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Mikarama : Le cancre

Alors qu’il assistait aux jeux Olympiques, Léon, Prince de Phlius, demanda à Pythagore comment il se définissait. « Je suis un philosophe », répondit-il.

« La vie, Prince Léon, peut être comparée à ces jeux publics, car dans la copieuse assistance assemblée ici se trouvent des gens qui sont attirés par le gain, d’autres par les espoirs de la renommée et de la gloire. Mais il y en a aussi qui sont venus pour observer et comprendre tout ce qui se passe ici.
Il en va de même avec la vie. Certains sont menés par l’amour et la richesse, d’autres guidés aveuglément par la soif insensée de puissance et de domination, mais l’homme le plus noble se consacre à la découverte du sens et du but de la vie. Il cherche à découvrir les secrets de la nature. C’est celui que j’appelle un philosophe car, bien qu’aucun homme ne soit sage à tous égards, il peut aimer la sagesse comme clef des secrets de la nature. »

C’est la rentrée…

Je détestais cette période quand j’étais enfant : en rang par deux, l’odeur des cahiers neufs, les notes, les interros… C’était un tel stress !
Je détestais l’école mais j’adorais apprendre et, à 90 %, j’aimais mes profs.

Je devais avoir 8 ans quand, un jour, notre instituteur amena toute la classe dehors pour le cours de sport. Il nous demanda de nous allonger dans l’herbe, de regarder le ciel un moment puis de fermer les yeux et de prendre conscience de notre respiration… Il nous fit une relaxation guidée de 5 minutes. C’est le souvenir le plus marquant que j’ai gardé de cet instit’. Ce n’était pas la détente dans l’herbe fraîche qui m’émerveillait, j’avais déjà la tête dans les nuages… Ce qui était nouveau, c’était de m’entendre dire : « Respire » et de partager ce moment avec d’autres. C’était la prise de conscience de mon état émotionnel, de mon calme ou de mon agitation intérieure. La découverte de nouvelles sensations…
Jean-Jacques Rousseau pensait que le rôle de l’éducateur ou des parents n’était pas d’instruire mais de guider, pour « qu’il apprenne à se débrouiller seul et à être autonome… La Nature se chargerait de l’instruire ! »
Un gourou (« maître » chez les Indiens) ne devrait pas former de disciples mais d’autres professeurs, comme lui… Pourvu que vous tombiez sur des enseignants intéressants, qui vous soutiennent avec bienveillance, comme le fait le personnage interprété par Robin Williams dans Le cercle des poètes disparus… De ceux qui permettent l’Expérience, qui éveillent en vous l’envie d’apprendre. Nous avons tous un potentiel et c’est notre entourage qui nous aide à nous élever et à nous réaliser… C’est pourquoi, tout en reposant sur un socle commun, les méthodes d’éducation devraient pouvoir tenir compte des particularités de chacun… Pour tendre à plus d’égalité…
Je ne connais pas d’artisan, d’universitaire, de musicien ou de yogi qui ne doive sa vocation à la rencontre avec un « maître ». Je pense aux maîtres d’école comme aux « maîtres » de yoga, ceux dont j’ai croisé la route et avec qui je marche encore, pour certains…
D’abord Baptiste, pour m’avoir mis le pied à l’étrier, m’avoir fait pratiquer et m’avoir fait confiance… Plus tard j’ai suivi un swami, Arun ; il était indien. Avec lui c’était une autre histoire. L’Asthanga que m’avait enseigné Baptiste était une pratique exigeante et martiale ; lorsque nous avions terminé, nous discutions et nous nous laissions aller à la flânerie, à la contemplation. Avec Arun, c’était beaucoup plus austère, dans un environnement plus mystique et religieux : réveil à 5 heures, pratique à 6 heures, que ce soit à Paris ou en Inde. Tous les jours pendant trois ans je lui faisais son café puis j’enchaînais avec des pompes et des étirements pendant deux heures avant de méditer…
Ces deux « écoles » furent différentes, pour arriver au même endroit.
Les Kundalini s’habillent en blanc, ont les cheveux longs et se laissent pousser la barbe ; quant aux moines zen japonais, ils se rasent la tête, s’habillent en noir pour finalement atteindre eux aussi le même but… La libération, le moksha en sanskrit.
Comme Montaigne l’a affirmé dans un adage bien connu, mieux vaut « une tête bien faite qu’une tête bien pleine », l’érudition ne vous garantissant pas la bonté.

Retrouvez Mika de Brito au Bio Hôtel Spa la Clairière en Alsace du 12 au 14 mai :

Formule en résidence

Formules à la journée 

Article complet à retrouver dans Yoga Journal N°9

© photo Les Guzman

Très belle journée,

Namaste

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