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L’évolution du yoga vue par Isabelle Morin-Larbey

Après des études de langues et de droit, Isabelle Morin-Larbey découvre le yoga en 1978. Formatrice d’enseignants, elle a été présidente de la Fney (Fédération nationale des enseignants de yoga) pendant dix ans. De la quête de sens à la mode du yoga, en passant par sa récupération, elle nous livre un regard sans fard sur son évolution.

Par Isabelle Morin Larbey

©DR

Lorsque j’ai commencé à pratiquer le yoga en 1978, dix ans seulement nous séparaient de Mai 68 et de son vent de liberté, de créativité, rempli d’un espoir profond d’égalité, de paix et de partage. Il en restait toujours un parfum prégnant. Les personnes que je croisais dans les cours venaient parfois pour des problèmes purement physiques mais, en fait, la plupart témoignaient d’une recherche philosophique, voire clairement spirituelle. Le yoga les attirait pour ses racines ancrées dans une terre indienne pensée comme hautement porteuse d’une sérénité ancestrale, la richesse de sa culture et la diversité des représentations de ses dieux multiples attestant d’une conception pacifique et plurielle du monde. L’aspect postural était important, bien sûr, mais là n’était pas l’essentiel. Nous étions à l’époque où la quête de sens prévalait, et il n’était pas question d’avoir un corps mais d’être notre corps.

Je faisais partie de ces élèves qui avaient enfin trouvé, par la pratique, le chemin d’une alliance, de retrouvailles avec elles-mêmes. J’étais rentrée à la maison… Alors bien sûr, allier physique, psychique et spirituel primait toute performance acrobatique. Les recherches et les traductions des grands textes étaient encore peu nombreuses pour les yogis de base. Le yoga, un des six systèmes philosophiques de l’Inde, un darshana, se déclinait sur cinq modes : le hatha yoga, le jnana yoga, le bhakti yoga, le karma yoga et le raja yoga.

Voilà quarante ans que j’enseigne. J’ai vu le yoga être récupéré parfois de bien étrange façon, à des fins publicitaires et mercantiles, par des personnes peu scrupuleuses. Mais je me suis déjà suffisamment exprimée à ce propos. Ce que je constate aujourd’hui, et ce, depuis plusieurs années, c’est évidemment une mode du yoga. Sa pratique est exponentielle et la façon de décliner le hatha yoga en une incroyable variété d’appellations est stupéfiante. Certaines me semblent très appropriées, d’autres très fantaisistes, proches de blagues de potaches. Les réseaux sociaux, capables du pire comme du meilleur, et le culte de l’instantané, gauchissent parfois des cheminements, sincères par ailleurs.

Je me réjouis de cet engouement si cette aspiration à une meilleure connaissance de soi-même et à une présence au monde attentive et bienveillante reste au centre de l’élan manifesté. La Covid-19 nous oblige et nous pousse à inventer pour l’instant de nouvelles façons d’être et de transmettre. Mais j’y vois aussi l’enseignement salutaire des Yoga-Sutras, tellement d’actualité, où notre premier principe est de ne pas nuire (ahimsa), soutenu par l’aisance et la fermeté de notre engagement fidèle et persévérant.

 

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Très belle journée, Namasté

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