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Gluten, le grand méchant blé ?

Par Laure Terrier de La Chaise, professeure de yoga et naturopathe

Le régime sans gluten fait de plus en plus d’adeptes aussi bien chez les férus de nutrition que chez ceux touchés par des troubles ou des pathologies digestives. Pourtant, l’application de cette diète est contraignante et peut venir bouleverser des habitudes de vie.

Et même si le jeu semble en valoir la chandelle tant les améliorations au niveau de la santé sont probantes, il est primordial, avant de faire un choix si engageant, d’en connaître les raisons profondes et les conséquences, au-delà de tout effet de mode. Répond-il à un véritable besoin manifesté par l’organisme ? Les nouvelles habitudes alimentaires adoptées sont-elles équilibrées ? Est-ce qu’un mieux-être est véritablement décelable depuis ce régime ?

Pourquoi cette mise au pilori du gluten ?

Pour commencer, savez-vous exactement ce qu’est le gluten ? Il s’agit d’un ensemble de protéines, dont la gliadine et la gluténine, combiné à de l’amidon qui est contenu dans la graine de certaines céréales à paille. On estime que depuis plusieurs dizaines d’années, le blé a subi un nombre incalculable de manipulations génétiques afin d’être toujours plus résistant et plus abondant. Ainsi, le blé consommé par nos aïeux n’a malheureusement plus rien à voir avec celui que nous tentons de digérer aujourd’hui. Éloigné en quelque sorte de son état de nature, le gluten est considéré par le corps, qui ne parvient pas à l’identifier, comme un ennemi. C’est ainsi que le système immunitaire se met en branle, l’inflammation se chronicise au niveau de la muqueuse intestinale, la digestion se dérègle et le mal-être s’installe.

Les problèmes de digestion du gluten sont également liés à son omniprésence dans l’alimentation. Sur-utilisé en boulangerie, dans les aliments transformés et les plats préparés en raison de ses propriétés viscoélastiques, le corps est soumis à une sorte de surexposition au gluten qu’il ne parvient plus à métaboliser. L’overdose s’exprime à travers des lourdeurs, des ballonnements, des spasmes, des fatigues après la prise des repas… mais également à travers d’autres signes ou pathologies avec lesquels il est plus difficile de faire le lien, tels des problèmes articulaires, cutanés, des maladies auto-immunes ou encore de dépression.

Intolérance ou sensibilité

Certaines personnes touchées par une véritable intolérance à une ou plusieurs fractions protéiques du gluten doivent impérativement le supprimer de leur alimentation. Caractérisé comme auto-immune, le diagnostic de la maladie cœliaque par le corps médical est souvent long à poser tant ses manifestations sont variées. Le moindre écart alimentaire pour ces personnes intolérantes est souvent lourd de conséquences.

Les autres personnes ne supportant pas le gluten (et plus précisément la gliadine) sont dites hyper-sensibles ou allergiques (dans de plus rares cas). Ces situations ne sont pas irrévocables et sont souvent liées à un trouble de la perméabilité intestinale. La muqueuse de l’intestin ne remplissant plus son rôle de barrière laisse passer dans le sang des fragments alimentaires insuffisamment digérés, des bactéries et un grand nombre de déchets métaboliques. Mais attention, encore une fois, la sensibilité lorsqu’elle est avérée possède des marqueurs particuliers. C’est là tout l’enjeu des laboratoires d’analyses proposant des tests d’intolérance et mesurant les taux d’IgG, anti-corps secrétés au contact de l’aliment et indiquant que l’organisme répond à une agression.

Mais, alors ?

Avant de vous lancer dans la réalisation de tests onéreux, il est conseillé d’essayer de supprimer pendant un mois complet le gluten de son alimentation et cela sans écart ! C’est une vie de détective qui commence car le gluten se cache insidieusement partout et peut emprunter des noms tels que amidon modifié, arôme de malt, glutamate (attention à la gastronomie chinoise)… Le gluten est également présent dans les sauces soja à base de blé fermenté, dans la majorité des plats industriels, dans certaines moutardes… Vous ne pourrez pas non plus continuer à utiliser votre grille-pain habituel dans lequel du pain traditionnel aura été grillé !

Tous ces efforts valent la peine d’être menés jusqu’au bout. L’arrêt du gluten chez certains entraîne des métamorphoses profondes sur tous les plans. La digestion se rééquilibre, l’énergie revient, tout comme le moral. Reste à se faire accompagner par un médecin ou un naturopathe pour ne pas faire d’erreurs !

Laure Terrier de la Chaise, naturopathe & professeur de yoga

Article avec les recettes sans gluten à retrouver dans votre Yoga Journal N°4

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