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(c) F. Seguin

Interview – Guillaume Néry

Apnéiste, ancien champion de monde, réalisateur de fictions oniriques sous l’eau avec sa compagne Julie Gautier, Guillaume Néry est aussi un fervent pratiquant, convaincu qu’il existe un lien fort entre le yoga et l’écologie. Il nous invite à utiliser cette discipline pour donner un sens profond à nos existences et cultiver la sobriété.

© F. Seguin

Propos recueillis par Lionel Piovesan

Pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec le yoga ?
Dans le Grand bleu, Jean Reno s’adresse à Jacques Mayol (joué par Jean-Marc Barr) et lui dit : « Jacques, fais bien deux heures de yoga avant de plonger. » Du coup dans l’imaginaire des gens c’est devenu : « On ne peut pas faire d’apnée si l’on ne fait pas de yoga. » Dans le club de mes débuts à Nice, on se battait contre ces clichés. J’étais très fier de dire, au début de ma carrière, que je ne menais pas une vie d’ascète et de yogi. J’ai ainsi obtenu mon premier record du monde sans faire du yoga. C’est suite à cette confrontation et à mon refus de pratiquer le yoga que je me suis intéressé et ouvert à cette discipline. Comme un contrepoids de ce que j’avais rejeté, je me suis dit qu’il y avait des choses intéressantes à y puiser.

 

Que recherchiez-vous dans le yoga à vos débuts ?

Dans un premier temps, seule l’approche physique, posturale m’intéressait. Ça me plaisait de pratiquer des postures physiques intenses ! En tant que jeune sportif de haut niveau, je n’aimais pas les phases méditatives ou la relaxation. J’ai commencé par du Hatha Yoga sur l’île de la Réunion. Il faut savoir que pour les apnéistes le yoga permet d’être plus souple au niveau de la cage thoracique pour mieux accepter la pression dans les grandes profondeurs. Mais le yoga est un long cheminement qui m’a bien fait évoluer depuis.

 

Justement, quelles écoles avez-vous fréquenté ?

J’ai fréquenté l’école de Christian Pisano à Nice un des spécialistes de l’Iyengar mondialement reconnu. Ses cours m’ont permis de travailler la précision du placement au millimètre près et ouvert à la dimension thérapeutique du yoga. Le seul frein pour moi était le nombre d’accessoires qu’il requiert. Car, dans tout ce que je fais, j’aime avoir une autonomie et une liberté vis-à-vis du matériel, et le rapport le plus simple possible entre mon corps et l’environnement naturel qui m’entoure. Je me suis donc affranchi du matériel pour créer ma propre routine de yoga, sans accessoires. C’est aussi pour cette raison que je pratique assidûment l’apnée. J’aime cette sensation de liberté. Maintenant, j’ai une pratique qui mêle ashtanga et vinyasa, avec Yuko Harmegnies, à Nice. Mais je dois dire que j’ai survolé le yoga, j’aimerais avoir le temps de le découvrir plus en profondeur.

 

Utilisez-vous la respiration yogique (pranayama) avant de plonger ?

En quelque sorte. J’ai créé ma propre routine ventilatoire, juste avant de plonger.

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