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Mikarama – Ma liberté

Par Mika de Brito,

 

« Ma liberté, longtemps je t’ai gardée, comme une perle rare, ma liberté, c’est toi qui m’as aidé à larguer les amarres. On allait n’importe où, on allait jusqu’au bout des chemins de fortune, on cueillait en rêvant une rose des vents sur un rayon de lune. » Georges Moustaki– Ma Liberté

 

Je fais du yoga. Où je veux, quand je veux, seul ou accompagné.

Avec tous mes copains dans ma tête, sages et fous, qui m’accompagnent.

En fait je m’étire quand je veux,

Je respire comme je veux.

Je me concentre si je veux.

Je médite où je veux.

Je me mets sur les mains, sur la tête ou « je reste sur le cul ».

Cette liberté-là, c’est une crise d’adolescence, non ?

 

Si la question est : puis-je m’étirer dans mon salon ? Tomber dans une contemplation innée ? À la campagne comme à la ville ? De jour comme de nuit ? Me concentrer sur ceci ou cela ? Eh bien OUI, vous le pouvez. Seulement, ces questions ont des perspectives restreintes et manquent à mon goût d’horizon. La liberté est en partie affaire de libre-arbitre qui ne s’exerce pas sans conscience.

 

Le yoga pour moi est une science qui dépasse les « 200 heures de formation » (ce qui n’enlève rien à l’aspect sympathique que revêtent ces immersions ou au côté rigolo de pouvoir tenir sur les mains), c’est une science qui comprend la respiration, l’étude des mouvements de l’esprit et du corps, une science qui vous demande de vous soumettre à des lois. Ainsi, vous pourrez vous défaire de vos chaînes qui font de vous des esclaves, de ce sentimentalisme que l’on confond avec l’empathie, des passions auxquelles nous nous identifions.

 

La liberté passe par un apprentissage ; l’éducation, en son sens le plus large, poursuit cet objectif. Imaginez que vous vouliez jouer du piano, vous seriez évidemment libre de frapper n’importe quelle touche, mais je ne suis pas sûr du résultat. Ça serait de la cacophonie. Celui qui tape au hasard sur les touches de l’instrument se donne l’illusion de la liberté. Seulement, les initiés, comme Bach ou Mozart, commencent à voir un langage se dessiner, un code, et s’affranchissent de la pesanteur des pensées, des émotions.

Comprendre les lois mathématiques de l’harmonie pourrait vous offrir maintes et maintes possibilités et, à long terme, vous affranchir comme eux des codes et de ses lois, quitte à ce que cela devienne hermétique, incompréhensible à l’oreille du commun des mortels (un peu comme ce que furent le cubisme et le dadaïsme à la peinture).

 

Autodidactes ou initiés, les maîtres se retrouvent ainsi assis sur l’axe qui sépare l’ombre et la lumière, tel le poète qui crée le monde, et dessinent à leur guise de nouveaux univers parce qu’ils en connaissent les fondements, les bases.

 

Je suis joueur de hang drum mais pour moi l’instrument le plus magique est le piano. Pourtant, tout le monde tombe en extase devant le hang. C’est vrai que la sonorité est envoûtante, les notes produites par le toucher de la main sur le métal ont quelque chose de surnaturel. Seulement, sur cet instrument, les accords sont figés. En d‘autres termes, vous n’avez pas besoin de connaître la musique pour en jouer (sauf si vous jouez avec plusieurs hang à la fois, là ça devient plus complexe), et n’importe qui en le touchant aura la sensation de pouvoir jouer véritablement puisque l’accord est déjà fait, vous n’avez même pas besoin d’être musicien pour en jouer mais vous vous donnez l’illusion de l’être. Si, en plus, vous vous donnez un air inspiré, cela passera pour de la transcendance divine, quasiment mystique pour certains, alors que connaître toutes les lois de l’harmonie nécessite d’avoir été un apprenti devenu initié à force de travail et de patience.

Évidemment, il n‘est pas si facile de bien jouer du hang. Ce que je veux dire c’est qu’il est plus facile de prétendre pour qui veut s’épargner la peine d’apprendre.

 

Le yoga est également une discipline et je n’y ai pas échappé. J’ai eu des professeurs et j’ai traversé des écoles différentes. J’ai toujours eu un sens critique et, avec prudence, j’ai cultivé le discernement. Mais lorsque j’ai choisi de suivre un professeur, je ne m’amusais pas à remettre en question tout ce qu’il me disait, enfin pas durant l’apprentissage en question (et ce, malgré toute la liberté qui m’anime) Je fais d’abord confiance à l’intuition qui m’a mené à lui ou elle, puis j’expérimente, je fais l’expérience (comme un scientifique qui en tire ensuite une conclusion). J’observe celui qui m’enseigne, je répète les gestes que j’apprends. Ensuite, après avoir répété, je sais si cela fonctionne ou pas. Avec cela, j’aiguise mon sens critique, je deviens réellement libre, mais avant, j‘ai prêté allégeance.

 

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