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L’évolution du yoga vue par… Willy Van Lysebeth

Il est né dans le chaudron du yoga : son papa, le Belge André Van Lysebeth est l’un des pionniers du yoga en Europe. Dès1970, âgé de 26 ans, il enseigne le yoga, d’abord à l’Institut de Bruxelles aux côtés de son père ; puis au Québec, en France et en Italie. Il est aujourd’hui enseignant de yoga et psychologue-psychanalyste freudien.

Propos recueillis par Julien Levy

©DR

À l’âge de 6 ans, j’imitais papa en faisant la Chandelle et le Lotus. Quand il pratiquait Uddiyana Bandha (la ligature de l’abdomen, ndlr), j’enfonçais la tête dans la rétraction de son ventre. À cette époque, je suivais de près Sri Kantha-Rao, le yogi indien qui vécut toute l’année 1950 chez nous. Avec lui, nous chantions la Gayatri, un mantra en hommage au soleil. À l’adolescence, je pratiquais une variété de postures et, surtout, la méditation. Je voulais devenir sannyasin, renonçant, en Inde. Papa m’a conseillé d’attendre et d’entreprendre des études universitaires.

L’enseignement du yoga évolue, certes, mais conserve sa forme traditionnelle. L’Union européenne de yoga (UEY), fondée en 1971 par un ensemble d’enseignants, dont Gérard Blitz (fondateur du Club Med) et mon père André Van Lysebeth, y a grandement contribué. L’UEY intègre aujourd’hui plusieurs dizaines de fédérations nationales, dont la Federazione Mediterranea en Italie, au sein de laquelle je coordonne le comité pédagogique.

En Europe, la pratique du yoga s’est propagée dès les années soixante. Le Club Méditerranée fut un acteur déterminant de cette diffusion. Des milliers de vacanciers, les fameux « bronzés », y découvraient le yoga, les « G.O. » suivaient des formations d’enseignant et, à la rentrée, les « Gentils Membres » cherchaient l’occasion de poursuivre la pratique. Nombre de centres et écoles de yoga sont apparus dans ce contexte. Notons également qu’à cette époque, le roi et la reine de Belgique pratiquaient le yoga. Et les Beatles s’affichaient avec leur gourou tandis qu’en 1969, le fameux festival de Woodstock s’ouvrait par le chant du mantra « Om ».

Depuis une trentaine d’années, l’intérêt porté au yoga exprime une nouvelle approche de la santé, comprise comme l’accomplissement du potentiel d’être (physique, mental et spirituel).

De longue date, les activités des fédérations et autres associations, de même que l’organisation périodique de festivals, diffusèrent un enseignement créatif et évolutif du yoga. Aujourd’hui, le yoga se transmet et se partage par divers médias. Les cours vécus en réseau sont très intéressants, même si la transmission physique reste essentielle. Mais n’oublions pas que nombre de traditions indiennes millénaires connaissent l’initiation à distance dans l’espace et/ou le temps.

C’est tout l’art de l’espace et de la mémoire « akâshiques ». Les Maîtres antiques ne furent pas toujours physiquement présents. Les réseaux Internet sont d’un tout autre ordre. Certes, ce sont des moyens de contact et de communication offrant de belles possibilités de partage, mais ils n’ont pas la valeur symbolique, énigmatique voire mystique de la tradition indienne. Yogis, nous intégrons – depuis toujours – la « réalité akâshique » au champ d’expérience multidimensionnel. Faire du yoga ensemble, synchrones (en jour et heure convenus) est intense et fascinant. Point n’est besoin d’une « vidéoconférence ». Au contraire…

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