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Natasha St-Pier « Mon mantra est Aimer »

Pour la chanteuse canadienne Natasha St-Pier, le yoga est une passion qu’elle pratique et enseigne. Elle vit une spiritualité qui imprègne son quotidien et l’aide à surmonter les épreuves de l’existence. Croyante inspirée par sainte Thérèse de Lisieux, à laquelle elle consacre un nouvel album, elle se confie avec authenticité, joie et liberté d’esprit. Propos recueillis par Julien Levy

 

Comment avez-vous rencontré le yoga ?

J’ai débuté il y a une quinzaine d’années avec Aria Crescendo, professeure de warrior yoga à Paris. Pendant longtemps, j’ai cru que le yoga se limitait à effectuer des postures très physiques. Mon corps étant souple et fort, j’étais persuadée que j’étais une excellente yogini. (rires)

Lorsque mon fils est arrivé dans ma vie, en 2015, j’ai eu besoin d’approfondir d’autres aspects, jusqu’à suivre une formation d’enseignante de yoga de 500 heures. J’ai découvert toute la sagesse du yoga et tout ce qu’il peut nous apporter au-delà de la dimension physique. J’ai étudié les Yoga-Sutras de Patanjali avec Judith Hanson Lasater (enseignante très réputée aux Etats-Unis et contributrice pour Yoga Journal, ndlr). Avec elle, j’ai compris à quel point je ne comprenais rien ! (rires)  Mon aphorisme préféré est le verset 2 du chapitre 1 : “Yogashchittavrittinirodhah” (Natasha le cite en sanskrit, ndla), ce qui signifie : “Le yoga est la résolution des agitations de l’esprit”. Je l’aime beaucoup, car si on le comprend, on n’a plus besoin de faire du yoga. (rires) C’est l’essence, qui nous mène vers cette paix intérieure que tout le monde cherche. Patanjali nous fait une belle promesse, mais ce n’est pas une formule magique. Elle se réalisera si on développe les qualités qui sont déjà en nous comme la discipline, la constance, le courage.

 

De quelle manière cela vous a-t-il aidée dans l’épreuve de la maladie de votre fils ?

La foi, petite cousine du courage, m’a profondément aidée. Il nous faut beaucoup de confiance dans la vie pour avoir la foi. A quatre mois de grossesse, j’ai appris que Bixente avait une malformation cardiaque, avec plusieurs risques de maladies mentales. Il est né sans complication cérébrale, mais il a subi une lourde opération du cœur à quatre mois. La veille de cette intervention, j’ai eu besoin de lui faire mes adieux, au cas où il serait parti. Je lui ai murmuré : “Peut-être que ma destinée était d’être maman pendant quatre mois seulement. Peut-être avais-tu quelque chose à m’apprendre, je n’ai pas encore compris quoi. Mais je te promets que si tu dois partir, je ne t’en veux pas. Je comprendrais, sens-toi libre. Et si tu décides de rester avec nous, même si je ne t’ai pas voulu au début, je te promets que je serai une bonne maman et que je t’aime fort.” J’ai confié mon enfant à un excellent chirurgien, mais aussi à quelque chose de plus puissant : l’univers, Dieu. Je ne parle pas d’un dieu en particulier, car quelle que soit notre religion, cela nous ramène à une seule et même notion : la Source. J’ai simplement prié sainte Thérèse d’intercéder en ma faveur. Bixente a survécu à son opération et se porte bien aujourd’hui.

 

Que représente la spiritualité à vos yeux ?

Pierre Teilhard de Chardin décrit très bien ce que je ressens : “Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle, nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine.” Ma mère était infirmière et a beaucoup travaillé auprès des personnes âgées. Elle est souvent rentrée à la maison avec des histoires émouvantes et me disait, pleine de sagesse : “Quand on a accompli ce que l’on devait accomplir sur terre, appris ce que l’on devait apprendre, on peut mourrir en paix.” J’aime croire aux énergies et aux âmes. La réincarnation me semble tellement logique pour expliquer les inégalités sur terre. Je n’ai jamais aimé être dans des cases, croire en la réincarnation ne m’empêche pas d’être catholique et de croire en Jésus. On l’appelle le messie, en sanskrit on dirait “Satguru” (un saint, ndlr). Finalement, cela revient au même : il s’agit d’une âme venue sur terre pour nous guider. Les gens sont souvent surpris de savoir qu’il y a des statues de Jésus en Inde ! J’ai toujours cru au karma, avec cette vision : bonne action, bon karma ; mauvaise action, mauvais karma. Mais cela va plus loin : nous devons être purs jusqu’au fond de notre esprit et de nos intentions, pas uniquement dans nos actes.

 

Croyez-vous que nos pensées prennent forme ?

La pensée devient parole, la parole devient geste et le geste devient une habitude. J’ai par exemple refusé de chanter une chanson que l’on me proposait, dont le titre était J’ai divorcé. Je ne voulais pas qu’elle ait des répercussions dans ma vie. Mais cela va plus loin. Au départ, mon mari et moi n’avions pas prévu d’avoir d’enfant. Quand j’ai appris que j’étais enceinte, j’étais surprise et j’éprouvais un sentiment de joie mêlé à de la peur. A 34 ans, je menais une vie de femme sans enfant centrée autour de moi. J’avais très peur de ne pas savoir m’occuper de ce bébé. J’avais toujours dit à ma mère que je ne voulais pas d’enfant, par peur qu’il soit handicapé. Comme j’avais regretté d’être tombée enceinte, j’ai pensé qu’il l’avait ressenti et que je lui avais brisé le cœur, ce qui expliquait sa malformation. J’ai songé à l’avortement et la nuit suivante, en rêve, une petite voix me répétait : “Je ne veux pas mourir.” J’observe beaucoup les signes et j’ai mené la grossesse à terme.

 

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