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Interview de Camille Sfez

« Accepter de se mettre à nu en dévoilant sa vulnérabilité. »

 

Psychologue clinicienne, formatrice et autrice*, Camille Sfez accompagne les individus et les groupes à renouer avec le féminin. C’est en découvrant les cercles de femmes, ces espaces où elles se reconnectent à une forme de liberté et de puissance, qu’elle a trouvé sa voie et sa raison d’être.

 

Camille, peux-tu nous expliquer comment on en vient à écrire La Puissance du féminin ? 

Les femmes ont longtemps été enfermées dans des schémas, ce qui m’intéresse, c’est de les en faire sortir. Pour moi, il y a cette question centrale de la valeur du féminin et j’ai beaucoup apprécié mes premières expériences des cercles de femmes quand j’étais étudiante. Je me cherchais à cette époque et j’ai aimé ces espaces de parole, d’écoute et d’échanges où les femmes peuvent se retrouver et se livrer sans artifices. Je pense qu’elles ont besoin de ça, un espace sécurisé où elles peuvent librement échanger et se connecter. J’avais envie de témoigner de ce qui se passait dans les cercles. Je souhaitais en parler alors que nous nous réunissions dans des caves, des sous-sols, comme s’il fallait se dissimuler. Tout ce qui se jouait dans ces espaces était hyper beau, très précieux, mais c’était caché.

 

C’est quoi le féminin sacré ?

Ma réponse la plus simple, c’est que « le féminin sacré » correspond à une époque, celle de la préhistoire, avant l’arrivée de l’écriture, du patriarcat. On sait que les hommes et les femmes vénéraient une déesse qui avait plein de noms et de formes, « la vénus callipyge », etc. On ne connaissait pas le rôle de l’homme dans la procréation et on pensait que les femmes auto-engendraient des enfants. Le corps des femmes était valorisé. Elles avaient un rôle spirituel et social puisque c’était elles qui entraient en communication avec la déesse. L’arrivée du patriarcat est venu détruire tout cela. Le désir sous-jacent au féminin sacré, c’est de sortir du patriarcat, de cette matrice dans laquelle, depuis cinq mille ans, les femmes sont martyrisées. Ce qui m’intéresse, c’est de retrouver un rapport sain et équilibré avec les hommes, en développant notre capacité à rayonner, agir, à avoir de l’impact.

 

Qu’y a-t-il encore derrière ce terme du « féminin sacré » ?

C’est aussi un courant de développement personnel dont on parle beaucoup aujourd’hui. Il est un peu « fourre-tout », on y met des cercles de femmes, du Tantra, du féminisme, du chamanisme, plein de choses… C’est sans doute un effet de mode. Mais derrière ça, il y a un vrai désir à la fois des femmes mais aussi, je pense, de la société dans son ensemble, de s’ouvrir à ce que certaines autrices ont appelé « le féminin de l’être ». Je pense à Annick de Souzenelle, Christiane Singer, Delphine Horvilleur… qui expliquent qu’il existe cette polarité à l’intérieur de nous, une polarité d’accueil, d’écoute, qui nous permet de recevoir et de nous laisser traverser par nos émotions. C’est vraiment ce qui m’intéresse dans le féminin, comment développer ses capacités d’accueil et d’écoute pour agir en cocréation avec ce qui nous dépasse, en laissant de côté nos egos.

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