fbpx

Divorcée… et maintenant 

Par Charlotte Saint jean

Voilà, le papier officiel est arrivé. Je suis divorcée. Un titre qu’on ne planifie pas, qui paraît inenvisageable pendant les belles années partagées. « Divorce »… Ce mot, une fois prononcé, écrit noir sur blanc, me donne la sensation d’être étiquetée à vie.

L’histoire commence par : « Il était une fois une belle princesse… » et se termine généralement avec un fabuleux mariage venant sceller un amour éternel. Imprégnées depuis l’enfance par ces contes de fées, les femmes ont d’autant plus de mal à faire face à la réalité de 2016 : dans certaines régions de France, deux femmes sur trois sont divorcées. Ces femmes doivent alors dire, écrire, réécrire, répéter qu’elles sont DI-VOR-CÉES. De nos jours, en seulement deux à trois mois on peut être divorcé et entamer un nouveau chemin. En rendant le processus facile et rapide, on allège le divorce de certaines stigmatisations et culpabilités, mais cela ne supprime ni la souffrance ni le traumatisme. La souffrance, la colère, la frustration, la folie, la peur, l’acceptation sont des étapes nécessaires pour faire son deuil. Car il s’agit bien là d’une forme de deuil. Les rêves à deux brisés, son propre conte de fées avorté. La première soirée sans mes filles, où j’ai réellement compris qu’elles ne passeraient pas tout leur temps chez moi, cela m’a fait tellement mal que les voisins ont dû entendre mes hurlements et mes larmes.

Les étapes du deuil ne doivent pas être brûlées, elles sont très importantes. Pema Chödrön, dans son livre Quand tout se brise en morceaux, écrit qu’il faut apprendre à laisser de l’espace. La vie va se briser maintes fois en morceaux puis reprendre son cours – croyez-moi, ce n’est pas une question de mois. Une fois cette étape franchie, on se trouve face à la réalité : un état de divorce. On est « libre »… jusqu’à un certain point. Si on a des enfants, la garde partagée ou principale s’impose. On jongle alors entre les enfants, les maisons et la vie personnelle, souvent le dernier alinéa sur une longue liste ! Sortir seule se fait avec plaisir pendant un temps, mais systématiquement, ce n’est plus attirant. « Tu peux te remettre avec quelqu’un… », conseille un ami bienveillant. Mais est-ce bien le but ? Et comment y parvenir ? On arrive à trouver du temps même lorsque l’agenda est chargé, mais créer de la disponibilité émotionnelle, du désir, c’est plus dur, sans parler de redevenir « sexy » et attirante !

Le processus engagé lorsqu’on divorce et la situation vécue lorsqu’on est divorcée laissent des traces. Souvent, ils révèlent une femme plus forte, plus courageuse, qui veut et peut rayonner par sa propre lumière. Le divorce peut alors signifier ouverture vers l’avenir, aventures en devenir. J’ai érigé en moi des fondations plus stables, j’ai réussi à me redéfinir. En donnant de l’espace aux morceaux brisés de moi-même, en plongeant vers l’intérieur, j’ai pu revivre et exorciser les rêves de petite fille. J’ai aujourd’hui le sentiment d’être un phénix sorti des flammes du désespoir avec le cœur et le corps intacts. Harmonieuse ? Rayonnante ? Pas tous les jours. Il me faut parfois puiser la concentration nécessaire dans la yoginī que je suis pour créer une plateforme stable, guérir les blessures, les remettre en place. Yoginī ou divorcée, on est obligatoirement forte, prête à affronter des peurs. Des guerrières – certes paisibles mais guerrières tout de même – de vie !

Charlotte, notre yoginī anglaise, nous sert un concentré d’espoir, de foi et de sororité.

© photo Julliard

Retrouvez Charlotte pour un stage réservée aux femmes du 18 au 20 novembre aux Logis du Bourg à 25 mn de Montélimar, 3h15 de Paris.

http://www.boutiqueyogi.com/stages/93-la-femme-en-toute-fluidite-du-18-au-20-nov-avec-charlotte-saint-jean.html

Très belle journée, Namasté

www.yogachezmoi.com

Laisser un Commentaire