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L’observation du souffle

Par Jacques Vigne,

 

Faut-il attendre un stade élevé de la posture pour aborder la méditation ? D’après Jacques Vigne, c’est perdre un temps précieux car il est possible, avec des exercices concrets, d’établir une progression vers l’intériorisation dès le début. Pour commencer, observons notre souffle.

 

Respirer est un phénomène universel. Prendre conscience de ce qui se passe dans ce processus l’est aussi. Personne n’a de copyright là-dessus. Il y a 25 siècles déjà, le Bouddha en a fait sa pratique de base en l’associant à l’observation des sensations et des contenus du mental. Lorsqu’on parvient à rentrer naturellement dans une respiration consciente, on s’aperçoit que chaque inspiration est une porte ouverte sur la libération grâce à laquelle on se permet symboliquement de tout laisser tomber ; quant à l’expiration, elle représente à la fois un lâcher-prise et un engagement positif.

Dans la première partie du Satipatthana Sutta qui porte sur l’observation du corps, dès le second paragraphe, le Bouddha prend la comparaison du potier : de même que l’apprenti du potier tirant sur la corde sait quand il tire un grand coup ou un petit coup, le moine sait lorsqu’il inspire longuement qu’il est en train d’inspirer longuement, et lorsqu’il inspire brièvement, qu’il est en train d’inspirer brièvement. Pour mieux sentir cette image du potier, on peut accompagner les variations du souffle naturel avec les mains, d’abord en plaçant les mains devant soi, ensuite en les visualisant.

La respiration du potier. On met les deux mains face au thorax, comme si on était en train de modeler un pot qui tourne. Le tour représente le cycle respiratoire : quand on inspire on écarte un petit peu les mains, l’une en face de l’autre ; quand on expire, on les rapproche. Au bout de quelques temps, on repose les mains physiques sur le giron, dans la même position, les paumes continuant à se regarder, tout en essayant de toujours ressentir le mouvement des mains de lumière. On les visualise au niveau du thorax, en précisant leur synchronisation de plus en plus détaillée avec le souffle. Les moindres variations du souffle se traduiront par une petite variation du mouvement des mains ou des doigts.

Du point de vue physiologique, il existe dans l’inspiration une micro-stimulation nerveuse du système sympathique que l’on relie aux états d’excitation, tandis que dans l’expiration c’est le système parasympathique qui est stimulé ce qui aboutit à un effet calmant. L’association régulière des deux fait que les systèmes se chevauchent, et on obtient un état de co-stimulation sympathique et parasympathique qui ouvre la porte à la méditation profonde1. La stimulation sympathique sera plus profonde si on sent la fraîcheur de l’air qui commence à ouvrir la narine fermée ; la stimulation parasympathique sera plus intense si on se focalise sur l’apparition de la chaleur dans le corps, en particulier dans les deux mains, les deux pieds et au niveau de Mûlâdhâra, le centre du périnée.

 

Retrouver l’article complet sur l’observation du souffle dans votre Yoga Journal n°14 disponible en version papier et digitale.

 

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