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Interview hors du tapis, Thierry Janssen

« Ma vie est une méditation »

Enfant contemplatif, chirurgien devenu psychothérapeute et auteur, Thierry Janssen nous invite, dans son dernier livre*, à partager l’expérience mystique qui lui a fait entendre le silence au-delà du mental… Allons à la rencontre de cet homme éveillé à l’essentiel : la paix et la joie profondes.

Propos recueillis par Julien Levy

 

Comment avez-vous découvert la méditation ?

Enfant, j’étais très contemplatif, sans m’en rendre compte je méditais déjà. À l’âge de 17 ans, la perte de mon cousin m’a emmené dans une grande quête de spiritualité. J’ai alors lu quelques ouvrages consacrés au bouddhisme, fréquenté un centre tibétain à Bruxelles. Tout le monde méditait en se balançant, mais personne ne m’expliquait comment pratiquer (rires). Je cherchais à faire le vide en moi et plus je m’y efforçais, plus mon mental était agité et stressé. J’ai mis du temps à comprendre que la méditation ne consiste pas à « faire le vide » en soi mais d’« être vide ».

 

En quoi consiste votre pratique personnelle ?

Au début, j’essayais de m’astreindre à une pratique régulière, chez moi, dans un endroit calme (généralement ma chambre), quinze à vingt minutes par jour. Mais, très vite, j’ai éprouvé le besoin d’intégrer cette posture de vigilance apaisée tout au long de mes journées. Et puis, il y a sept ans, j’ai vécu une expérience pour moi extra-ordinaire. Alors que je tentais de focaliser mon attention sur les mouvements de ma respiration afin d’apaiser mon mental agacé par le bruit de travaux dans la rue, j’ai entendu, tout à coup, le silence au-delà du bruit. Le silence qui est tout au fond, toujours là, au-delà des sensations, des émotions et des pensées. C’est difficile à traduire par des mots. J’ai vécu comme un eurêka !, une révélation en profondeur, au-delà du mental.

Depuis, j’entends ce silence de façon quasi permanente. Peu importe l’agitation de mon mental, il y a au-delà un espace silencieux, paisible et profondément aimant – l’espace de la présence, de la pure conscience qui accueille tout ce qui est, sans conditions. J’ai l’impression de vivre ma vie comme une méditation. Cela ne m’empêche pas d’être soumis aux perturbations de mon mental mais je ne suis pas ces perturbations, « je » EST celui qui contemple tous ces phénomènes passagers que sont les sensations, les émotions et les pensées.

 

De manière concrète, comment parvenir à écouter le silence à l’intérieur lorsqu’on ne l’a jamais expérimenté ?

La première condition est d’intégrer l’idée qu’il ne s’agit pas de créer le silence en nous mais bien de l’écouter. Le silence n’est pas l’absence de bruit mais plutôt l’espace dans lequel tous les bruits apparaissent et disparaissent. Il est à l’arrière-fond. Il suffit d’apaiser le mental pour commencer à l’entendre. Le meilleur moyen de calmer le mental est de focaliser l’attention sur ce qui se produit dans le champ de la conscience, de diriger l’attention sur les mouvements de la respiration et d’ouvrir le cœur en détendant la poitrine.

 

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