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L’interview de Bibi McGill

Nous rencontrons aujourd’hui Bibi McGill, guitariste de Beyoncé. Elle nous dit tout, de son goût pour la musique sacrée, sa passion pour le kale, ses expériences méta-physiques, à ce qu’elle pense de la planète yoga aujourd’hui.

Q Pouvez-vous nous raconter en deux mots  votre parcours de yogi ?

R En 2004, j’ai terminé ma formation de professeur de yoga. : 250 heures à Koh Samui, en Thaïlande. J’ai été encadrée par Paul Dallaghan, un professeur irlandais de yoga ashtanga. J’avais choisi son école car je ne trouvais pas ce que je cherchais en Californie, où j’habitais à l’époque. En fait, je ne voulais pas d’une approche simplifiée, mais je cherchais un enseignement vraiment complet, couvrant tous les aspects du yoga : la méditation, l’étude du sanskrit, l’anatomie, la philosophie et l’histoire de cette pratique.

Aujourd’hui, je suis membre du Root Whole Body, une des meilleures écoles de Portland. J’anime aussi des retraites de Yoga à Hawai.

 

Q Pourquoi avoir choisi le yoga ashtanga ?

R  J’ai commencé à pratiquer en 1998. Lors de mes premières tournées, en 2001, j’avais pour habitude de demander au concierge de chaque hôtel où se trouvait la salle la plus proche. Mais ce qu’on appelle « yoga » varie grandement d’un pays à l’autre et parfois la séance consistait à sautiller sur une musique de fanfare… Quand j’ai découvert le yoga ashtanga, j’ai compris que je pouvais apprendre des séquences et pratiquer seule de façon cohérente et régulière, quelque soit l’endroit où je me trouvais.

 

Q Vous avez déclaré que pour vous, le yoga s’adresse à tous. Pensez-vous que certains professeurs, certaines écoles ou encore certains médias envoient un message différent de nos jours?

R J’ai l’impression qu’aujourd’hui, on ne cherche qu’à attirer des femmes minces, aisées, d’une trentaine ou quarantaine d’années. Je pense qu’on devrait arrêter de toujours viser cette même cible et qu’on devrait s’intéresser à des personnes qui ont vraiment besoin d’être aidées. Le yoga peut aider tout le monde et il est à la portée de tous. Votre origine, votre poids, ça ne compte pas, et c’est la même chose si vous êtes atteint de cécité ou souffrez d’un handicap physique. J’encourage chaque personne à venir aux cours. Je rappelle aux gens qu’ils ne doivent pas se préoccuper de ce qui se passe sur le tapis du voisin, mais que l’objectif du yoga, c’est de rééquilibrer le corps et d’entrer en contact avec la nature divine qui est en chacun de nous.

 

Q Vous semblez tellement posée. D’après vous, est-ce dû au fait que vous pratiquez de façon assidue ?

R Je suis une musicienne et je suis de fait très créative. De plus, je suis Scorpion, donc j’agis impulsivement et je m’éparpille facilement. Je ne pense pas que j’aurais été capable de faire ce que je fais aujourd’hui tout en restant posée ou concentrée, si je ne m’étais pas astreinte à pratiquer le yoga de façon intensive (et je ne parle pas là seulement des exercices physiques). Je pense aussi au travail sur la respiration, à ce que je mange, toutes ces choses-là… Ce sont tous les aspects de la philosophie yoga que j’essaye de mettre en pratique dans ma vie. Quoiqu’il arrive et où que je sois, ,les premiers instants de ma journée sont toujours consacrés à la respiration, à la méditation et au silence.

 

Q Quelle est la suite du programme… en ce qui concerne le yoga, votre vie ?

R Je suis vraiment reconnaissante de pouvoir exercer ce boulot formidable, partir en tournée et jouer avec Beyoncé. Mais cela ne durera pas éternellement. Je m’intéresse à une musique plus sacrée et je vais préparer un album, principalement des morceaux à la guitare, mais aussi des contributions d’artistes kirtans* (NDLR chants dévotionnels dans diverses traditions spirituelles de l’Inde et du Bangladesh). J’aimerai vraiment pouvoir le sortir fin 2015, pour célébrer mes cinquante années sur cette Terre ! J’adorerai également pouvoir enseigner à nouveau. Et puis il y a aussi mes chips au kale – Bibi Kale Chips – et ma ligne de bijoux avec L George Designs.

Q Votre ligne de bijoux arbore des pierres curatives. Vous vous intéressez à cela depuis longtemps ?

R Absolument ! Tout comme la musique sacrée, les huiles essentielles, les cristaux… Cela fait longtemps que j’explore mon lien avec la terre. Je me suis toujours intéressée aux choses que l’on ne peut pas voir, mais qui sont réelles.

 

Q Avez-vous pu discuter de tout cela avec les personnes qui vous accompagnent lors des tournées ?

R Bien sûr. Je fais partie de ce groupe de musique depuis huit ans. Au fil des ans, on m’interroge de plus en plus sur mes croyances et mon mode de vie. Il y a huit ans, faire brûler de la sauge ou de l’acore odorant et tirer les cartes des anges, c’était considéré comme du vaudou. Mais pendant cette dernière tournée, les filles du groupe étaient plutôt intéressées, par exemple « S’il-te-plaît, fais ton truc avec la sauge », ou bien « Bibi, quel cristal je dois utiliser pour ça ? Et quelle huile essentielle tu me conseilles pour ça ? ». En jouant avec Beyoncé, Pink et différents groupes, j’ai aussi pu discuter avec des fans très curieux vis-à-vis du yoga. Au contact des autres, je continue à apprendre, à m’éveiller en quelque sorte. Nous le faisons tous.

 

Q On parle beaucoup de la beauté naturelle. Comment définiriez-vous la beauté ?

R La beauté est tout autour de nous, dans la nature, dans les imperfections, partout. En ce qui concerne les gens, je pense que la beauté vient de l’intérieur et s’entretient de l’intérieur. Les personnes belles prennent soin d’elles – spirituellement, émotionnellement, physiquement et bien sûr énergétiquement. Elles agissent de façon intègre et respectueuse. Elles ont pleinement conscience de ce qu’elles disent, des relations qu’elles nouent, des aliments qu’elles consomment et des pensées qu’elles expriment.

Q Et qu’en est-il de vos tatouages ? Sont-ils une expression de la beauté selon vous ?

 

A  Je ne l’ai compris que très récemment, mais mes tatouages représentent des symboles qui m’ont aidée à me construire – des épreuves que j’ai traversées, des changements que j’ai vécus ou des périodes de ma vie où j’ai eu besoin de force ou de paix. J’ai par exemple une carpe koï qui remonte le long de mon bras, qui m’aide lorsque je dois faire face à l’adversité. J’ai également une femme samouraï, qui représente la puissance. Ces tatouages, c’est ma manière de dévoiler ma beauté intérieure.

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