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Les clés pour évacuer ses peurs

La peur et ses différentes formes sont au centre de la palette émotionnelle humaine. Dans un monde d’après anxiogène pour beaucoup de nos contemporains, nous avons exploré différents moyens pour nous en libérer et retrouver la confiance.

Par Julien Levy

© photo Istock / 4FR

C’était le point du jour lorsque l’homme a surgi de nulle part. Linda Bortoletto, exploratrice et écrivaine, adepte de longue date de la méditation, contemplait et photographiait le soleil levant. Cet été 2019, elle avait entrepris une longue marche seule dans les montagnes d’Anatolie centrale, en Turquie, comme elle avait pu le faire précédemment en Alaska, au Tibet oriental, en Israël… « L’homme m’a agressée très violemment en m’étranglant à trois reprises pour tenter de me violer », se souvient-elle, la voix à la fois teintée d’émotion et de distanciation. « J’ai finalement réussi à m’échapper en courant dans les montagnes. Dans ma fuite, j’étais hors chemin, j’ai commencé à avoir peur car je ne savais pas où il se trouvait et je connaissais ses intentions. » Linda Bortoletto est finalement parvenue à un croisement où seules deux possibilités s’offraient à elle : prendre à droite ou à gauche.

Écouter son intuition

« Je me suis posée et me suis dit : “Écoute ton intuition.” Je pense que la méditation m’a aidée à me dégager de façon quasi instantanée de cette réaction de la peur pour faire un choix basé sur l’intuition. » Guidée par sa petite voix, elle s’est élancée à gauche. Quelques foulées plus loin l’attendait une cabane de berger dans laquelle une voyageuse belge a pu l’aider à prévenir les secours. L’agresseur a été arrêté. « Pour la petite histoire, la cabane où vivait cet homme se situait au bout du chemin de droite… », a-t-elle su plus tard. De retour en France, Linda Bortoletto a eu un suivi psychologique pour surmonter le traumatisme. « Ensuite, j’ai beaucoup analysé cet événement. J’ai pris du recul face à ce trauma parce que je savais que j’allais en sortir. Grâce à la méditation, j’ai réussi à me placer en observatrice de la situation, aussi grave pouvait-elle être. La méditation est à l’esprit ce que le corps est au sport. »

Après avoir vu la mort d’aussi près, elle a trouvé les ressources de repartir en voyage. « Suite au point d’arrêt de cette expérience, mon corps a eu besoin de se remettre en mouvement. En décembre, je suis partie marcher dans les Andes pendant trois mois pour réparer ce qui avait été interrompu en Turquie. Là-bas, j’ai eu peur bien sûr, j’évitais toutes les rencontres. Mais j’ai progressivement renoué avec la joie de marcher, celle d’être dans la nature, d’être en vie. Ça a réparé tout ce qui a été brisé à cause de cette agression. Il m’a fallu apprendre à désapprendre cette peur de l’autre. »

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