie dans cet espace, en restant bien attentif. Quand votre conscience l’aura acceptée, l’envie pourra commencer à se transformer en quelque chose de constructif.

Étape 3 : Identifier ce que l’on envie

On envie généralement quelque chose que l’on aimerait réaliser. « On n’est pas envieux de personnes dont les dons sont complètement hors de notre portée ou étrangers à nos intérêts », explique Sally Kempton. « Un danseur ne sera généralement pas envieux d’un dramaturge – à moins qu’il ne rêve inconsciemment d’écrire pour le théâtre. » Aussi, quand une personne possède un don, une compétence que l’on aimerait avoir, il se peut que l’envie pointe le bout de son nez. Et quand elle le fait, il faut se poser ces questions : « Qu’est-ce que j’envie ? Est-ce que je possède moi aussi cette qualité ? Si oui, est-ce que j’exprime pleinement cette qualité à ma façon ? »

Étape 4 : Se concentrer sur le caractère unique de son Moi

L’étape suivante consiste à développer la qualité que l’on envie, tout en gardant à l’esprit que la façon dont on exprime cette qualité sera unique. « Il se peut que vous ayez ces qualités en vous, mais qu’elles s’expriment de manière différente ou que vous deviez les travailler », rappelle Sally Kempton. Pour sa part, elle a compris que ce qu’elle enviait chez sa collègue – sa capacité à imprégner ses paroles d’émotions – était quelque chose qu’elle aurait aimé posséder, mais qu’il n’était pas naturel pour elle de parler avec émotion comme le faisait son amie. Avec le temps, Sally Kempton a trouvé une voie qui lui est propre : cultiver l’énergie du cœur. Aujourd’hui, elle fait des pauses avant de s’exprimer pour avoir le temps de se centrer sur son cœur, puis elle respire en douceur dans la zone située sous le sternum pour se connecter à la tendresse qui est en elle et pouvoir ensuite l’exprimer à sa manière.

Dossier complet à retrouver dans Yoga Journal N°8

Belle journée,

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