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Au-delà du jugement, plus près de ton cœur

Je lisais et je relisais sa phrase, sans vraiment la comprendre. « Au-delà du bien et du mal, il existe un champ. C’est là que je te retrouverai » Rumi. Les poèmes de ce poète soufi et mystique m’avaient toujours plu. Mais là, j’étais perdue. Pourquoi est-ce que quelqu’un voudrait aller au-delà du bien, cher Rumi ? Au-delà du mal, je comprends. Mais le « bien », n’est-ce pas la direction vers laquelle nous allons tous ?

Avec le recul, je me rends compte que mon éducation stricte m’avait toujours donné envie d’être la bonne élève, fille et citoyenne du monde. Bien faire, c’était ça qui me motivait ! Mais si Rumi me proposait d’aller au-delà du bien, je devais creuser la question. Le déclic est venu sous la forme d’un livre. Une amie venait de me prêter « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) » de M. Rosenberg, fondateur de la CNV (Communication Non Violente). Le livre était tombé dans mes mains comme un cadeau du ciel. Après quelques pages, j’étais mordue et fascinée.

« Observer sans évaluer est la plus haute forme d’intelligence humaine » J. Krishnamurti

Observer sans évaluer c’est observer quelqu’un se lever à 11h du matin sans évaluer qu’il est un paresseux, observer une personne qui ne connait aucun des livres dont vous lui parlez sans évaluer qu’il est inculte. Observer une mère crier sur son enfant sans pour autant évaluer la qualité de son éducation, sa qualité de mère en général. Plus difficilement, c’est observer cette personne qui vous irrite (collègue, ex-mari, voisin, belle famille), sans juger sa personne toute entière. Observer sans tirer de conclusions hâtives et rapides. Pour moi qui avait toujours voulu bien faire, je me rendais compte que la deuxième face de cette pièce, était le jugement des « mauvaises » actions ou paroles des autres.

Au-delà du bien et du mal, il existe un champ. Je me demande si ce champ n’est pas celui de l’action pure au service de nos rêves et de notre cœur ? D’après l’auteur, Marshall Rosenberg, notre éducation nous porte à étiqueter et porter des jugements sur les autres, plutôt qu’à être reliés à nos sentiments et à nos besoins. Par exemple, quelqu’un nous dérange ou nous blesse avec ses mots. Au lieu d’identifier comment nous nous sentons (triste par exemple) et d’identifier quels sont nos besoins (besoin de proximité ou de liberté professionnelle), nous allons directement à la case jugement. Nous focalisons notre attention sur ses actes, plutôt que sur nous-mêmes. Dans le processus, nous souffrons et nous perdons du temps que nous aurions pu utiliser au service de notre vie et nos rêves.

Et si une personne « méchante » ou « que vous n’aimez pas » était simplement une personne qui ne vous aidait pas à satisfaire vos besoins ? Tout de suite, le jugement cesse. Car il n’est plus question de l’autre mais de moi. Aujourd’hui, pour vous éloigner du jugement et vous rapprocher de votre cœur, posez-vous 3 questions : Comment je me sens ? De quoi est-ce que j’ai besoin ? Comment je peux m’être utile ?

Dans la pratique du yoga, c’est le 3ème œil ou Ajna Chakra (6ème chakra situé au milieu du front entre les deux sourcils) qui m’a donné envie de voir le monde de manière pacifique. Lumineuse. Sans bien et sans mal. Ce chakra est très agréable à solliciter et à ressentir. Comment s’y prendre ? Régulièrement, prenez conscience de la forme de votre front. Très souvent, nos sourcils sont légèrement froncés et notre peau plissée. Notre regard inquisiteur en dit long sur notre état d’esprit J Consciemment, relâchez l’espace entre vos deux sourcils et sentez une lumière traverser votre 3ème œil. Une belle lumière chaleureuse et apaisante. Sentez votre regard se détendre et votre respiration se calmer. En gardant ce front ouvert et lisse, continuez votre journée. Dès que vous vous rendez compte que le front est crispé, relâchez l’espace du 3ème œil.

Celui qui voit au-delà de la personne ou de l’obstacle apparent, au-delà du bien faire et du mal faire, au-delà du jugement et des fautes qu’il attribue à l’autre, voit la lumière de l’unité et voit une opportunité. Une opportunité en or pour son développement personnel et professionnel. Vous la voyez ?

 

Cécile Doherty-Bigara, professeur de yoga et thérapeute en Ayurveda

Retrouvez l’article de Cécile dans votre Yoga Journal N 3, disponible en presse et sur son blog (alimentation, spiritualité, nature, bien être) http://www.lepalaissavant.fr

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