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La recette du bonheur

La psychiatrie nutritionnelle révèle que l’alimentation influence considérablement notre santé mentale. Découvrez comment accroître les bienfaits du yoga sur votre humeur, grâce à un régime alimentaire approprié.

 

Andria Gutierrez n’avait que 27 ans, mais elle avait l’impression d’en avoir 80 : elle souffrait de confusion mentale, était irritable et fatiguée en permanence. Puis, ses crises d’angoisse sont devenues de plus en plus fréquentes. Diagnostic ? Andria souffre d’anxiété, mais les traitements prescrits par les médecins la soulagent à peine. C’est donc ailleurs qu’elle est allée chercher de l’aide.

« J’ai parlé avec quelques naturopathes et ils m’ont tous suggéré de modifier mon régime alimentaire », explique Andria. Trois mois plus tard, luttant toujours contre l’angoisse, la fatigue et un cerveau embrumé, elle décide enfin de modifier ses habitudes alimentaires. Elle arrête le sucre, la viande rouge et les céréales raffinées pour passer à un style d’alimentation plus méditerranéen axé sur les fruits, les légumes et le poisson. Elle observe des améliorations en quelques semaines. Aujourd’hui, trois ans plus tard, Andria constate :« Je ne me suis jamais sentie si bien ; l’angoisse et la dépression ont complètement disparu. » Je n’avais jamais été à l’aise et satisfaite de ma vie, et c’est désormais le cas. »

« Les médecins et naturopathes orientaux prescrivent des changements de régime alimentaire pour aider à soulager les souffrances mentales et physiques depuis des millénaires », explique le Dr Eva Selhub, interniste, maître de conférences à la faculté de médecine de Harvard et clinicienne à l’Institut Benson-Henry pour la médecine du corps et de l’esprit de l’Hôpital du Massachusetts. La science occidentale est en
train de rattraper son retard et un important corpus de recherche suggère que les aliments que nous consommons influencent grandement notre cerveau et notre santé mentale. En réalité, au vu des nombreuses preuves existantes, un tout nouvel axe de recherche et de traitement en matière de santé mentale a vu le jour : la psychiatrie nutritionnelle.

« Ces dernières décennies, la psychiatrie considérait que l’esprit était séparé du corps, que les maladies psychiatriques comme la dépression existaient uniquement dans l’esprit, et que ce que votre corps ingérait n’avait quasiment aucune influence », indique Felice Jacka, docteur en épidémiologie et professeur à la faculté de médecine de Deakin, à Melbourne, en Australie, qui s’est spécialisée dans la psychiatrie nutritionnelle. « Mais les recherches menées ces dix dernières années nous montrent de plus en plus que la santé physique et la santé mentale font un tout et ne peuvent être séparées. »

Par exemple, dans une étude effectuée sur plusieurs centaines d’Australiennes, les femmes qui mangeaient le plus d’aliments naturels, tels que les fruits, les légumes, la viande non transformée et les céréales complètes, avaient moins de chances de souffrir de dépression, d’angoisse ou de troubles bipolaires que les femmes qui avaient un faible apport en nourriture saine. Deux études d’envergure réalisées plus tard, en Norvège et aux États-Unis, ont donné des résultats similaires.

Même s’il est vrai que les personnes atteintes de maladies mentales ou en souffrance ont tendance à être attirées par des aliments moins sains, tels que les plats préparés ou les aliments « réconfortants », ceci n’explique pas entièrement la corrélation, affirme le Dr Jacka. Des modifications profondes dans la structure du cerveau et le comportement ont été observées après des études sur les changements de régime alimentaire des animaux. Des chercheurs examinent actuellement si ce phénomène s’applique également chez l’homme.

Jusqu’à présent, la psychiatrie nutritionnelle établit principalement une corrélation entre l’alimentation et le risque de dépression, mais des preuves laissent également suggérer que l’alimentation jouerait un rôle dans des pathologies telles que l’anxiété, la démence, la schizophrénie et les troubles de l’attention. « Pour chaque patient, je procède désormais à une évaluation complète de ses habitudes alimentaires et j’essaie d’intégrer le choix des aliments à son traitement », explique le Dr Drew Ramsey, professeur de psychiatrie à l’université de Columbia à New York et coauteur de l’ouvrage « The Happiness Diet ». « Je me souviens que l’un de mes patients – un jeune homme qui luttait contre la dépression et l’angoisse – avait un régime complètement déstructuré ; il sautait beaucoup de repas, consommait beaucoup d’aliments riches en sucres raffinés et ne mangeait presque aucun légume. » Après un an de traitement accompagné d’un régime alimentaire quotidien riche en légumes, poissons et fruits de mer et smoothies diététiques, « sa dépression était guérie et il ne prenait plus aucun médicament », relate le Dr Ramsey. « Je me souviens qu’il m’a dit : “si je ne mange pas bien, je ne me sens pas bien.” » (Évidemment, le régime doit faire partie du traitement. N’arrêtez jamais de prendre vos médicaments sans l’avis de votre médecin.)

 

L’influence de l’alimentation sur l’humeur

Comme toute autre partie du corps, notre cerveau est principalement construit à partir de la nourriture que nous mangeons. « Les émotions naissent de façon biologique par deux cellules nerveuses qui entrent en contact, et ces cellules nerveuses sont constituées des nutriments présents dans les aliments », explique le Dr Ramsey. Votre corps ne peut pas produire de sérotonine, un neurotransmetteur régulant l’humeur, sans fer ni tryptophane, remarque-t-il, ni produire de myéline, la substance grasse qui protège les cellules du cerveau, sans vitamine B12 (présente dans les poissons et fruits de mer, le bœuf et les produits laitiers).

Si l’on donne à son corps un carburant de meilleure qualité, il fonctionnera mieux. Mais certaines recherches avancent d’autres détails sur la manière dont la nourriture influence notre état d’esprit. Par exemple, les rats à qui l’on donne un régime riche en matières grasses et en sucres raffinés ont un nombre réduit de facteurs de croissance (les neurotrophines) dans le cerveau, et les scientifiques supposent qu’il se produit la même chose chez les humains qui aiment le sucre.

 

Les neurotrophines accélèrent le renouvellement des cellules du cerveau dans l’hippocampe, une partie du cerveau qui joue un rôle-clé pour la mémoire, explique le Dr Jacka. Suivre un régime moins riche en sucre peut avoir un impact sur la dépression, du moins en partie, grâce à ses effets sur les neurotrophines et l’hippocampe. Le stress oxydatif sur les cellules du cerveau semblerait également jouer un rôle. « Votre cerveau brûle une quantité énorme de glucose pour produire de l’énergie et, tout comme dans une voiture, l’essence brûlée produit des gaz d’échappement. Quand vous brûlez du carburant dans le cerveau, une sorte de gaz d’échappement est libéré : les radicaux libres, explique le Dr Ramsey. Avec le temps, ces radicaux libres endommagent vos cellules, c’est ce que l’on appelle le stress oxydatif. » Si les dégâts sont importants, cela peut affecter l’émotion en interférant avec la manière dont les cellules du cerveau fonctionnent. Celles-ci et les signaux qu’elles s’envoient contribuent à créer l’émotion et l’humeur. Par conséquent, si les cellules ne sont pas saines et si elles sont endommagées, les signaux qu’elles envoient deviennent confus ou irréguliers et cela donne lieu à des troubles psychologiques tels que la dépression et l’angoisse. Les antioxydants comme les vitamines C, E, le bêtacarotène, et les flavonoïdes tels que la quercétine et les anthocyanidines (que l’on trouve dans les baies) aident à prévenir et lutter contre le stress oxydatif.

Les molécules présentes dans les aliments affectent également nos gênes. Par exemple, les antioxydants flavonoïdes présents dans le chocolat noir et certains légumes, ou le zinc présent dans les huîtres ou les oméga 3, modifient le comportement de nos gênes. Par conséquent, si on a une prédisposition génétique à la dépression, le régime alimentaire peut augmenter ou diminuer le risque de développer cette maladie.

 

Pour en savoir plus sur l’influence de l’alimentation sur l’humeur, découvrez l’article complet dans votre Yoga Journal n°2 disponible en version papier et digitale.

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