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Mahâmudra, symbolisme et description du noble geste 1er degré

L’éclairage de  Boris TATZKY

Au sein des innombrables postures du Hatha-Yoga, quelques unes d’entre-elles présentent un intérêt exceptionnel. C’est le cas notamment de celles qui portent le nom de Mudrâ (sceau). Elles ont la particularité de proposer des actions très efficaces sur le contrôle des énergies vitales du pratiquant et sur les processus d’éveil d’une pleine conscience, qui jusque là, sommeillait en nous. (Kundalinî)

C’est le cas de Mâhamudrâ, dont le propos est de permettre, grâce à l’utilisation de certaines fixations intérieures (bandha), de développer la concentration et de stabiliser le souffle et l’énergie vitale dans le corps. Cette posture est également présentée comme un moyen salvateur qui par sa pratique régulière réduit progressivement les tensions mentales et développe des capacités psychiques.

Son étymologie vient de Mahâ qui signifie grand, noble et de Mudrâ qui peut se traduire par  sceau, geste, signe et aussi matrice.

Références aux textes :

Cette posture est mentionnée dans les textes fondamentaux du Hatha-Yoga, notamment la Ghéranda Samhita (III- 1) et la Hatha-Yoga-Pradîpikâ (III-10). Grâce à la traduction de Tara Michaël, voici des extraits de la présentation de cette posture  dans la Pradîpikâ :

« Pressant le talon du pied gauche contre le périnée et allongeant face à soi la jambe droite, on doit tenir fermement le pied droit avec les deux mains. Ayant fermé la gorge par le Jalandhara bandha, on doit maintenir l’énergie dans une course ascendante. Ainsi la conscience/énergie qui était lovée (Kundalinî) devient éveillée. Les grandes causes de souffrance, à commencer par  la peur de la mort, sont détruites par cette Mudrâ ».

Hatha-Yoga Pradîpikã – III– 10 à 14

Symbolique :

Attention, Mahâmudrâ est une pratique majeure s’adressant, dans sa finalité, à des personnes qui s’entraînent sérieusement. Elle figure parmi les dix Mudrâ, décrits dans la Hatha-Yoga Pradîpikã, consacrées à l’éveil de la conscience/énergie. Elle permet de sceller le souffle et la vigilance à l’intérieur du corps, tout en stimulant  la grande circulation des énergies du bas du corps vers le haut, du périnée jusqu’au sommet du crâne.

De prime abord, elle est une posture d’étirement de la colonne vertébrale qui demande une technique précise et rigoureuse. Sa pratique requiert le contrôle conjoint des trois principales fixations de l’attention dans le corpsla bandha, la fixation de la racine, Uddîyâna bandha, l’envol viscéral et Jâlandhara bandha, la fixation de la gorge. Ces bandha doivent être associés à une parfaite maîtrise du souffle. C’est grâce à cette synergie qu’il y a une très forte poussée intérieure de l’énergie vitale du bassin vers le cerveau, symbolisant le passage de la conscience depuis notre monde physique vers l’éveil au monde spirituel, en traversant l’alignement de tous les chakra, les centres de l’énergie vitale.

Nous retrouvons également une recherche d’équilibre des polarités symbolisées par le couple Lune/Soleil et qui représentent toutes nos dualités physiques et énergétiques, notamment les aspects féminins et masculins présents en chacun de nous. Tout ceci fait de  Mahâmudrâ une attitude particulièrement complexe et efficace. La conjonction précise de ces différents éléments crée les conditions d’une profonde concentration qui recentre toutes les énergies du pratiquant. Elle est particulièrement réputée pour favoriser le développement des facultés de vigilance et d’acuité de conscience.

La technique.

Mahâmudrâ est physiquement une posture singulière étant à la fois un alignement de la colonne vertébrale, une flexion en avant et une légère torsion du buste.

Elle doit être pratiquée très progressivement, avec la vérification d’un professeur.
Nous la présentons avec trois degrés différents de réalisation, invitant chacun à s’ajuster dans le degré qui lui conviendra le mieux, aussi bien au niveau du corps, du souffle et de la concentration.

1er degré : se stabiliser 

Se positionner assis, les deux jambes tendues, allongées devant soi, écartées de la largeur d’un pied. Replier la jambe gauche dans son axe et amener le talon au périnée,  laisser descendre le genou vers le sol. Si cette jambe pliée ne touche pas le sol, placer un coussin sous le genou. Replier très légèrement la jambe droite, en appui sur le talon, saisir le  dessous du genou avec les mains. À bras tendus, tirer les mains sous le genou vers soi  pour redresser la colonne, menton rentré et ouvrir la poitrine, épaules abaissées. Repousser le sol vers l’arrière avec les ischions. Gardant impérativement le dos plat, la colonne alignée, descendre progressivement les mains au niveau du tibia et rester immobile dans la posture. À chaque inspiration, repousser les ischions vers l’arrière, faire lentement monter le souffle dans la poitrine, épaules abaissées et grandir le buste. À chaque expiration, rentrer doucement l’abdomen en vérifiant de conserver le dos parfaitement aligné. Cette posture sera naturellement tenue des deux côtés avec un nombre égal de respirations.

Séquence intégrale à retrouver dans Yoga Journal N°4

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