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Les artisans du nectar de vie

Par Cécile Doherty-Bigara

« Si le but ultime d’un capitaine était de préserver son bateau, il le garderait au port pour toujours »

Saint Thomas d’Aquin

Regarder mes parents s’activer dans leur potager me ramène à ma propre vitalité. À 62 et 80 ans, d’où leur vient cette pêche et comment pourrais-je cultiver cette énergie, ce nectar de vie ?

Existe-t-il un lien entre notre vitalité, notre immunité, notre enthousiasme pour la vie et notre conscience ? La réponse est « oui » d’après l’ayurvéda qui nomme ce lien « ojas », le nectar de la vie. « Ojas » veut dire « vigueur » et « expression de notre conscience ». C’est le sous-produit le plus raffiné de notre digestion (des aliments naturels, nourrissants et non transformés). Tout au long de notre vie, notre corps prend 30 jours pour fabriquer ce précieux ojas après avoir créé successivement la lymphe, le sang, les muscles, la graisse, les os, la moelle et enfin les fluides reproducteurs. Ojas nous donne l’énergie au quotidien d’irradier, de ne pas simplement vivre mais d’être florissants. Ojas, c’est la bonne mine, la fraîcheur, l’éclat de vie que nous recherchons tous et que je vois dans les yeux de ma mère, Victoria, lorsqu’elle me montre fièrement ses « premières mandarines ».

Les fontaines d’ojas

Les nourritures du corps sont déterminantes dans la fabrication du nectar de vie. Parmi les aliments rois il y a les dattes, la noix de coco, les amandes, le safran et l’ashwagandha (une herbe indienne généralement consommée sous forme de poudre dont le nom est souvent traduit par « force du cheval »). Un smoothie à base de lait végétal accompagné de ces merveilles sera un excellent rajeunissant. Nos actions quotidiennes jouent aussi leur rôle : rire, toucher, se reposer et passer du temps dans la nature sont des sources d’ojas. L’inquiétude, le manque de sommeil et l’excès de travail sont des activités qui épuisent ojas. Je préconise donc plus de câlins et moins de listes de choses à faire !

Mais il y a quelque chose en plus. Alors que j’ai moi-même du mal à me lever le matin, qu’est-ce qui incite mes parents à passer des heures à travailler la terre du jardin quand leur dos les fait souffrir ? La réponse de ma mère est très simple : « Je donne beaucoup à la terre parce qu’elle me donne énormément en retour. L’autre motivation pour me réveiller et avancer c’est ta sœur et toi, vous m’apprenez tant sur la vie ! ». À 80 ans, mon père a trois attaques cardiaques et quelques minutes de mort clinique au compteur, une alimentation excessive et quarante ans de tabac dans les poumons. Mais il attend chaque jour avec impatience que ses filles l’appellent et il échange avec son entourage. Le monde ne le sollicite pas forcément mais, lui, n’a pas laissé tomber le monde. Malade et âgé, il continue de se sentir utile, demandé, engagé et répond présent chaque jour lorsqu’il faut parler de la dernière folie du gouvernement mexicain, du bruit que fait le voisin ou pour se vanter de son denier curry végétarien.

Ma vitalité, c’est l’autre

Ce sont donc les autres qui nous maintiennent engagés dans le jeu de la vie. Tu es ma vitalité et je suis ta vitalité. Ojas ne vient pas en se protégeant dans un cocon mais en participant et en aimant pleinement la vie et les gens qui la composent.

Cécile intervient à chaque numéro depuis 1 an et demi et c’est toujours un plaisir de retrouver sa rubrique,

Très belle journée, Namasté

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Cécile, notre spécialiste de l’ayurvéda et voyageuse pétulante.

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