fbpx

Pourquoi devient-on professeur de Yoga ?

Par Clotilde Swartley

Le yoga faisait partie intégrante de la tradition philosophique de l’Inde ancienne et s’engager dans cette voie n’était pas insolite.

Cette discipline spirituelle et corporelle qui vise à libérer l’esprit des contraintes du corps par la maîtrise de son mouvement, de son rythme et du souffle, était transmise principalement de maître à élève.

Il fallait s’appliquer une discipline hors norme et fournir des efforts constants pour maintenir un niveau d’étude et de pratique approfondi.

Via l’ascèse, le rôle du guru était d’aider son disciple à chasser les ténèbres afin d’aller au-delà de l’obscurité, dans l’objectif d’atteindre le YOG, l’union parfaite du corps et de l’esprit. Plus de 3 000 ans plus tard, s’engager dans une formation de professeur de yoga est souvent le fruit d’un long cheminement mais il peut être aussi celui d’une révélation.

Il y a 20 ans, je vivais en Californie, berceau de la culture « New Age ».

Dans cet incubateur, se former au yoga pour devenir professeur et partager son enseignement avec ses collègues ou sa famille était chose courante.

Hatha yoga, Vinyasa, Iyengar, Kundalini, Power Yoga… Un nombre d’écoles de formation émergeaient dans tous les Etats-Unis et c’est l’époque où je participais à mon premier teacher training Shivananda.

À l’instar de mes élèves, le yoga prenait tout son sens et sa place dans ma vie.

DE LA PRISE DE CONSCIENCE A LA PRATIQUE PUIS A L’ENSEIGNEMENT

Au fil des cours, notre corps et notre mental se transforment. Notre relation aux autres et à nous-mêmes change et évolue imperceptiblement.

Mieux dans son corps et dans sa tête, nous tendons vers un meilleur équilibre émotionnel. Nous gérons mieux notre stress et nous apercevons que le corps, ce véhicule trop souvent négligé, en est la source mais aussi le remède.

Le yoga s’installe dès lors durablement dans notre quotidien et nous cherchons à parfaire nos acquis en assistant à des ateliers, en participant à des retraites.

Très vite, l’évidence s’impose : le yoga fait partie intégrante de notre vie et nous souhaitons en savoir plus.

Qui y a-t-il derrière la « magie » ?

L’Occident s’est approprié le yoga qui lui convient. Plus dynamiques et plus modernes, les formes Vinyasa, Ashtanga, Hatha, Hyenga, etc. attirent les futurs professeurs qui veulent comprendre sa philosophie, l’anatomie, l’alignement, le pranayama, le nom des postures…

Après 3 à 5 ans de pratique très régulière, un nombre important de yoguistes décident de s’engager vers une professionnalisation qui va transformer leur vie.

La formation séduit en général deux types d’élèves :

 

  • Les premiers souhaitent approfondir leur connaissance et développer une pratique quotidienne.
    Extrêmement sensibles à leur propre transformation, ils développent une force intérieure qui les reconnecte à eux-mêmes et aux autres. L’idée de faire partie d’un grand tout et que la vie est issue d’une force, d’une énergie qui dépasse le monde de la matière devient tangible. Ils ressentent le « Atman», la conscience universelle. Et cette quête toute personnelle leur ouvre un monde nouveau.
    Ils se découvrent une forme de spiritualité… laïque.

 

  • Les seconds sont plus pragmatiques, ont la fibre pédagogue et veulent se former pour apprendre à enseigner le yoga. Ces derniers ont le même cheminement physique et spirituel que leurs alter ego mais ils veulent partager et transmettre leurs connaissances dans un soucis d’altérité, conscients que le yoga rend plus fort et plus humain.

 

Un bon professeur ne doit jamais perdre de vue qu’il n’enseigne que ce qu’il pratique.

Il doit chaque jour pratiquer pour parfaire ses acquis et continuer son propre cheminement.

Par ailleurs, il ne doit pas oublier de s’appliquer les règles sociales, morales et éthiques des Yogasutra pour vivre en harmonie avec lui-même et son environnement* (mettre en action les 8 membres de l’arbre de Patanjalie).

Parmi ces règles, celle appelée « Aparigraha » symbolise ce que doit être l’enseignement du yoga dans les règles de l’art : « Absence de convoitise ; ne pas contraindre sa pratique et laisser l’évolution se faire naturellement, sans forcer ; accepter là où on est. Le yoga n’est pas une compétition vers la performance ».

Une formation de professeur de yoga est un accélérateur d’évolution sur tous les plans : physique, mental, émotionnel et spirituel.

Et même si le diplôme clôture la fin de la formation et donne la légitimité d’enseigner, on ne devient professeur que cours après cours, année après année.

Je me suis souvent vu rapporter les propos suivants : « Mais comment peut-on être professeur après une formation de 200 heures et quelques années de pratique ? ».

Quand j’ai terminé ma première formation de professeur de yoga, je me répétais que je n’étais pas prête. Une personne de mon entourage m’a alors dit :

« On est jamais prêt, mais saches que ce que tu as appris peut déjà servir à d’autres. Et que oui, tes connaissances et ta pratique sont jeunes mais tu vas déjà pouvoir avec ce peu aider des personnes qui n’ont pas encore ces connaissances. »

Cette vérité m’a donnée l’élan dont j’avais besoin. Et j’ai pu constater, même à mon niveau d’alors, que j’étais en capacité d’offrir mon enseignement.

Tout est énergie dans ce monde et on attire naturellement à soi les personnes qui résonnent en nous.

Je continue d’apprendre, de développer mes connaissances et d’améliorer ma pratique en ne transmettant que ce que j’intègre en conscience.

J’essaie de rester humble et le cœur ouvert.

Pour plus d’informations, découvrez le programme de YogNmove sur : http://www.yognmove.com

Très belle journée,

Namaste

Laisser un Commentaire